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RIPOSTE SEFARADE

http://zakhor-online.com/?attachment_id=9529http://zakhor-online.com/?attachment_id=9529L’Empire achéménide, 490 av. J.-C.

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Carnet 22 par Olivier Ypsilantis
Carnet 22 par Olivier Ypsilantis



Certes, évitons les amalgames ! Et je m’empresse d’ajouter que je me moque radicalement de ce nouveau mot d’ordre : « Pas d’amalgame ! », l’un des aboiements de la meute encadrée par ses maîtres. Si nous oublions le joyeux foutoir médiatique pour nous reporter dans l’histoire, nous ne pouvons que prendre la mesure de ce qu’est véritablement l’amalgame, avec ce lexique élaboré par le pouvoir stalinien. Le trafic de la IIIe Internationale — Komintern et plus encore Kominform — sur le langage doit être étudié de très près car nous en subissons encore les conséquences, l’air de rien. Le mot « fasciste » y figure en bonne place. Pourquoi pas « nazi » ? Pour cause de pacte germano-soviétique ? Il y a pourtant des différences doctrinales considérables entre le nazisme et le fascisme. Le stalinisme se sentait-il plus proche du nazisme que du fascisme, d’où l’emploi frénétique de l’injure « fasciste » ? Les Pas-d’Amalgames ont pratiqué et pratiquent encore l’amalgame à leur guise sitôt qu’ils espèrent en retirer un avantage politique et, ainsi, préserver leur confort et leurs rentes morales. Ils ont fait et font encore usage du mot « fasciste » d’une manière éhontée. Ils sont les dignes héritiers de Staline, le maître de l’Amalgame.
Je n’aime pas le néologisme « nazislamisme ». Pourquoi ? Parce qu’il empêche d’envisager la spécificité du nazisme et celle de l’islamisme. On peut avoir une même détestation de ces deux idéologies, mais notre détestation doit rester lucide face à leurs spécificités afin que nous puissions mieux ajuster nos coups ; autrement dit, il faut éviter la superposition d’images dans la lunette de son arme, c’est préjudiciable au tir. Par ailleurs, le néologisme « nazislamisme » a tendance à occulter ce fait essentiel : l’aire de la Shoah n’a pas été musulmane ; elle a nidifié et s’est développée dans l’Europe christianisée. Il est néanmoins vrai que les sympathies nazies ont été réelles dans le monde arabe :
http://www.akadem.org/pour-commencer/histoire-de-la-shoah/les-sympathies-nazies-du-monde-arabe-23-04-2014-58875_4522.php


L’influence nazie n’a pas été des moindres dans le monde arabe, notamment au cours de la structuration des nationalismes arabes. Cette influence a perduré après la défaite du IIIe Reich, avec le recyclage de responsables nazis — excellents techniciens —, tant dans les services de sécurité que de renseignement. L’U.R.S.S. qui avait favorisé la création de l’État d’Israël et accompagné ce jeune pays avec sollicitude (pensant ainsi faire la nique aux Anglo-Saxons dans cette région du monde) se reprit en constatant que le sionisme (envisagé comme un simple pion dans la Guerre froide) risquait de lui échapper. L’accusation de « sionisme » devint donc passible du peloton d’exécution, du goulag ou d’épuisantes tracasseries. Elle remplaçait en quelque sorte celle de « trotskisme » pour ne citer qu’elle. Sentant que le pion « Israël » risquait de lui être pris, l’U.R.S.S. activa donc une propagande dans le monde arabe et dans le monde entier sur le thème des « Palestiniens », un peuple inventé dans les années 1970. Cette propagande reste extraordinairement agissante mais ils sont de plus en plus nombreux à en méconnaître la généalogie. Il est vrai que le ragoût antisioniste est si nourrissant qu’ils ne sont pas nombreux à ne pas se donner la peine d’en analyser les ingrédients…


La campagne BDS ? Pour ma part, cette étiquette m’incite à acheter israélien, une discrète manière de réagir à la crétinisation ambiante, de contrecarrer les mots d’ordre de la horde.
« Quel autre État (que État d’Israël) est-il visé par une campagne BDS (Boycott Désinvestissement Sanctions) ? » Réponse : AUCUN. Mais les crétins n’en finissent pas de se crétiniser car, tout en refusant d’acheter les délicieux produits agricoles étiquetés Israël, ils font grand usage de la haute technologie sans savoir que nombre de ses composants viennent d’Israël ou ont été conçus en Israël. Le consommateur est un… con ; et le monde est si bête que c’en devient enivrant. Combien sont-ils à profiter du Juif tout en lui crachant à la figure ? C’est qu’il a bon dos le Juif. J’observe ces citoyens repus qui ne savent pas tout ce qu’ils doivent aux Juifs et à Israël et qui se mêlent de légiférer dans des affaires particulièrement complexes dont ils ignorent tout, avec pour seul guide une « morale » infatuée d’elle-même et qui recycle, parfois à leur insu l’ordure antijudaïque et antisémite — ils sont si ignorants ! Ils se foutent de tout ce qui ne touche pas à leur confort mais prononcez « Israël » ou même « Juif » et les voilà qui s’échauffent, se mettent à pérorer. Ils éprouvent envers les Palestiniens une sollicitude de nurse, de garde-malade. Ça pourrait être touchant ; ça me dégoûte.
Je me dois de rapporter ce que j’éprouve, fort de mon expérience, une expérience certes très limitée mais unique, modestement unique. Je suis sioniste et iranophile ; et j’ai de plus en plus le sentiment de faire le grand écart au-dessus d’un gouffre ; mais c’est ainsi et j’assume cette position probablement ridicule, avec un fond de culotte proche du déchirement. Je vais me répéter, mais il n’est pas nécessairement mauvais de se répéter. Mes nombreuses conversations avec des Iraniens (entre vingt et soixante-cinq ans), des Iraniens de l’exil mais aussi d’Iran — et c’est le plus important —, ont confirmé l’une de mes intuitions : le djihadisme est bien leur cauchemar. Par ailleurs, la situation intérieure de l’Iran n’est que rarement prise en compte par les mass médias alors qu’elle devrait être étudiée de près, de très près. Le sentiment d’encerclement explique en grande partie la stratégie du régime de Téhéran, bien plus que cette histoire de Madhi et d’illuminés tendant les bras vers l’Apocalypse, une histoire agitée à souhait.
Je ne cesse d’écrire que je suis partisan d’un Grand Kurdistan, d’une nation construite à partir de l’éclatement de l’Irak et de la Syrie, en attendant celui de la Turquie, plus problématique mais souhaitable. Il est vrai que je me garde d’évoquer l’Iran, le Kurdistan iranien. Pourquoi ? Mes espoirs et mes rêveries géopolitiques cherchent à ménager l’Iran, c’est vrai. Il me semble que le monde ne gagnera rien à un fractionnement de l’Iran, pays ethniquement composite dont le ciment est le chiisme mais aussi un nationalisme fédéré par le puissant noyau perse. Sous le shah, l’unité du pays fut essentiellement célébrée par la glorification de l’Antique perse, de l’Achéménide. Aujourd’hui (mais ce n’est pas nouveau), le chiisme se présente comme le principal vecteur de la spécificité iranienne. Certes, le chiisme ne se limite pas aux frontières de ce grand pays mais l’Iran peut être considéré comme « le Vatican du chiisme ». (Début d’un article, à développer).



On ne peut s’enivrer de l’individuel pour appréhender le collectif, c’est vrai ; mais c’est aussi dans l’individuel que se lisent ces parcelles de lumière que désigne Isaac Luria. Ai-je raison ? Ai-je tort ? Je tente de survivre, de ne pas étouffer sous le poids de l’horreur mass médiatisée, de ces tonnes d’ordure déversées devant nos portes, jour après jour.
Les lignes de fractures qui parcourent le « monolithe » islam sont terribles ; et elles vont puissamment agir sur l’avenir du monde. Par ailleurs, les termites prolifèrent dans la toiture et elles grignotent, grignotent…
A un intervenant : « Vous avez raison de signaler qu’une mollahcratie équipée de l’arme atomique « n’est pas une heureuse idée » — bel euphémisme ; mais s’embarquer avec le pire du monde arabe (j’ai nommé l’Arabie Saoudite) dans l’espoir de régler la question iranienne est une idée guère plus heureuse — encore un bel euphémisme. Car c’est tout de même ce qui se profile, une alliance de circonstance (alliance of convenience) entre Israël et le pire du monde arabe. Lorsque j’ai écrit cette suite d’articles intitulés « Iran et Israël, deux pays aristocratiques », je savais fort bien ce que j’écrivais.
Mon appréciation de l’Iran va à l’encontre de presque tous. Et je ne crains pas de m’exposer, suspendu au-dessus du gouffre médiatique, petit funambule en proie au vertige mais bien décidé à poursuivre — et d’abord parce que rebrousser chemin m’exposerait à des dangers encore plus grands.
Je ne prétends pas que mes espoirs, mes intuitions et mes expériences puissent dessiner une stratégie géopolitique ; je ne puis pour autant en faire fi. Lorsqu’un Pasdaran me signale après une longue conversation (en anglais) que les pires ennemis de l’Iran sont le djihadisme, le wahhabisme, le salafisme et non Israël, comment réagir ? Traiter l’Iranien de perfide, de calculateur ? Mais alors, pourquoi m’empresserais-je de plaquer cette image sur l’Iranien alors que je refuse de le faire sur « le Juif » ? Et rassurez-vous, ce n’est pas parce que j’accorde quelque crédit à ses déclarations que je suis confit en dévotion devant le régime des mollahs.
D’une manière générale (et je ne suis en rien un spécialiste de l’Iran), je suis terrifié par le désintérêt des médias pour la situation intérieure de l’Iran, un pays qui souffre d’un sentiment d’encerclement, d’isolement, et pour diverses raisons qui plongent leurs racines loin dans l’histoire. Personne ne semble comprendre que malgré la terrible Révolution islamique de 1979, certaines préoccupations de ce grand monsieur qu’a été Mohammad Mossadegh n’ont rien perdu de leur actualité. Mohammad Mossadegh est l’un de ces hommes tragiques sur lesquels j’aimerais écrire un essai, homme tragique comme le furent Miguel Primo de Rivera et Stolypine pour ne citer qu’eux.


Olivier Ypsilantis

http://zakhor-online.com/?p=9527

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RIPOSTE SEFARADE

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