Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

RIPOSTE SEFARADE

Me Kaminski, l’avocat de Meyer Habib a parlé du quotidien de son client, désormais sous protection policière permanente, en raison des menaces de mort dont il est régulièrement la cible. Parce qu’il est juif. Photo Jean-Luc GILLME

Me Kaminski, l’avocat de Meyer Habib a parlé du quotidien de son client, désormais sous protection policière permanente, en raison des menaces de mort dont il est régulièrement la cible. Parce qu’il est juif. Photo Jean-Luc GILLME

La sous-division antiterroriste avait débusqué, le 10 février à Valentigney, un jeune majeur qui menaçait de mort le consul général d’Israël à Marseille et le député des Français de l’étranger, Meyer Habib. Explications à la barre.

La voix est presque inaudible. Le président Troilo doit exhorter le prévenu, Amine B., 19 ans à monter le son. Le regard perdu, la main gauche caressant inlassablement sa joue, le frêle Boroillot au visage juvénile n’est guère prolixe. Derrière l’écran de son ordinateur, il était davantage véhément. D’abord à l’endroit de Barnéa Hassid, le consul général d’Israël à Marseille qu’il menace de mort, fin octobre, et de décapitation « genre James Foley », écrit-il, référence à l’exécution de l’otage américain. Deuxième cible, Meyer Habib, le député des Français de l’étranger à qui il disait vouloir réserver un similaire funeste sort dans des termes sans équivoque. « Quitte à mourir avec toi pour t’enlever la vie », écrit-il, ajoutant qu’il va « y avoir du sang. Je risque de venger mes frères palestiniens ». Il y a encore cette apologie du terrorisme, après le massacre de Charlie Hebdo, via des vidéos partagées de Daesh.

Alain Troilo veut comprendre les mécanismes de la pensée du jeune majeur : « Pourquoi avoir menacé ces deux personnes ? » La réponse tombe : « Parce qu’ils représentent Israël ». L’atavique haine de l’autre, l’éternel sionisme. « C’est quoi le sionisme pour vous ? », reprend le président. « Je ne sais pas ». « Vous ne savez pas grand-chose », riposte le magistrat. Et pourquoi avoir choisi comme nom d’emprunt celui d’Abou Omar al-Baghdadi. Le jeune homme évoque un patronyme choisi au hasard. « Ça vous viendrait à l’idée de choisir Adolf Hiltler comme pseudonyme ? Parce que c’est à peu près du même registre… », tonne le président.

« Eux (NDLR : les terroristes), c’est pas des tapettes des cités. Ils ne se battent pas pour la drogue, l’argent ou les femmes. Ils se battent pour Allah ».

Les écoutes téléphoniques mises en place par l’antiterrorisme mettent en lumière une fascination pour les frères Kouachi « morts en martyrs », dit-il à une amie et ces autres semeurs de morts. « Eux, c’est pas des tapettes des cités. Ils ne se battent pas pour la drogue, l’argent ou les femmes. Ils se battent pour Allah ». Devant le tribunal, le prévenu fait marche arrière, dit que tout cela c’est du passé, que « l’islam ce n’est pas ça ». Et d’ajouter : « J’ai assez de conscience pour savoir ce qu’est le bien et le mal ».

Vraie contrition ou posture d’audience comme semble le pressentir Me Kamisnki, l’avocat du député Habib. Il parle de cet « islamo fascisme » qui gangrène la France. De cette « volonté d’éradiquer l’autre parce qu’il est différent de soi ». Prenant l’exemple de Yassin Salhi, Me Kamisnki note que les ferments de la radicalisation ne prospèrent pas nécessairement derrière les barreaux d’une geôle. La procureur Brunisso n’entend d’ailleurs pas requérir pareille issue bien que, pour la seule apologie du terrorisme, l’intéressé encoure 5 ans : « L’envoyer en prison serait totalement contre-productif. En revanche, que l’institution judiciaire puisse le contrôler durant les trois prochaines années à un sens ». D’autant que l’expert psychiatre a fait part de certaines inquiétudes liées à son « ambivalence intérieure », à cette «pré-psychose», au côté influençable de l’intéressé et u risque qui pourraient en découler s’il venait à tomber entre les griffes de manipulateurs.

Me Chenin, l’avocate de la défense, cherche à expliquer cette dérive. Elle parle d’un jeune « extraordinaire », dans le sens où il souffre d’une pathologie rare qui tend à le rendre sourd et à l’isoler un peu plus des autres. D’où ce refuge vers le monde virtuel d’internet. Elle parle de cet épisode d’août 2014 où Amine B. aurait failli mourir. « Il s’est alors réfugié dans la foi. Il a fait sa crise d’adolescence à retardement ». Elle parle de transgression, de cette volonté à braver l’interdit. Elle en convient, son client « a été attiré par les barbus ». Elle assure le tribunal que des garde-fous existent au niveau de la cellule familiale. « Il faut lui donner une chance et ne pas le livrer comme une proie aux radicaux qui fréquent nos maisons d’arrêt. Il fait partie de notre humanité ».

Le tribunal a suivi les réquisitions : un an de prison avec un sursis mise à l’épreuve durant trois ans avec obligation de travailler, de se soigner et interdiction de quitter le pays. En quittant le tribunal, celui qui ‘était montré timide devant les juges l’était moins avec la presse, demandant à lire l’article le concernant avant parution et stipulant fermement qu’il ne voulait en aucun cas voir son nom figurer dans le journal. Encore un autre visage…

Sam BONJEAN

http://www.estrepublicain.fr/edition-belfort-hericourt-montbeliard/2015/07/02/montbeliard-je-les-ai-menaces-parce-qu-ils-representent-israel

Published by DAVID - - menaces, ANTISEMITISME, FRANCE

commentaires

RIPOSTE SEFARADE

Ce blog n’a aucun but lucratif, sa prétention est seulement d’informer. Si vous trouvez un document qui vous appartient et que vous souhaitez son retrait , dites-le et il sera immédiatement retiré. La tragédie que le peuple juif a connu en Europe, est la seule et unique raison de la diffusion de ces textes dont la source est toujours indiquée.

Hébergé par Overblog