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RIPOSTE SEFARADE

Armes légères : Lance-roquettes avec date de péremption
Armes légères : Lance-roquettes avec date de péremption
Armes légères : Lance-roquettes avec date de péremption

Les nouvelles technologies permettent de contrôler et de tracer efficacement les armes légères, notamment pour les désactiver au besoin.

Publié le 30 novembre 2013

The Economist (Londres)

Dans les années 1980, pour aider à chasser d’Afghanistan les forces soviétiques, la CIA a fait cadeau aux combattants afghans de lance-missiles sol-air portables Stinger.

Mais après le retrait de l’URSS, en 1989, la CIA a voulu empêcher l’utilisation des missiles encore opérationnels. Elle a mis la main sur une partie de ceux qui étaient proposés au marché noir et les a piégés pour qu’ils explosent si l’on tentait de les mettre à feu.

Adopter ce genre d’approche non conventionnelle pour contrôler les armes est à la fois dangereux et coûteux, et ne peut jamais être entièrement efficace. Si l’on en croit Jayantha Dhanapala, qui fut conseiller de deux anciens présidents sri-lankais, un certain nombre de missiles Stinger sont “passés” du théâtre afghan aux Tigres tamouls séparatistes du Sri Lanka, qui les ont utilisés pour abattre des appareils gouvernementaux.

Par rapport aux avions de chasse, aux chars ou aux navires de guerre, les armes légères et de petit calibre sont bon marché et faciles à dissimuler. Le ministère russe des Affaires étrangères estime que le coût au marché noir de certains lance-missiles portables est inférieur à 3 000 dollars [2 200 euros].

Les armes de poing sont disponibles dans les armureries américaines pour quelques centaines de dollars. En Afrique, signale Marco Kalbusch, responsable du bureau des Nations unies chargé du désarmement à Lomé, au Togo, lance-roquettes (ou Rocket Propelled Grenade, RPG) et autres armes de petit calibre font de manière routinière l’objet d’une contrebande sur de longues distances, cachées dans des sacs de café.

Pourtant de simples modifications technologiques pourraient contribuer à limiter la propagation et l’utilisation des armes légères. Les défenseurs de telles technologies affirment qu’elles pourraient réussir là où les tentatives politiques de contrôle des armes ont jusqu’ici échoué.

L’approche la plus simple pourrait consister à mettre en œuvre des dispositifs technologiques limitant la durée de vie des armes. Les mines antipersonnel “autodésactivantes”, par exemple, ne peuvent plus exploser après l’épuisement de leur batterie. Elles ont été adoptées par les Etats-Unis et certains de leurs alliés, mais ne représentent qu’une infime fraction du nombre de mines déployées dans le monde.

Patrick McCarthy, responsable d’un projet des Nations unies intitulé Normes internationales pour le contrôle des armes légères, estime qu’en les dotant de propulseurs chimiques qui deviendraient inertes après un certain temps, on pourrait également produire des lance-missiles, des RPG, des mortiers et des missiles antichars qui cesseraient à terme de fonctionner.

Certes, il est difficile de croire que des gouvernements achèteraient ce type d’armes périssables pour leurs propres forces, mais les groupes rebelles pourraient, s’ils ne trouvent rien de mieux, accepter d’en acquérir auprès de pays sympathisants.

Une deuxième approche du contrôle des armes consiste à les tracer électroniquement. Presque toutes les armes légères illégales ont été fabriquées ou importées en toute légalité avant d’être détournées vers d’autres fins, souvent avec l’aide d’officiels corrompus et grâce à de faux documents. Une surveillance et un traçage discrets des containers transportant les armes compliquent la tâche des voleurs et des trafiquants.

Un fusil avec carte SIM

Il est même possible de tracer individuellement des armes en leur intégrant un émetteur qui transmet régulièrement leurs coordonnées précises.

On pourrait ainsi incorporer un émetteur GPS dans la poignée des RPG, remarque Jean-Marc Anzian Kouadja, secrétaire exécutif de la Commission nationale sur les armes légères et de petit calibre du ministère ivoirien de l’Intérieur. Au cas où quelqu’un essaierait d’arracher le GPS, le mécanisme de la gâchette deviendrait définitivement inutilisable.

Certaines armées ont commencé à utiliser des puces à identification par radio- fréquence (RFID) du type de celles utilisées sur les cartes de crédit sans contact et les tickets de transports publics, et qui n’ont pas besoin de batterie pour fonctionner.

Lorsqu’on les approche d’un lecteur (au moment de franchir une porte, par exemple), la puce absorbe suffisamment d’énergie radio pour s’activer et procéder à une brève émission de données d’identification. On peut ainsi tracer les armes entrant ou sortant d’une armurerie.

Une autre solution serait de tracer les armes en les équipant des cartes SIM peu coûteuses qui permettent aux réseaux de téléphonie mobile d’identifier leurs abonnés.

M. Kalbusch explique qu’ainsi une arme pourrait entrer en communication avec les tours-relais téléphoniques proches et révéler sa position géographique approximative. Et un tel système pourrait, théoriquement, ouvrir la voie à un dispositif de “télécommande” permettant de désactiver les armes à distance.

TriggerSmart, une entreprise de Limerick, en Irlande, a développé un mécanisme motorisé capable de bloquer ou de débloquer le mécanisme de détente d’un fusil d’assaut. Il est contrôlé par un ordre radio émis depuis un avion, un satellite, une tour-relais téléphonique ou un émetteur radio.

Les responsables américains ont manifesté leur intérêt. Un soldat occidental sur six tués l’année dernière en Afghanistan l’a été par un membre partenaire des forces de sécurité afghanes.

La technologie TriggerSmart donnerait à n’importe quel membre d’une unité la capacité d’interdire l’utilisation d’armes à feu par des forces partenaires. Mais il semble difficile d’établir une relation de confiance quand on sait être équipé d’une arme susceptible d’être désactivée à distance.

M. Kalbusch estime donc que les armées nationales ne devraient pas se bousculer pour adopter un tel dispositif. Les gouvernements s’inquiéteraient de la possibilité de voir neutraliser leur arsenal par un adversaire ou même par le pays ayant fourni les armes.

Loin du champ de bataille, d’autres technologies de contrôle des armes légères sont développées pour empêcher l’usage involontaire ou non autorisé d’armes appartenant à des civils ou à des policiers.

D’après les dernières statistiques des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies [CDC, principale agence gouvernementale américaine en matière de protection de la santé publique], 1 217 mineurs américains ont été tués par des tirs accidentels durant la décennie 2000-2010. Et il n’est pas rare qu’un officier de police soit tué par sa propre arme de service qu’un agresseur lui a arrachée.

Un pistolet à 1 699 dollars

Aussi est-on en train de mettre au point de nouvelles armes “personnalisées” qui ne font feu que lorsqu’elles sont tenues en main par leur propriétaire ou par une autre personne autorisée, dans le but d’éviter que le propriétaire d’une arme (ou un membre de sa famille) soit tué avec sa propre arme.

Du fait que la vérification s’effectue à l’intérieur de l’arme, soulignent les partisans de cette technologie, celle-ci sera probablement mieux acceptée que les dispositifs de désactivation à distance montés sur des armes de guerre.

Ce type d’“armes intelligentes” a été évoqué par des diplomates, des fabricants d’armes et d’autres experts lors du SmartCon, une conférence sur le contrôle des armes organisée à Berlin en juin.

Un des exemples est le iP1, un pistolet de calibre 22 fabriqué par l’entreprise allemande Armatix. L’arme ne fonctionne que si le tireur porte un bracelet-montre spécial contenant une puce RFID qui est détectée par l’arme. Si celle-ci se trouve à plus de 40 centimètres de la puce RFID, sa gâchette se bloque.

Maximilian Hefner, le patron de l’entreprise, explique qu’essayer de désactiver le verrouillage de la gâchette détruit “irrémédiablement” l’iP1. Son prix catalogue est de 1 699 dollars [1 246 euros].

Mais une montre peut tout de même être volée, aussi d’autres armes intelligentes préfèrent s’en remettre à certaines caractéristiques biométriques du propriétaire.

Le New Jersey Institute of Technology a mis au point un pistolet Beretta personnalisé. En actionnant sa gâchette magnétique, on active un capteur installé dans le pontet de détente, qui lui-même active une puce qui va analyser les données transmises par des capteurs piézoélectriques [qui génèrent un courant électrique quand on les soumet à une pression] répartis dans la poignée de l’arme. La gâchette ne se déverrouillera que si ces données correspondent à la géométrie osseuse et à la “dynamique de pression” du propriétaire. Tout le processus se déroule durant le dixième de seconde qu’il faut pour actionner la gâchette.

Loi américaine

Faisant écho à un sentiment partagé par de nombreux amateurs d’armes, David Codrea, journaliste au magazine Guns [publié depuis 1955, il s’agit de l’une des plus anciennes revues américaines sur les armes à feu], souligne que “tous ces stupides bidouillages électroniques” qui pourraient rendre une arme inutilisable seraient dédaignés par les criminels et ne feraient qu’augmenter le coût des armes pour tous les autres utilisateurs.

De telles préoccupations constituent un obstacle de taille à l’adoption des armes à feu intelligentes. De fait, note Wolfgang Bindseil, un responsable du contrôle des armes au ministère allemand des Affaires étrangères, une “énorme pression” et une série de boycotts organisés par les organisations favorables au port d’armes ont réussi à convaincre de nombreuses entreprises de renoncer au développement d’armes intelligentes.

M. Mossberg, de iGun, estime que ces attitudes évolueront à mesure que les lecteurs d’empreintes digitales sur les smartphones et les clés de contact des voitures se répandront et démontreront leur fiabilité.

On devrait savoir très vite si cet espoir relève ou non d’un excès d’optimisme. Malgré les protestations émises par des groupes militant pour le droit de chacun à posséder une arme, le New Jersey a adopté en 2002 une loi exigeant que toute arme (hors articles de collection) vendue dans l’Etat soit dotée d’une technologie intelligente.

Cette disposition devra entrer en vigueur trois ans environ après que le procureur général de l’Etat aura déterminé que cette technologie est fiable et commercialisable.

Le compte à rebours pourrait commencer sous peu : les pistolets intelligents fabriqués par Armatix sont arrivés dans les magasins d’armes américains en novembre.

Si les technologies de contrôle des armes sur le champ de bataille se heurtent à une violente hostilité, elles devraient avoir bientôt l’occasion de démontrer leur utilité sur le marché américain.

https://www.youtube.com/watch?v=qM-oB1DCRB0

Posté par James

http://extremecentre.org/2015/06/05/armes-legeres-lance-roquettes-avec-date-de-peremption/

Published by DAVID - - INTERNATIONAL

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