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RIPOSTE SEFARADE

Personne n'aura assez de cran en France pour affronter l'épreuve de la mise hors d'état de nuire de la jeunesse musulmane radicalisée.

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L'élément le plus important pour comprendre l'arrière plan des attentats sanglants de Paris est absent de la couverture médiatique de ces événements. Il s'agit d'un sondage de 2014 qui montrait que l'État islamique [EI, ou DAESH quand on ne veut parler ni d'État ni d'Islam] avait un taux d'opinions favorables en France (16 %) presque aussi élevé que celui du président François Hollande (18 %). Dans le groupe d'âge 18-24 ans, le soutien à l'État islamique grimpait jusqu'à 27 %. Comme les musulmans représentent environ 1/10ème de la population française, cela signifie que l'EI recueille les suffrages d'une majorité écrasante de Français musulmans (en particulier des jeunes musulmans) et le soutien d'une bonne partie de la gauche non musulmane.

En commentant cette enquête effectuée par l'organisme de sondages ICM pour le compte d'une agence de presse russe, la correspondante de Newsweek en France, Anne-Élisabeth Moutet notait, "c'est l'idéologie des jeunes Français musulmans issus de l'immigration, où le chômage est autour de 40 %, qui sont abreuvés de propagande des télévisions par satellite et d'Internet."

Après les massacres de vendredi dernier, l'attitude de défi que reflétait le sondage de l'an passé s'est sûrement quelque peu atténuée. Néanmoins, il est clair qu'une très grande proportion des Français musulmans soutient l'expression la plus extrême de l'islam radical, offrant aux terroristes l'opportunité de se fondre dans un milieu favorable. Le problème est devenu trop grave pour être traité sans provoquer beaucoup de désordres et de douleurs. Dans le calcul hédoniste gaulois, un massacre ou deux par an est préférable à une brèche dans la fragile paix sociale. C'est pour cela que la France ne fera rien.

La situation de la France rend le contre-terrorisme problématique mais pas impossible. Il y a deux modèles efficaces pour se débarrasser de terroristes qui bénéficient du soutien passif de la population environnante. Celui de la France en Algérie et celui des Israéliens lors de la seconde Intifada de 2002. Le premier est détestable parce qu'il est fondé sur l'usage extensif de la torture et des représailles de masse contre les civils ; le second a réussi en s'appuyant sur un facteur humain merveilleux, sur le renseignement électronique et l'intégration sans failles de l'armée, de la police et des services de renseignement. Israël a réduit le nombre des attentats suicide commis par les Arabes de 47 en 2002, avec 238 morts, à 1 seulement en 2007, avec trois morts.

À la différence de la France en Algérie, Israël a complètement vaincu l'intifada sans utiliser les pressions physiques contre les prisonniers. Les techniques d'interrogation des Israéliens n'utilisent pas la pression physique. Elles privilégient l'humiliation qui est un instrument plus efficace que la douleur pour Arabes incriminés. Avant 1999, les forces de sécurité israéliennes utilisaient des formes peu sévères d'interrogatoire, appuyées par la privation de sommeil, le bandage des yeux, et ainsi de suite. Mais elles évitaient les techniques plus poussées. À l'inverse, l'armée française bombardait les villages qui avaient donné refuge aux rebelles du Front de libération nationale algérien, tuant sans discrimination des dizaines de milliers de personnes, et forçant 2 millions d'Algériens à quitter leur habitation. Elle utilisait aussi des formes de torture extrêmes pour obtenir des informations des combattants du FLN capturés. La répugnance de la population devant la conduite de la guerre a provoqué la chute de la IVe République et permis le retour du général De Gaulle à la présidence. Plus de 90 % des Français votèrent en faveur de l'indépendance de l'Algérie dans un référendum de 1962, et la France abandonna volontairement ce qu'elle avait gagné par des méthodes brutales sur le terrain.

Lancer une nouvelle guerre d'Algérie contre les musulmans radicaux de France n'est pas une option possible. La France ne pourrait pas trouver des monstres comme les généraux Raoul Salan et Maurice Challe, qui étaient les chefs militaires en Algérie au cours des années 50. Ils avaient servi auparavant le régime fantoche du maréchal Pétain lors de la seconde guerre mondiale. On ne laisserait personne placer d'électrodes sur des prisonniers. En même temps, la France considère que l'occupation israélienne de la Judée et de la Samarie est tellement odieuse qu'elle a soutenu une résolution du conseil de sécurité des Nations unies imposant de la création en deux ans au plus d'un État palestinien ainsi que l'évacuation de la Rive occidentale du Jourdain. Cela met la France dans le pétrin. Si elle ne peut pas utiliser son ancien modèle de contre-terrorisme et si elle considère que le modèle israéliens est odieux, que peut-elle faire ? La réponse est : rien. Et c'est exactement ce que la France va faire en réponse aux attentats de vendredi dernier.

Le succès total d'Israël dans le contre-terrorisme, attesté par l'élimination des attentats suicide après 2002, aura été la guerre secrète la plus propre de l'histoire. En septembre, j'ai passé une semaine avec un groupe de spécialistes israéliens du contre-terrorisme qui donnait un séminaire privé dans un pays d'Asie. Un ancien membre du cabinet israélien et deux généraux à la retraite participaient entre autres aux réunions confidentielles. Les leçons de la seconde intifada étaient simples, expliquaient les Israéliens à leur public asiatique. La première règle est de séparer le noyau actif des terroristes de leurs soutiens passifs dans la population environnante. La seconde consiste à contrôler les mouvements des terroristes eux-mêmes (ce que firent les Israéliens en érigeant une barrière de sécurité séparant les zones majoritairement palestiniennes de la Rive occidentale des centres de population israéliens). La troisième est de coordonner les sources de renseignement de toute nature, humaine, électronique, ou autre ; la quatrième est de renvoyer l'information réunie par les services centraux vers le niveau opérationnel aussi rapidement que possible de façon à exploiter immédiatement les informations qui se dégradent avec le temps.

La cinquième règle impose d'identifier toute la chaîne de l'activité terroriste et de la détruire: celle des artificiers qui préparent les ceintures d'explosifs, des recruteurs qui persuadent les candidats à l'attentat suicide de revêtir les ceintures, les éclaireurs qui localisent les cibles, les transporteurs qui conduisent les terroristes à leur cible, et ainsi de suite.

Cela semble simple mais il n'en est rien. Selon les instituts de sondage palestinien, les deux tiers environ des Palestiniens de la Rive occidentale approuvaient les attentats suicide contre les civils israéliens en Israël et les quatre cinquièmes soutenaient que le territoire actuels de l'État d'Israël est "une terre palestinienne sur laquelle les juifs n'ont aucun droit." L'opinion palestinienne demeure unanimement favorable à la destruction de l'État d'Israël et à l'utilisation du terrorisme contre les civils, bien que les services de sécurité israéliens aient virtuellement éliminé les attentats suicide.

Israël dispose d'un grand nombre de Juifs qui parlent l'arabe comme première langue, et plus de traducteurs et d'interprètes que l'armée n'en demande. Il bénéficie d'un facteur humain magnifique et de bons renseignements électroniques. Il a une culture militaire fondée sur l'initiative à tous les niveaux. Il dispose d'une armée de citoyens où tous les hommes appartiennent à la réserve jusqu'au milieu de leur vie, et où le taux de réponse aux ordres de mobilisation est supérieur à 100 % (de nombreux citoyens se présentent pour faire leur devoir sans avoir été appelés). Il dispose aussi d'une information mutualisée sur la concentration géographique des futurs terroristes. Sur les sources et les méthodes de renseignement, le groupe israélien n'avait rien dit à ses homologues asiatiques. Mais on peut raisonnablement supposer que l'emplacement de tous les téléphones cellulaires de Judée et de Samarie est intégré à une grille, que chaque appel, chaque écrit, chaque message déposé sur les média sociaux, chaque recherche Internet n'échappe pas au contrôle. Si on exclut les pensions des militaires, la France ne dépense que 1,4 % de son produit intérieur pour la défense. C'est seulement en mai dernier qu'elle a adopté une législation autorisant une surveillance électronique à grande échelle et il faudra probablement des années pour que cela fonctionne à plein régime. Israël a de nombreux acquis dont la France est privée.

Israël dépense aussi près de 6 % de son produit intérieur pour la défense, dont une grande partie est consacrée à la sécurité intérieure (tous les arrêts de bus, les centres commerciaux et des lieux publics de plus petite taille emploient des gardes de sécurité armée et disposent de détecteurs de métaux). Des contrôles de sécurité constant sont des faits de vie quotidienne auxquels les Israéliens se sont accoutumés.

Trouver une aiguille dans une meule de foin n'est possible que lorsque la meule de foin vous aide à trouver les aiguilles. Les autorités françaises devraient persuader sa communauté musulmane de devenir une source d'information pour lutter contre la jeunesse radicalisée. Les dirigeants de la communauté musulmane devraient craindre l'État français plus qu'elle ne craint ses propres radicaux, ce qui nécessite un grand nombre d'arrestations, d'assignations, et autres actions coercitives. De ce fait, la situation commence par empirer avant de s'améliorer par la suite. En 2005, les jeunes musulmans se soulevèrent dans la banlieue parisienne et dans divers endroits. Jacques Chirac, le président de l'époque, s'engagea à traiter les racines supposées de la violence, déclarant, "il est indispensable de répondre fortement et rapidement aux problèmes indéniables auxquels sont confrontés de nombreux résidents des quartiers difficiles autour de nos villes." Or le taux de chômage des jeunes musulmans français reste autour de 40 %. Leur réponse probable à une pression accrue de l'État serait une nouvelle vague de violence.

La France n'a tout simplement pas assez de cran pour l'affronter.

Titre original :Why France will do nothing about the Paris Massacre?

Auteur: David P Goldman

Publication: le 15 novembre 2015 dans Asia Times

Traduction: jean-Pierre Bensimon

http://fim13.blogspot.fr/2015/11/pourquoi-la-france-ne-fera-rien-apres.html?m=1

Published by DAVID - - FRANCE, attentats, TERRORISME, ISLAM

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