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RIPOSTE SEFARADE

Des néo-nazis italiens lors d'un match de football (Crédit: capture d'écran YouTube)

Des néo-nazis italiens lors d'un match de football (Crédit: capture d'écran YouTube)

Les supporters d’Israël lors d’une manifestation pendant l’opération Bordure protectrice le 24 juillet 2014 à Milan (Crédit : Elinor Betesh)
Les supporters d’Israël lors d’une manifestation pendant l’opération Bordure protectrice le 24 juillet 2014 à Milan (Crédit : Elinor Betesh)

Plus de la moitié considérait en 2012 l’antisémitisme comme un « gros problème » ; Depuis les choses n’ont fait qu’empirer

Même avant la guerre de Gaza de l’été dernier, qui a engendré une hausse du sentiment antisémite en Europe, et les récentes attaques de grande envergure sur les institutions juives à Bruxelles et à Paris, plus de 60 % des Juifs italiens considéraient l’antisémitisme comme un grand ou un très grand problème en Italie.

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En outre, les deux tiers croient qu’il a considérablement augmenté au cours des cinq dernières années, selon une nouvelle étude publiée mardi par le Jewish Policy Research (JPR) basé à Londres.

Le rapport sur l’Italie a été publié sur le site de JPR et est intitulé « Des perceptions et des expériences des anciennes et nouvelles directions de l’antisémitisme parmi les Juifs en Italie. »

Il est basé sur les données recueillies jusqu’à la fin de 2012, une année qui a vu ce qui est considéré comme un tournant pour la communauté juive européenne contemporaine, avec la tuerie devant une école juive de Toulouse où le Français Mohamed Merah a abattu un rabbin et trois enfants.

Le Professeur Sergio DellaPergola démographe à l’université hébraïque de Jérusalem a rédigé le document avec LD Staetsky, chercheur à JPR.

Dans une interview accordée au Times of Israel, DellaPergola a expliqué que les tendances représentées dans l’enquête anticipent et reflètent la situation de préoccupation profonde et croissante au sujet de l’antisémitisme que l’on retrouve aujourd’hui – et qui va probablement s’aggraver dans l’avenir.

L’enquête a été parrainée par l’Union européenne à travers son Agence des droits fondamentaux, un parrainage que DellaPergola trouve remarquable, étant donné la méthodologie adoptée.

« Pour la première fois [l’enquête] est fondée sur l’idée de demander aux Juifs eux-mêmes ce qu’ils pensent de l’antisémitisme », a déclaré DellaPergola au Times of Israel.

Selon DellaPergola, la situation de l’antisémitisme en Italie telle que perçue par les Juifs italiens n’est pas radicalement différente des autres pays en Europe. La majorité d’entre eux le considèrent comme un problème et dénoncent sa croissance au cours des cinq années précédentes.

Pour les Juifs italiens interrogés, cependant, l’antisémitisme ne vient qu’en septième position dans le classement des questions sociales et économiques sélectionnées qui représentent un très gros ou un assez gros problème pour le pays. Les autres préoccupations plus pressantes sont le chômage, qui a été cité par 98 % des sondés, la corruption du gouvernement (96 %), l’état de l’économie (95 %), le racisme (81 %), les niveaux de criminalité (71 %) et l’immigration (65 %).

« De plus, quelque chose qui varie d’un pays à l’autre est la perception des sources idéologiques de l’antisémitisme. En Italie, plus de 60 % des sondés ont indiqué les opinions d’extrême-gauche, suivies par celles d’extrême-droite, alors que l’islam vient seulement en troisième place, c’est très différent de ce que l’on observe en France par exemple », remarque DellaPergola.

À la suite des récents attentats de Paris, les différences entre l’Italie et la France ont été constamment soulignées par les dirigeants juifs italiens, qui disent que les Juifs italiens sont vigilants, mais qu’ils n’ont pas peur.

« L’antisémitisme est un mal ancien et une menace qu’il faut prendre en considération. Cependant, les Juifs italiens sont conscients d’être une partie essentielle de l’Italie libre, pluraliste et démocratique qui a été construite sur les cendres de la Shoah et des crimes nazis-fascistes », a déclaré au Times of Israel le président de l’Union des communautés juives italiennes Renzo Gattegna.

« La vie juive en Italie se poursuit comme d’habitude et il n’y a aucune crainte d’apparaître en public tels que nous sommes, de s’identifier en tant que Juifs. »

Gattegna a également souligné que le nombre d’incidents antisémites en Italie est beaucoup plus faible qu’en France, tant en termes de nombre que de gravité.

Il dit que « l’excellente coopération » avec les autorités italiennes et les forces de police a jusqu’à présent neutralisé toutes les menaces contre les Juifs.

C’est aussi l’avis du député juif italien Emanuele Fiano, membre du parti démocratique de centre-gauche et fils d’un survivant de la Shoah.

« Ce qui est arrivé en France est lié au fanatisme islamique qui a atteint l’Europe et c’est très troublant. Toutefois, les Juifs français doivent faire face à une peur immédiate et constante en raison de l’importante minorité d’origine arabe et des attaques réitérées perpétrées contre eux, quelque chose qui, aujourd’hui, n’est pas la réalité de l’Italie », a déclaré Fiano au Times of Israel.

« Cependant, bien que les Juifs italiens ne soient pas en danger, personne ne devrait penser que la bataille est gagnée pour autant », nuance Fiano.

« Nous devons nous rappeler que la lutte contre la discrimination et le racisme sera toujours nécessaire, surtout quand il s’agit de l’éducation des nouvelles générations. Aujourd’hui, même au Parlement il y a des députés qui ont des idées très confuses sur ces sujets », a-t-il déclaré.

Un test décisif pour mesurer les tentations antisémites de la société italienne est la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste, qui a été observée en Italie le 27 janvier, comme c’est le cas depuis 15 ans.

Une enquête publiée le 26 janvier par l’Institut de recherche SWG Lab en collaboration avec Pagine Ebraiche, le principal journal juif italien, a montré que le pourcentage des répondants de la société italienne qui ont une opinion positive du rôle de la Journée à la mémoire des victimes de l’Holocauste est généralement très élevé. Cependant, le nombre de personnes avec une perspective négative est en nette croissance, de 11 % en 2014 à 21 % en 2015.

L’enquête est basée sur des données recueillies les 20 et 21 janvier 2015. Fait intéressant, elle révèle que le pourcentage d’Italiens qui pensent que l’antisémitisme existe toujours dans le pays a chuté à 44 % – une baisse par rapport aux 46 % de 2014.

Ces données semblent une sous-estimation claire par rapport à la perception des Juifs italiens.

Le président italien Sergio Mattarella (Crédit : Presidenza della Repubblica/Wikimedia)

« Il est très important que les initiatives pour la Journée à la mémoire des victimes de l’Holocauste soient constamment mises à jour, afin de faire passer le message de la journée et de se rappeler ce que les nazis ont fait aux Juifs, mais aussi pour donner une leçon universelle contre le génocide et l’extermination qui se produisent encore, bien que de façon différente », explique Fiano.

Le président italien nouvellement élu, Sergio Mattarella, a pris ses fonctions le 3 février.

Dans sa première déclaration en tant que président, Mattarella a souligné la nécessité de tirer les leçons des horreurs du passé pour surmonter la terreur du présent.

Dimanche, il a visité le Mémorial des Fosses ardéatines, près de Rome, où les nazis fusillèrent 335 personnes, dont 75 Juifs, en 1944.

« L’alliance entre les nations et les peuples a réussi à vaincre la haine raciste, antisémite et totalitaire des nazis que symbolise douloureusement ce site. La même unité en Europe et dans le monde nous permettra de vaincre ceux qui veulent nous entraîner dans une nouvelle saison de la terreur », a déclaré le nouveau président.

Published by DAVID - - ANTISEMITISME, DIASPORA

commentaires

Guy 08/02/2015 08:45

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RIPOSTE SEFARADE

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