Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

RIPOSTE SEFARADE

La une du quotidien Zaman ce 15 décembre 2014
La une du quotidien Zaman ce 15 décembre 2014

Au moins 27 arrestations et les locaux d’une chaîne de télévision perquisitionnés le 14 décembre : l’opération vise des personnes et des médias liés au réseau de Fethullah Gülen, ancien proche d’Erdogan devenu son ennemi juré. La presse turque s’inquiète.

« Un jour noir pour la démocratie » : c’est avec ce titre, surplombant une photo de ses journalistes bâillonnés, portant l’écriteau « On ne réussira pas à faire taire la presse libre », que le quotidien Zaman réagit à l’opération menée le 14 décembre.

Deux institutions médiatiques étaient visées : Zaman, mais aussi la chaîne de télévision STV. Toutes deux appartiennent au réseau Gülen, un mouvement néoconfrérique musulman turc à base sociale, très puissant, qui a été fondé dans les années 1970 par l’imam Fethullah Gülen.

Ce citoyen turc résidant aux Etats-Unis est à la tête d’une puissante confrérie soufie, mais aussi d’un empire médiatique et d’un réseau scolaire international. Il serait à l’origine de la révélation du scandale de corruption visant l’entourage du président Erdogan qui a éclaté au début de 2014. Depuis, Erdogan demande son extradition.

Une pression insupportable sur les médias

Au lendemain de cette opération coup de poing, le rédacteur en chef de Zaman, Ekrem Dumanli, qui a été placé en garde à vue, se demande dans son éditorial « s’il existe encore une presse libre en Turquie ». La situation est grave, explique-t-il :

« Je ne considère pas ce qui s’est passé comme une attaque contre le quotidien Zaman, mais bien comme un coup porté contre la démocratie turque, les droits de l’homme et les médias turcs. Si ce qui se passe n’était que le résultat d’un affrontement entre une communauté [celle proche de Fethullah Gülen] et le gouvernement AKP, on pourrait s’y résigner. Mais là, il s’agit d’autre chose. Cela s’inscrit en effet dans le cadre d’une pression de plus en plus insupportable sur les médias dans notre pays. »

Murat Yetkin, dans le quotidien en ligne Radikal et repris dans Hürriyet, rappelle toutefois qu' »il n’y a pas si longtemps, le quotidien Zaman et son rédacteur en chef Ekrem Dumanli avaient soutenu – à une époque où ses relations avec Erdogan, Premier ministre de l’époque, étaient très bonnes – l’arrestation de journalistes dans le cadre du procès Ergenekon, allant jusqu’à mettre en doute leur qualité de journalistes pour justifier leur arrestation ». Cela n’empêche pas, poursuit Murat Yetkin, « que toute atteinte à la liberté de la presse, d’où qu’elle vienne et quelle que soit sa victime, doit être dénoncée.

« Si la communauté de Fethullah Gülen a contribué à l’établissement d’un système fasciste, elle en est maintenant la victime », observe Ahmet Şık, dans une tribune publiée par Cumhuriyet. Auteur d’un livre dénonçant la toute-puissance du réseau Gülen, lequel était alors en bons termes avec le gouvernement AKP, Ahmet Sik fut emprisonné pendant un an (2011-2012), sous prétexte d’appartenir au réseau Ergenekon (organisation qui cherchait à renverser Recep Tayyip Erdogan).

Sa dernière sortie, largement reprise dans les médias, a d’ailleurs suscité une réponse inédite de plusieurs journalistes de Zaman, qui le remercient pour son empathie et « reconnaissent ne pas l’avoir soutenu lorsqu’il était en prison ».

Zaman, « bras médiatique du complot »

« Nous savons tous qu’il ne s’agit pas ici d’une question de médias et de journalistes », affirme quant à lui le quotidien progouvernemental Yeni Safak. Tout en admettant qu’il « convient de défendre coûte que coûte la liberté de la presse et l’expression plurielle d’opinions », son rédacteur en chef Ibrahim Karagül explique que « les médias proches du réseau Gülen ont agi, en pratiquant la désinformation, comme le bras médiatique d’un vaste complot putschiste visant à renverser le gouvernement AKP ».

Dans le même quotidien, Albülkadir Selvi dénonce l’entrisme du réseau Gülen dans l’appareil d’Etat. Il critique cependant la méthode de l’arrestation très médiatique de journalistes, « qui ne servira qu’à donner une mauvaise image du pays à l’extérieur », et met en garde « contre toutes les dérives dans la lutte contre l’Etat parallèle [nom donné au réseau Gülen] ».

Dans Hürriyet, Ahmet Hakan estime d’ailleurs que « lorsqu’un journaliste est arrêté sous une accusation aussi abstraite qu’avoir voulu s’emparer de la souveraineté de l’Etat, la situation relève de l’injustice. Une telle accusation ne justifie pas que l’on place un quotidien en état de siège et que l’on arrête des journalistes. »

Erdogan donne un nouveau tour de vis autoritaire en Turquie

Le président turc, au grand dam de l’Europe, a fait arrêter de nombreux journalistes appartenant à des médias d’opposition, alors que s’est ouvert le procès de supporteurs de football l’ayant contesté.

Par Nare Hakikat

Publié dans Le Figaro

Vingt-sept personnes ont été arrêtées par la police turque dimanche, dont plusieurs journalistes du groupe Zaman, proche de Fethullah Gülen, ce prédicateur devenu l’ennemi numéro un du président turc, Recep Tayyip Erdogan.

Cette vague d’arrestations marque une nouvelle étape dans la guerre qu’Erdogan a déclarée à son ex-allié. Mais elle souligne surtout la dérive autoritaire du régime. Si la justice n’a jamais pu être totalement indépendante en Turquie, son instrumentalisation contre les adversaires du pouvoir n’a jamais été aussi forte que sous le règne d’Erdogan.

Les personnes arrêtées dimanche, dont les scénaristes d’une série diffusée sur la chaîne télévisée appartenant au groupe visé, sont accusées de fomenter un complot contre le gouvernement. À l’instar de 35 membres du groupe de supporteurs de football Çarsi, qui ont été traînés en justice pour avoir participé aux manifestations anti-Erdogan du parc Gezi au printemps 2013. Leur procès a débuté mardi à Istanbul et une peine de prison à vie est requise pour ces supporteurs du club Besiktas, auxquels il est reproché une «tentative de renversement du gouvernement».

Face au durcissement du régime d’Erdogan, que de nombreux intellectuels d’opposition comparent à celui de Poutine, les critiques de Bruxelles n’ont guère d’effets. «Nous ne nous soucions pas de ce que l’Union européenne va dire, gardez votre opinion pour vous», a répliqué lundi Erdogan à la Commission qui avait condamné les arrestations des journalistes.

L’époque, fêtée en grande pompe dans toutes les villes du pays, où avaient démarré les négociations d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne paraît aujourd’hui très lointaine. C’était il y a dix ans, jour pour jour, le 17 décembre 2004.

Élu président de la République, Erdogan se sent désormais en position de force pour imposer son point de vue à l’ensemble de la société. Malgré le tollé provoqué dans les milieux laïques, le Conseil consultatif de l’éducation a proposé l’instauration de cours de religion à l’école maternelle et primaire. Des bureaucrates zélés n’ont même pas attendu que la proposition soient adoptée au Parlement.

À Osmaniye, dans le sud de la Turquie, la direction de l’Éducation nationale a envoyé un programme incluant l’enseignement des prières dans les classes de maternelle, a rapporté mardi le journal Radikal. Les faits du prince se multiplient. Il suffit souvent que le «sultan» Erdogan exprime ses souhaits pour qu’ils soient immédiatement retranscrits dans la réalité.

Le 17 décembre est également la date d’un autre anniversaire, celui de l’éclatement, en 2013, du scandale de corruption qui avait mis en cause plusieurs ministres et des membres de la famille d’Erdogan.

Mais, depuis un an, les juges et les policiers qui avaient enquêté sur cette affaire ont été congédiés, les poursuites ont été abandonnés. Erdogan a, lui, quitté le poste de premier ministre et a été élu président.

Accusant Fethullah Gülen d’être à l’origine de ces révélations, et d’avoir nourri un «complot», Erdogan prend aujourd’hui sa revanche, au mépris des règles élémentaires d’un État de droit.

Posté par James

http://extremecentre.org/2014/12/18/turquie-letat-fait-trembler-les-medias-du-reseau-gulen/

Published by DAVID - - TURQUIE

commentaires

RIPOSTE SEFARADE

Ce blog n’a aucun but lucratif, sa prétention est seulement d’informer. Si vous trouvez un document qui vous appartient et que vous souhaitez son retrait , dites-le et il sera immédiatement retiré. La tragédie que le peuple juif a connu en Europe, est la seule et unique raison de la diffusion de ces textes dont la source est toujours indiquée.

Hébergé par Overblog