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RIPOSTE SEFARADE

Caleb Maupin, qui se décrit sur son site Internet comme « journaliste radical et analyste politique », avant d’embarquer (Source : Rasa News, Iran, 13 mai 2015)

Caleb Maupin, qui se décrit sur son site Internet comme « journaliste radical et analyste politique », avant d’embarquer (Source : Rasa News, Iran, 13 mai 2015)

Le ressortissant allemand Christoph Hörstel à bord (Source : Tasnim, Iran, 19 mai 2015)

Le ressortissant allemand Christoph Hörstel à bord (Source : Tasnim, Iran, 19 mai 2015)

Des reporters iraniens et des activistes étrangers à bord (Source : Tasnim, Iran, 16 mai 2015)

Le navire iranien Nejat [Sauvetage], qui transporte selon l’Iran une aide humanitaire, devrait accoster au port yéménite d’Al-Hudaydah le 21 mai 2015. A bord se trouvent des représentants iraniens, parmi lesquels le membre du Majlis [parlement] Dr Mohammed Sadeghi, qui a combattu dans les rangs du Corps des gardiens de la révolution islamique iranien [CGRI] en Irak, lors de la guerre Iran-Irak de 1980-1988 ; [1] des représentants des médias iraniens et des activistes venus de France, d’Allemagne et des États-Unis.

Avant l’appareillage du navire, des activistes pour la paix ont annoncé aux médias iraniens qu’ils étaient des partisans enthousiastes de la Révolution islamique iranienne, et qu’ils étaient prêts à mourir au cours de leur mission pour apporter une aide humanitaire au Yémen. [2]

Le porte-parole du Pentagone, le colonel Steve Warren, a déclaré que deux navires de guerre iraniens ont rejoint le Nejat la nuit précédente.

Les ports et aéroports du Yémen sont assiégés depuis le début de l’opération Tempête décisive.

La position saoudienne sur la tentative des navires iraniens d’entrer au Yémen

Les Saoudiens autorisent l’aide humanitaire à entrer au Yémen seulement après une inspection, afin de s’assurer qu’aucun armement n’est transféré aux Houthis.

Le général de brigade Ahmad Al-Assiri, porte-parole de la coalition arabe engagée dans l’opération « Restaurer l’espoir » et conseiller militaire saoudien, a déclaré à Al-Jazeera au téléphone le 11 mai : « Les forces de la coalition ont le droit de mener une fouille » sur le bateau, ajoutant : « Après nous être assurés que sa cargaison [comporte effectivement de l’aide humanitaire] nous le laisserons parvenir à sa destination ». [3]

Dans une déclaration faite le 12 mai, Al-Assiri a souligné : « La coalition arabe ne permettra à aucun navire d’atteindre le Yémen sans coordination avec nous », clarifiant : « Les forces terrestres saoudiennes sont en état d’alerte pour réagir à toute attaque. » Et d’ajouter que la coalition délivrait des autorisations pour apporter de l’aide au Yémen en coordination avec l’ONU, et que l’Iran pouvait envoyer son aide au Yémen par le biais de l’ONU.[4] En vertu de cet arrangement, les Saoudiens ont donné leur aval à plusieurs bateaux convoyant une aide, qui ont pu entrer dans le port après avoir subi un contrôle. [5]

Le 13 mai, Al-Assiri a déclaré : « Un autre pays [à savoir l’Iran] cherche à [fournir] de l’aide [au Yémen] par la force, en violation de la décision du gouvernement yéménite et de la coalition arabe qui a été autorisée par le gouvernement yéménite à empêcher toute violation. Ceci constitue une violation du droit international ».[6]

Dans un autre entretien avec Al-Jazeera le 14 mai, Al-Assiri a mis en garde l’Iran contre toute tentative de convoyer de l’aide par la force, affirmant que « toute tentative d’un quelconque pays » pour ce faire « sera considérée comme un précédent dans ce genre de crise et selon le droit international ». [7]

En outre, le ministre des Affaires étrangères yéménite, Riyadh Yassin, a laissé entendre dans une conversation au téléphone avec Al-Jazeera le 13 mai, que tous les moyens seraient employés contre le navire iranien s’il tentait de briser le blocus. Il imputé la responsabilité de toute violation du blocus au régime iranien, ajoutant que le Yémen avait autorisé la coalition à empêcher toute violation. [8]

Le 13 mai également, Yassin a déclaré au quotidien saoudien basé à Londres, Al-Shark Al-Awsat, que le ministère yéménite des Affaires étrangères n’avait pas autorisé le navire iranien à entrer dans le port d’Al-Hudaydah. Il a expliqué que les pays de la coalition avaient installé des sites pour inspecter les cargaisons d’aide transportées par voie maritime ou aérienne, avant qu’elles puissent entrer au Yémen. Les bateaux doivent accoster d’abord à Djibouti pour inspection, et les avions sont fouillés aux aéroports de certains pays de la coalition.

Il a déclaré : « Le ministère des Affaires étrangères du Yémen, provisoirement installé à Riyad, a accordé de nombreuses autorisations d’entrée sur le territoire aux organisations d’aide humanitaire [dont les délégations] sont récemment arrivées à l’aéroport de Sanaa, après avoir contacté le ministère… »

« La progression du navire iranien vers le Yémen, qui n’a été autorisée ni par le gouvernement yéménite ni par les pays de la coalition », a-t-il affirmé, « constitue une provocation manifeste envers la communauté internationale. » Il a ajouté : « Nous devons connaître l’identité des passagers du bateau, leurs fonctions, et savoir s’ils vont ou non retourner [dans leurs pays]… A bord de ce navire, se trouvent 60 Iraniens et sept étrangers appartenant à des organisations de défense des droits de l’Homme, qui ne détiennent pas de visas d’entrée au Yémen. Par conséquent, leur entrée est illégale, et ils doivent en être tenus pleinement responsables. » [9]

Le 16 mai 2015, Yassin a déclaré à Al-Shark Al-Awsat qu’un autre navire iranien avait fait demi-tour vers Bandar Abbas, au sud de l’Iran, après que les Nations unies aient demandé à Téhéran de laisser inspecter sa cargaison. Il a affirmé que « le retour du navire [en Iran]… indique qu’il transportait de la contrebande ». [10]

Il a également souligné un incident survenu le 28 avril 2015, au cours duquel un avion civil iranien d’Oman avait tenté d’atterrir dans un aéroport de Sanaa sans autorisation,[11] ce qui a conduit les avions de la coalition arabe à bombarder la piste, observant que, tandis que tous les pays et organisations humanitaires respectent les lois sans occasionner de provocation, « l’insistance de Téhéran pour violer l’espace aérien du Yémen, et sa tentative d’atterrir dans l’aéroport de Sanaa, ont conduit à la destruction de la piste [de l’aéroport], de crainte que [l’Iran] ne [l’utilise] pour mener à bien ses projets. La même chose s’appliquera concernant la déclaration iranienne disant il n’autorisera pas l’inspection du navire qui transporte selon lui une aide humanitaire ». [12]

En outre, la mission yéménite auprès de l’ONU a adressé une lettre au Conseil de sécurité, avertissant que, si l’Iran n’autorisait pas d’inspection, il porterait l’entière responsabilité de tout incident découlant de la tentative du navire de pénétrer dans les eaux territoriales yéménites. [13]

La position de l’Iran sur la tentative des bateaux de briser le blocus
L’Iran, qui soutient les Houthis et leur a déjà envoyé des armes, [14] ne reconnaît pas l’autorité saoudienne pour faire appliquer le blocus, et en particulier pour empêcher à une aide humanitaire d’entrer. Il soutient que l’entrée du navire au Yémen a déjà été coordonnée avec les Nations unies.
Le 16 mai 2015, le vice-ministre des Affaires étrangères iranien Hossein Amir-Abdollahian a déclaré : « L’Arabie saoudite ne peut prendre de décisions concernant les pays qui aident le Yémen ou l’ONU. » [15]
Dans une interview à la chaîne télévisée Al-Manar le 19 mai, et dans une conférence de presse le 16 mai à Téhéran, respectivement, [16] Ali Akbar Velayati, le conseiller du Guide suprême de la Révolution Ali Khamenei, et le porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien Marzieh Afkham ont également rejeté la demande saoudienne d’inspecter le navire.
Les porte-parole iraniens ont menacé que toute tentative saoudienne de stopper le bateau entraînerait une réaction iranienne. Dans une interview le 12 mai à la chaîne iranienne en arabe Al-Alam, le chef d’état-major adjoint iranien Massoud Jazayeri a affirmé : « Je déclare explicitement que la retenue de la République islamique iranienne a des limites. Les nouveaux gouvernants de l’Arabie saoudite, les Américains et les autres doivent savoir que s’ils veulent perturber les tentatives de la République islamique iranienne d’apporter de l’aide à des pays de la région, cela déclenchera une conflagration qu’ils ne seront certainement pas en mesure de contenir ». [17]
Le 17 mai, le chef de la Commission pour la sécurité nationale et la politique étrangère du Majlis, Ala Al-Din Boroujerdi, a déclaré à l’agence de presse iranienne Fars : « La décision iranienne est juste et très courageuse… L’Arabie saoudite et les pays de la coalition n’ont aucun droit d’inspecter ce bateau ou de l’empêcher [de gagner le Yémen]… L’Iran réagira de manière très catégorique et ferme à toute intervention des pays belliqueux. [18]
La position américaine sur le conflit
Le 12 mai 2015, les États-Unis, qui soutiennent le blocus de la coalition au Yémen, ont demandé à l’Iran de dérouter le navire vers le centre de distribution d’aide des Nations unies à Djibouti, au lieu de tenter de briser le blocus pour atteindre Al-Hudaydah. [19]
Evaluation
Selon l’évaluation de MEMRI, ni l’Iran ni les Saoudiens ne feront marche arrière sur cette question. L’Arabie saoudite n’autorisera le navire iranien à passer qu’après qu’il ait subi une inspection de l’ONU, et l’Iran ne permettra pas aux Saoudiens d’y monter. Une confrontation violente ou une capture saoudienne du navire sont probables.
Il convient d’observer que les Iraniens souhaiteraient que les Saoudiens déclenchent une confrontation violente, dans laquelle l’Iran jouerait le rôle du fournisseur d’aide humanitaire qui est attaqué.
Ce scénario tendu pourrait se transformer en conflit localisé en mer, pouvant dégénérer en une conflagration plus étendue dans la péninsule arabique et ailleurs au Moyen-Orient.
L’Arabie saoudite a, au cours des derniers jours, entrepris des efforts diplomatiques. Depuis le début de cette provocation iranienne, elle a réuni un sommet à Riyad les 18 et 19 mai, un dialogue inter-yéménite avec tous les partis politiques yéménites à l’exception des Houthis, pour adopter des résolutions défendant la position de l’Arabie saoudite et de la coalition pour résoudre la crise au Yémen sur plusieurs niveaux – domestique, régional et international – par le biais de l’ONU.
Dans ces circonstances, on peut supposer que les États-Unis interviendront pour tenter de trouver une solution diplomatique à la crise ; une telle solution pourrait être trouvée, même si au regard des positions des deux parties, c’est incertain. Toutefois, même si une solution diplomatique de dernière minute était trouvée, cette escarmouche pourrait exacerber le conflit actuel entre l’Arabie saoudite et l’Iran et conduire à une escalade de la violence dans un avenir proche.
Dans ce contexte, il convient de mentionner que le cessez-le-feu de cinq jours qui a débuté le 12 mai n’a pas été renouvelé et, selon le ministre yéménite des Affaires étrangères Yassin, a échoué suite aux violations des Houthis – ce qui légitime ainsi les frappes aériennes saoudiennes à leur encontre.

Les navires iraniens : photos


Caleb Maupin, qui se décrit sur son site Internet comme « journaliste radical et analyste politique », avant d’embarquer (Source : Rasa News, Iran, 13 mai 2015)


Le ressortissant allemand Christoph Hörstel à bord (Source : Tasnim, Iran, 19 mai 2015)

Par A. Savyon et H. Varulkar
A. Savyon est directrice du Projet médiatique sur l’Iran ; H. Varulkare est directeur de recherche à MEMRI
Notes :
[1] Sadeghi se trouvait aussi à bord de l’avion iranien qui a tenté d’atterrir dans l’aéroport de Sanaa le 28 avril 2015 ; au cours de cet incident, des avions saoudiens et de la coalition ont bombardé la piste. Marebonline.com, Mashreghnews.ir, 5 mai 2015.
[2] L’activiste allemand Christoph Hörstel, à bord du bateau, a déclaré à l’agence de presse iranienne Fars : « J’aime beaucoup l’Iran, et je crois que le Gouvernement du Juriste-théologien en Iran représente le changement politique le plus important survenu dans le monde au cours du siècle écoulé… Ma femme est prête à accepter la nouvelle que j’ai été tué pour le but que j’ai choisi… Pendant des années, j’ai participé à la guerre en Afghanistan aux côtés des moudjahidines et j’ai l’expérience de ce genre de risque », Fars, 18 mai 2015. Dans une interview à Tasmin le 17 mai 2015, Hörtsel a déclaré : « Si les Américains avaient le moindre bon sens, ils auraient accompagné le Nejat au lieu de le freiner de quelque manière que ce soit, car aujourd’hui les yeux du monde entier sont braqués sur la manière dont ils vont gérer [l’affaire] ». L’activiste américain Caleb Maupin a déclaré : « J’aime l’Iran et la Révolution islamique iranienne… Nous avons tous pensé au risque [d’être tués au cours de notre mission]. Avant ce voyage, j’ai moi aussi pensé à la possibilité que je sois tué, et je m’y suis préparé », Mashreq, Iran, 16 mai 2015.
[3] Aljazeera.net, 11 mai 2015.
[4] Al-Riyadh, Saudi Arabia, 12 mai 2015.
[5] SPA.gov.sa,18 mai 2015.
[6] Aljazeera.net, 13 mai 2015.
[7] Aljazeera.net, 14 mai 2015.
[8] Aljazeera.net, 13 mai 2015.
[9] Al-Sharq Al-Awsat (Londres), 13 mai 2015.
[10] Al-Sharq Al-Awsat (Londres), 16 mai 2015.
[11] Marebonline.com, Mashreghnews.ir, 5 mai 2015.
[12] Al-Sharq Al-Awsat (Londres), 16 mai 2015.
[13] Aljazeera.net, 13 mai 2015.
[14] Voir Enquête et analyse de MEMRI n°1155, Iran’s Support For The Houthi Rebellion In Yemen: ‘Without Iran There Would Be No War In Syria And Ansar Allah Would Have Never Emerged’, 21 avril 2015.
[15] Mehr (Iran), 16 mai 2015.
[16] Iribnews.ir, 19 mai 2015 ; ISNA (Iran), 16 mai 2015.
[17] Al-’Alam (Iran), 12 mai 2015.
[18] Fars (Iran), 17 mai 2015.
[19] Voice of America, 12 mai 2015.

http://www.memri.fr/2015/05/25/la-tentative-iranienne-de-briser-le-blocus-maritime-saoudien-au-yemen-pourrait-conduire-a-une-violente-confrontation/

Published by DAVID - - IRAN NUCLEAIRE

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