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RIPOSTE SEFARADE

L'attaque calamiteuse dont sont victimes les Palestiniens de Yarmouk aux mains de l'Etat islamique, et que le monde regarde impuissant, constitue leur dernière agonie dans une histoire de 67 ans.

Victimes de la domination tyrannique syrienne depuis des décennies, au cours des quatre dernières années, ils ont été pris au piège dans la guerre civile: d'abord bombardés par les forces du président Bachar al-Assad et maintenant chassés par l'Etat islamique (EI).

Un responsable de l'aide humanitaire sur place parle d'un "sentiment de désespoir, de dépossession et d'anxiété aiguë" parmi les Palestiniens.


Tout a commencé en mai 1948 avec la création de l'Etat d'Israël. Les Arabes à l'intérieur du nouvel Etat et dans les pays voisins ont déclaré la guerre pour en assurer la destruction. Les Juifs ont gagné. C'est ce que les Palestiniens appellent la Nakba, la catastrophe.
Environ 750.000 Arabes ont fui par peur ou ont été expulsés de force. Tel est le début du problème des réfugiés palestiniens.
On compte environ 51 millions de réfugiés à travers le monde. L'agence de secours des Nations Unies, le HCR, a été mis en place après la Seconde Guerre mondiale pour faire face à plusieurs millions de déplacés européens. Il n'aurait pas pu remplir sa mission dans les trois ans mais est toujours aux prises avec les besoins du monde.
Les réfugiés palestiniens sont entre cinq à sept millions répartis dans le monde entier. Ils sont définis par l'UNRWA, l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient, comme "les personnes dont le lieu de résidence originaire était la Palestine au cours de la période allant du 1er juin 1946 au 15 mai 1948, et qui ont perdu à la fois leur maison et leurs moyens de subsistance à la suite du conflit de 1948" (plus tard étendu à la guerre de 1967). De manière significative, la définition comprend les descendants de réfugiés palestiniens, y compris les enfants adoptés.
Parmi les réfugiés initiaux, on estime que seulement 30.000 à 50.000 étaient encore en vie en 2012. Mais la définition spéciale signifie que le total est passé à des millions aujourd'hui; le nombre augmente de jour en jour. Aucune limite n'est fixée quant au nombre de générations qui doivent être traitées comme des réfugiés.
Environ un demi-million vivaient en Syrie, 180 000 d'entre eux à Yarmouk près de Damas, jusqu'à ce que débute la guerre civile.
Les plus chanceux sont les 156 000 qui sont restés en Israël: ils sont aujourd'hui au nombre de 1,73 million et sont citoyens israéliens à part entière.

Les Palestiniens sont les seuls à avoir une agence comme l'UNRWA qui leur est spécialement dédiée. Créée en décembre 1949, c'est la plus grande agence de l'ONU. Elle est présente en Cisjordanie, dans la bande de Gaza, le Liban, la Syrie et la Jordanie avec un budget de 1 milliard de dollars par an, près de 39.000 employés, dont 99 % sont des Palestiniens. Elle dispose d'un réseau éducatif de plus de 660 écoles et dispense des soins de santé par le biais de 122 cliniques. Environ cinq millions de Palestiniens sont admissibles aux services de l'UNRWA.

Environ 1,3 million de Palestiniens vivent dans 59 camps de réfugiés - dont Yarmouk, encore qualifiée ainsi bien que les tentes aient laissé la place à des bâtiments en dur. Dans les camps souvent surpeuplés, les égouts sont à ciel ouvert et les routes non pavées.
L'UNRWA fait de son mieux pour aider les réfugiés qui se sont échappés de Yarmouk, "un enfer, un lieu démuni d'humanité, un défi à l'humanité. Nous ne devons pas échouer collectivement face à ce défi", selon Chris Gunness, porte-parole.
Le différend concernant les réfugiés palestiniens commence à son origine. Beaucoup d'entre eux estiment qu'ils ont été chassés dans le cadre d'un plan sioniste préconçu et délibéré. Côté israélien, on considère que rien n'a été planifié et que les Palestiniens sont partis de leur plein gré. Comme l'a dit l'ambassadeur Abba Eban à l'ONU en 1958 en des termes qui caractérisent l'attitude israélienne d'aujourd'hui: "Qu'on ne se méprenne pas, s'il n'y avait pas eu la guerre contre Israël, avec l'effusion de sang conséquente, la misère, la panique et la fuite, il n'y aurait aucun problème des réfugiés arabes aujourd'hui".

Les Palestiniens continuent de réclamer le droit au retour, conformément à une résolution de 1949. Toutefois, pour Israël, la question des réfugiés doit être replacée dans le contexte plus large d'un accord de paix avec les pays arabes. Israël forme aussi une demande reconventionnelle pour les pertes subies par quelque 700.000 Juifs qui ont quitté les pays arabes de 1949 à 1951. Les Palestiniens rejettent cette demande, renvoyant Israël aux pays arabes concernés.

Si les pays arabes voisins ont admis des réfugiés en 1948 et en 1967, leur traitement varie considérablement d'un pays à l'autre. Cela vient en partie du refus de principe d’accepter de manière péreine les réfugiés car cela reviendrait à reconnaître l'existence de l’Etat d’Israël. Il y a aussi la méfiance à l'égard des Palestiniens considérés comme une menace potentielle pour la stabilité du pays d'accueil.

En Syrie, les Palestiniens ne sont pas autorisés à voter et ne peuvent pas être candidats aux élections; ils n'ont pas le droit de posséder plus d'une maison ou d'acheter des terres arables. Ils sont partagés entre le soutien à Assad et aux rebelles, de sorte qu'ils sont l'ennemi de tout le monde.

Des tentatives sporadiques ont eu lieu pour résoudre le problème des réfugiés. Mais il n'y a pas la moindre chance qu'un grand nombre de Palestiniens soient autorisés à revenir: Israël est un Etat juif créé comme un refuge pour les Juifs et ils mettraient en péril la majorité juive. Ceux qui revendiquent un "droit au retour" des Palestiniens le savent, mais continuent de l'exiger.

Les réfugiés restent dans les limbes. Aucun soulagement ne se profile à l'horizon, pour ce qui les concerne.

Benjamin Pogrund est né en Afrique du Sud. Il est l'auteur de l’ouvrage "Is Israel Apartheid? Reporting the Facts on Israel and South Africa" (Israël, un apartheid ? Enquête sur les faits concernant Israël et l’Afrique du Sud). Son dernier livre est: "Drawing Fire: Investigating the accusations of apartheid in Israel", publié aux éditions Rowman & Littlefield à New York

http://www.i24news.tv/fr/opinions/72345-150524-pas-d-issue-en-perspective-des-limbes-palestiniennes

Published by DAVID - - MONDE ARABO MUSULMAN, ISRAEL

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RIPOSTE SEFARADE

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