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RIPOSTE SEFARADE

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L’État Islamique a entamé la “phase 2″ de son plan. Après avoir établi un rudimentaire “califat” en Syrie et Irak (phase 1), il cherche maintenant à provoquer une réaction “fatale” de l’Occident, un piège dans lequel les politiciens “durs” sont en train de tomber, selon l’historien William R. Polk.

A la suite de l’attaque terroriste de Paris, on a réagi comme “le stratège de l’État Islamique” – en supposant qu’une telle personne existe – l’attendait et le souhaitait : un bombardement massif de représailles.

Un stratège sait qu’une telle action militaire occidentale contient sa propre défaite, comme l’ont prouvé les opérations d’Afghanistan, d’Irak, de Libye et ailleurs. Ces réactions prévisibles et exagérées ont non seulement échoué à arrêter les insurgés, mais les ont même aidés à recruter de nouveaux soutiens en blessant des spectateurs non engagés. L’État Islamique a appris la leçon ; pas nos leaders apparemment.

Le président Barack Obama réunit son équipe de sécurité nationale pour discuter de la situation en Syrie, dans la salle de crise de la Maison-Blanche, le 30 août 2013. De gauche à droite autour de la table : la Conseillère à la sécurité nationale Susan E. Rice, le procureur général Eric Holder, le Secrétaire d’État John Kerry, et le vice-président Joe Biden. (Photo officielle de la Maison-Blanche par Pete Souza)

La colère et la vengeance sont émotionnellement satisfaisantes mais elles ne sont pas productives. Le problème que nous rencontrons n’est pas juste de répliquer contre l’État Islamique, ce qui est simple, mais de rétablir une sécurité mondiale à moindre coût. Les premières étapes pour cela sont de comprendre d’où viennent ces extrémistes, pourquoi certains les soutiennent, et ce qu’ils veulent. Alors seulement nous saurons lutter contre eux.

Mais lorsque je lis la presse, que j’écoute les déclarations des chefs d’États et que je regarde décoller les chasseurs bombardiers, je ne vois pas le signe que nos chefs aient trouvé une voie vers la sécurité. Je n’ai pas la satisfaction de trouver, dans ce qui m’est donné à lire ou à entendre, les premières étapes d’une analyse prudente et élaborée. Je propose donc ici, tirant parti de nombreuses années d’observation, quelques réflexions sur le terrorisme et les politiques de contre-insurrection, en me focalisant sur l’ÉI (connu également sous le nom de ISIS, ISIL, Daech ou État Islamique).

Mes commentaires sont de cinq ordres : (1) analyse de nos forces et de celles de nos adversaires ; (2) notre stratégie et la leur ; (3) ce qui motive leurs actions ; (4) le résultat de nos actions ; et (5) les choix qui s’offrent à nous. Je commencerai par nos forces et nos faiblesses puis les leurs :

– Les États-Unis, la puissance occidentale majeure et la Russie ont à leur disposition de vastes services de renseignement qui collectent des informations à travers de nombreux biais (écoutes téléphoniques, interceptions radio, décryptage, images aériennes et satellites et d’autres moyens, parfois plus ésotériques, de filature, d’observation et d’identification des personnes).

De plus, nos services de sécurité continuent d’employer les moyens traditionnels de l’action secrète et ont un budget quasi illimité pour acheter de l’information, pour encourager la désertion ou pour “louer” des loyautés temporaires. De plus, la majorité des personnes au sein de la communauté d’où émanent les attaques souhaiteraient que celles-ci s’arrêtent. Ainsi, notre plus grand avantage réside dans le fait que la vaste majorité des membres de toutes les sociétés concernées ne désirent pas voir leurs vies perturbées. Ils veulent tout simplement vivre en paix.

Choisir son camp

– Les populations locales dans les zones tenues par les rebelles sont sans doute neutres. Mais elles sont prises entre deux feux : l’ÉI et nous. Ce que nous faisons et ce que nous ne faisons pas les fera pencher en faveur d’un camp ou d’un autre. Les “stratèges de l’ÉI” ont compris cela et cherchent à nous pousser à faire du mal ou à effrayer les populations. Dès que possible, beaucoup fuiront le proche danger là où elles le pourront (des centaines de milliers de personnes l’ont fait).

Mais l’arme de prédilection de la guerre contre-insurrectionnelle – le bombardement aérien – fait qu’il y a peu de différence entre “la proximité” et “le lointain”. Les tirs ciblés tuent peut-être les chefs (et les personnes à proximité), mais les bombardements aériens sont plus massifs et moins ciblés. Le “stratège de l’ÉI” sait que plus nos attaques seront massives, plus il y aura de soutiens pour rallier la bannière de l’ÉI.

– Le grand avantage dont jouit l’ÉI c’est la grande asymétrie dans la nature des cibles que chaque protagoniste offre à l’autre : les États modernes et industriels comme les nôtres sont des structures très élaborées et nécessairement complexes, alors que l’organisation de l’ÉI est forcément mobile, peu coûteuse et dispersée. Nous avons perçu ce contraste clairement, avant l’avènement de l’ÉI ; lors des attaques d’al-Qaïda du 11 septembre 2001. Les attaques ont coûté la vie à seulement quelques dizaines de terroristes et ont coûté sans doute moins de 100 000 dollars, mais ont tué plusieurs milliers de victimes et le coût pour l’économie américaine dépasse les 100 milliards de dollars (en comptant les longues guerres qui en ont résulté en Afghanistan et en Irak).

De plus, il faut y ajouter les coûts psychologiques, légaux et politiques. al-Qaïda n’avait pas grand-chose à perdre en termes de légalité ou de moralité, mais ils ont poussé les États-Unis à des actes qui ont affaibli leurs valeurs traditionnelles et créé la défiance de leurs propres citoyens. Pour al-Qaïda, ce fut une victoire acquise à moindre coût.

– La plus grande faiblesse de l’ÉI c’est que la vaste majorité des musulmans veut, comme tout individu, pouvoir “vaquer à ses occupations”, se réunir et consommer, travailler et se divertir, rivaliser et procréer. Ce ne sont pas des fanatiques et ils ne veulent pas finir martyrs ou héros.

En vérité, le “stratège de l’ÉI” n’a pas une très haute opinion de ces gens ordinaires. Dans un document qui décrit la stratégie de l’ÉI – Idarah at-Tawhish (la gestion de la sauvagerie) – le ou les stratèges écrivent :

“Notez que … nous disons que les masses posent des difficultés… nous savons que nous ne pouvons généralement pas leur faire confiance, étant donné la façon dont les impérialistes étrangers et les traîtres locaux les ont formés, et nous comprenons qu’il n’y aura pas d’amélioration pour la population avant la victoire finale. En conséquence notre stratégie est de gagner leur sympathie, ou au moins de les neutraliser.”

Comment le “stratège de l’ÉI” compte-t-il faire cela ? La réponse réside dans un programme socio-politique qui vise à “unir le cœur du peuple” en donnant de l’argent, de la nourriture ou des services médicaux et en fournissant un système judiciaire efficace pour remplacer celui – corrompu – de ses rivaux locaux. Ce programme a enregistré quelques succès, mais il est fragilisé et mis en danger par la violence de l’ÉI et la terreur qu’il suscite.

(On peut considérer que Sayyid Qutb, un théoricien islamiste exécuté en Égypte en 1966, est le philosophe à l’origine de l’Islam fondamentaliste. Ce que j’appelle “le stratège” est peut-être – ou a été – Abu Bakr Naji, il s’agit éventuellement d’un nom de guerre ou même d’un pseudonyme de comité. Pour plus de détails, voir “Comprendre l’Islam fondamentaliste” sur Consortiumnews.com)

Des guerres mal gérées

– Les stratégies euro-américaines et russes contre les guérillas et les terroristes se sont toutes appuyées avant tout sur l’action militaire. Ce fut évident lors de notre campagne en Afghanistan. Les Russes répètent aujourd’hui en Syrie à peu près la stratégie qui fut la leur en Afghanistan, tout comme nous avons nous-même répété notre stratégie du Vietnam lors de notre engagement en Afghanistan. Les É-U, nos alliés et la Russie sont maintenant apparemment embarqués dans la même stratégie générale en Syrie et en Irak.

Les stratégies prétendument plus sophistiquées (comme la formation, les campagnes anticorruption, les programmes “de sécurité”, la création d’emplois, diverses formes de corruption et autres activités économiques) reçoivent assez peu d’attention. La partie la moins discutée est la dimension politique de l’insurrection.

Pourtant, tout du moins selon moi, la réalité de l’insurrection est exactement l’inverse des priorités sur lesquelles nous misons notre argent et mettons nos efforts. Dans mon calcul, lors d’une insurrection, la politique compte sans doute pour 80% du problème, l’administration pour 15% et la composante militaire et paramilitaire ne compte que pour 5%. Un bref regard sur les sommes engagées démontre que nos attributions de fonds, notre action politique, nos compétences administratives et notre puissance militaire se font dans l’ordre exactement inverse.

– Trois raisons expliquent pourquoi cet ordre d’attribution, même s’il a démontré son inefficacité, est toujours employé : la première est l’incapacité des “experts” de la contre-insurrection à comprendre la nature politique de celle-ci ; la seconde est que l’attitude martiale, les roulements de tambours et l’appel à l’action militaire permettent aux dirigeants politiques de se faire remarquer ; et la troisième, c’est que les fabricants d’armes et les travailleurs qui les fabriquent veulent gagner de l’argent.

Sur ce dernier point, le président Dwight Eisenhower avait raison, c’est le monde à l’envers : le complexe militaro-industriel (auquel il faut adjoindre le Congrès corrompu par les lobbies) dirige la vie politique américaine.

Nous n’avons pas besoin de deviner quelle est la stratégie de l’ÉI. Ses chefs nous l’ont dit. La gestion de la sauvagerie (utilisant le terme arabe de tawhish, qui évoque la répugnance, et s’applique à un lieu désolé, hanté de bêtes sauvages, dans lequel il n’y a aucune humanité ni douceur, mais seulement la sauvagerie, la terreur et la cruauté) détaille la campagne à long terme de destruction du pouvoir des États et des sociétés que Daech appelle “les Croisés” – c’est-à-dire les puissances occidentales, que l’ÉI dénonce comme impérialistes – et d’élimination des traîtres qui les soutiennent au sein des sociétés musulmanes.

Les Trois Étapes

– La campagne de l’État Islamique se répartit en trois étapes :

La première étape est de harceler l’ennemi afin de créer un chaos par lequel le pouvoir des forces étrangères et leurs mandataires locaux sont distraits et affaiblis, tandis que les terroristes musulmans et les guérilleros apprennent à se servir de leur pouvoir de manière efficace.

La deuxième étape est “la propagation de la sauvagerie”, qui commence localement par des attaques à faible échelle pour ensuite se métastaser. Des individus et des groupes locaux reprennent la cause, et agissent d’eux-mêmes ou en coordination limitée. Ceux qui mettent à exécution les programmes de l’ÉI le font parce qu’ils en ont adopté les idées, et non parce qu’ils sont dirigés par une autorité centrale.

Pendant que sa campagne se déploie, les ennemis de l’ÉI, en particulier les États-Unis, chercheront à répliquer, mais ils n’y parviendront pas. “L’Amérique ne trouvera pas d’État sur lequel se venger, parce que les seuls États qui restent sont ses clients,” d’après le plan. “Elle n’aura d’autre choix que d’occuper le terrain et d’installer des bases militaires dans la région… ceci la fera entrer en guerre contre les populations locales. Il est évident qu’à ce moment-là cela accélère les mouvements qui favorisent l’expansion djihadiste et crée des vocations chez de nombreux jeunes qui observent les évènements et cherchent un moyen de résistance.

“Ainsi,” poursuit le “stratège de l’ÉI”, la tactique correcte est de “diversifier et d’élargir les frappes de harcèlement partout dans le monde musulman, et même à l’extérieur si c’est possible, afin de disperser les efforts de l’alliance ennemie et ainsi les vider, autant que possible, de leur énergie, de leur volonté et de leurs fonds.”

“Par exemple : si une destination touristique indonésienne prisée par les Croisés est frappée, alors toutes les destinations touristiques dans tous les États du monde devront être protégées par l’emploi de forces additionnelles, ce qui causera une forte augmentation de la dépense.”

Ainsi, dans le cadre de ce plan, l’ÉI a déclaré récemment que ses membres avaient abattu un avion de ligne russe au-dessus du Sinaï, alors qu’il revenait de la station balnéaire égyptienne de Sharm-el-Sheikh au bord de la mer Rouge.

Le plan poursuit : “Si une banque usuraire des Croisés est frappée en Turquie, alors toutes les banques appartenant aux Croisés devront être sécurisées dans tous les pays, drainant ainsi les ressources (c’est à dire le coût de la sécurité).”

“Si des intérêts pétroliers sont frappés près du port d’Aden, d’importantes mesures de sécurité devront être mises en place par l’ensemble des compagnies pétrolières, sur leurs tankers, le long de leurs pipe-lines afin de les protéger, augmentant ainsi les coûts. Si deux des auteurs apostats sont tués dans une opération simultanée dans deux pays différents, ils devront assurer la sécurité de centaines d’écrivains dans les autres pays musulmans.

“Ainsi, il y a diversification et élargissement du cercle des cibles et des attaques, accomplies par de petits groupes séparés. De plus, frapper répétitivement le même type de cibles deux ou trois fois leur montrera clairement que ce type de cibles est vulnérable.”

L’attaque de Paris ne fut pas, comme l’a annoncé le New York Times le 16 novembre, un changement de tactique de l’ÉI ; c’était au contraire un évènement qui s’intégrait parfaitement à sa stratégie à long terme.

“Société combattante”

La troisième étape est constituée de “la gestion de la sauvagerie” afin de créer une “société combattante”. Pour minimiser l’effet de la puissance aérienne de ses ennemis, l’ÉI s’est transformé en État nomade, pratiquement sans frontières. Mais à l’intérieur des zones qu’il contrôle, il a mis en place un programme socio-politique afin “d’unifier le cœur du peuple en fournissant moyens financiers, nourriture et services médicaux et en mettant en place un système judiciaire fondé sur la charia. Sur cette base, il devient possible de créer un État rudimentaire.”

Le “stratège de l’ÉI” a tiré les leçons de la défaite russe en Afghanistan. Comme les Afghans ne pouvaient pas vaincre les Russes dans une bataille rangée, ils ont cherché à provoquer les Russes afin de les obliger à étendre excessivement leurs forces, ce qui les engagea dans un conflit coûteux et sans issue. Ce conflit a acculé l’économie soviétique à la banqueroute, tandis que les méthodes cruelles employées par l’armée Rouge ont coûté à l’Union Soviétique le soutien à la fois de son propre peuple et celui des Afghans. L’Amérique et l’Europe, selon le “stratège de l’ÉI”, peuvent être attirées dans le même piège.

Dans ce combat, le “stratège de l’ÉI” considère la violence comme la stratégie-clé. Elle affaiblit l’ennemi et en même temps agit comme l’école – presque “l’hôpital” social – nécessaire pour transformer les sociétés corrompues actuelles en “véritables croyants” du monde islamique de demain. L’ÉI a pu s’inspirer de Franz Fanon, un psychiatre franco-carribeo-africain, dont le livre, “Les Damnés de la Terre”, a eu une large audience dans le tiers-monde.

Selon Fanon, la violence est “une force régénératrice. … Elle libère l’indigène de son complexe d’infériorité, de son désespoir et de son inaction ; elle le rend courageux et lui rend sa dignité.”

Le stratège de l’ÉI pense la violence dans ces termes, ainsi qu’en termes d’impact sur ses opposants, en écrivant : le djihad “n’est rien que la violence, la cruauté, le terrorisme, la terreur (inspirée aux autres) et le massacre.”

Il doit être conduit sans pitié : “Le djihad ne peut être poursuivi par la douceur. … La douceur est un facteur d’échec dans toute action djihadiste. … Que nous employions la douceur ou la dureté, nos ennemis ne nous épargnerons pas s’ils se saisissent de nous. Donc, il nous est nécessaire de leur donner de quoi réfléchir mille fois avant de s’attaquer à nous…”

“En conséquence, rien ne nous retient de faire couler leur sang ; au contraire, nous voyons que c’est l’une des plus importantes obligations, puisqu’ils ne se repentent pas, qu’ils ne prient pas et ne donnent pas les aumônes (comme l’Islam l’exige). Toutes les religions appartiennent à Dieu.”

Faire “payer l’ennemi” peut être fait partout : “si le régime apostat d’Égypte tente de capturer ou tuer un groupe de moudjahidines (combattants) … les moudjahidines d’Algérie et du Maroc peuvent frapper directement l’ambassade d’Égypte et revendiquer cette action, ou ils peuvent kidnapper un diplomate égyptien jusqu’à ce que le groupe de combattants soit libéré…”

“La politique de la violence exige également que, si les demandes ne sont pas exaucées, les otages doivent être liquidés de la façon la plus atroce, afin de terroriser au plus profond l’ennemi et ses soutiens.”

Comme nous le savons, liquider des captifs de façon atroce est une spécialité de l’ÉI. Mais, si nous regardons l’ensemble des guérillas, nous voyons que cela a été largement pratiqué.

Le petit livre de la guérilla

– La doctrine politico-militaire de l’ÉI que décrit le “stratège” peut être vue comme une version religieuse des guerres dont se réclamaient Mao Zedong et Ho-Chi Minh : une combinaison de terrorisme lorsque c’était la seule option, guérilla lorsque cela était possible quand les zones d’opération étaient sûres, et enfin – lorsque le conflit devenait “mature” – la création d’un État minimal mais belliqueux. Cet enchaînement des faits s’est souvent répété pendant les dix-neuvième et vingtième siècles, comme je l’ai rapporté dans mon livre “Violent Politics”. Cette stratégie est sale, brutale et coûteuse, mais elle a presque toujours réussi. L’ÉI l’a adoptée.

Comme nous le disent les chefs de l’ÉI, de leur point de vue il ne s’agit pas d’un combat “économique, social ou politique” entre des adversaires étatiques pour le contrôle d’un territoire, mais d’une “bataille des esprits,” sous-tendue par une proclamation déterminée de l’Islam. Nous n’avons rien vu de tel dans le monde depuis les grandes guerres de religion en Europe il y a quelque 400 ans.

Pourquoi les nations occidentales plongeraient-elles aujourd’hui dans un tel conflit ? Si nous ne répondons pas à cette question – ou si nous ne sommes pas à la hauteur de la réponse – nous risquons de passer quelques années très douloureuses.

– Le guide de l’ÉI, La Gestion de la Sauvagerie, commence par une analyse du monde dont les musulmans ont hérité des impérialistes et des colonisateurs. Non seulement les musulmans, mais tous les peuples du tiers-monde ont grandement souffert. Et leurs descendants continuent d’entretenir la mémoire de la “destruction de leur âme”. Selon l’ÉI, les grandes puissances et leurs alliés locaux “ont fait plus de victimes que tous les djihads de ce siècle.”

Est-ce seulement une exagération destinée à enflammer la haine de l’Occident ? Malheureusement, non. Que nous nous souvenions de ces évènements ou non, les descendants des victimes, eux, s’en souviennent.

Le souvenir des années qui ont suivi la traversée de l’Atlantique par Colomb devient de plus en plus amer. Alors que les Européens tout d’abord, puis les Américains et les Russes – le monde du “Nord” – ont gagné en puissance relative, ils ont plongé vers le “Sud”, détruisant les États locaux, défaisant les sociétés et supprimant les ordres religieux. L’impérialisme, et l’humiliation et les massacres de masse qu’il a engendrés, bien que largement oubliés par les coupables, sont néanmoins bien présents dans la mémoire actuelle des victimes.

Les chiffres sont ahurissants : dans une région relativement petite d’Afrique, le Congo, où un habitant sur dix est musulman, on estime que les Belges ont tué deux fois plus d’indigènes que les nazis n’ont tué de Juifs et de Roms – 10 à 15 millions de personnes.

Presque aucune société de ce que j’appelle “le Sud” n’est épargnée par le souvenir d’évènements similaires, infligés par “le Nord”. Il suffit de considérer l’histoire militaire récente :

A Java, les Hollandais ont imposé un régime colonial aux indigènes et, lorsque ceux-ci ont tenté de recouvrer leur indépendance, environ 300 000 “rebelles” ont été tués entre 1835 et 1840 ; de même les “rebelles” de Sumatra ont été éliminés entre 1873 et 1914.

En Algérie, après un conflit de 15 ans commencé en 1830, les Français ont volé la terre des locaux, rasé des centaines de villages, massacré un nombre incalculable d’autochtones et imposé un régime d’apartheid aux survivants.

En Asie centrale, les Russes et les Chinois ont appauvri puis expulsé des populations auparavant prospères. Alors dans une âpre guerre dans le Caucase, les Russes, comme le raconte Tolstoï, ont éliminé des sociétés tout entières.

En Inde, après une tentative de révolte en 1857, les Britanniques ont détruit l’Empire moghol et ont tué des centaines de millions d’Indiens. En Libye, les Italiens ont tué environ les deux tiers de la population de Cyrénaïque.

Anciens et nouveaux griefs

On pourrait considérer que tout cela appartient au passé et devrait être oublié. Peut-être, mais il y a d’autres massacres datant de la dernière décennie, et qui ne peuvent être excusés ainsi. Lors de la campagne américaine au Vietnam (un pays non-musulman), le napalm, les bombes à fragmentation et les mitrailleuses ont été suivis par la défoliation, les produits chimiques cancérigènes et un programme d’assassinats qui, au total, ont causé la mort de peut-être 2 millions de civils.

En Afghanistan, les chiffres sont inférieurs, parce que la population est moins nombreuse mais, en plus du demi-million de morts estimé, toute une génération d’Afghans a été “marquée” et n’atteindra jamais sa taille physique normale ou, peut-être, ne développera pas ses capacités intellectuelles. Les victimes dues au conflit russe en Afghanistan ne sont pas connues, mais ne peuvent être inférieures au demi-million. En Irak, on estime qu’à la suite de l’invasion par les É-U en 2003, environ un million d’Irakiens sont morts.

La mort n’est que l’une des conséquences de la guerre ; les survivants doivent faire face à la peur, la famine, l’humiliation et la misère. Alors que la structure même de la société est endommagée, la vie civile est souvent remplacée par la guerre des gangs, la torture, le kidnapping, le viol et la peur généralisée.

En étudiant ces évènements, les mots de Thomas Hobbes décrivant l’humanité avant la civilisation me sont revenus : “pauvre, méchante, brutale et petite.”

Collectivement, ces conséquences de l’impérialisme, du colonialisme et des incursions militaires dans “le Sud” du monde constituent un holocauste fondateur de l’action musulmane, autant que l’holocauste par les nazis a été fondateur pour l’action juive.

Les blessures ne se sont pas entièrement refermées dans bien des sociétés. Nous en voyons la conséquence dans la fragilité – et parfois même la destruction complète – des organisations civiques, dans la corruption des gouvernements ou dans la violence.

Comme l’écrit “le stratège de l’ÉI”, et comme je l’ai entendu de nombreux connaisseurs de l’Afrique et de l’Asie, nous, du “Nord”, pratiquons le deux poids deux mesures dans le domaine racial et religieux. Lorsqu’il arrive qu’”ils” tuent un Européen, nous réagissons bien sûr avec horreur. Mais quand “nous” tuons un Africain ou un Asiatique, ou même quand un grand nombre d’Africains ou d’Asiatiques sont tués par l’ÉI ou par un autre groupe de terroristes, nous le remarquons à peine.

Le 13 novembre, la veille de l’attaque de Paris, une attaque similaire a été perpétrée à Beyrouth, au Liban, dans laquelle 41 personnes ont été tuées et 200 blessées. Presque personne en Europe et en Amérique ne l’a relevée. Ce n’est pas seulement une question morale – bien que cela en soit une aussi – mais cela touche aussi à un aspect fondamental de la question du terrorisme.

Le souvenir de tels évènements explique en grande partie pourquoi de jeunes hommes et femmes, même ceux issus de sociétés sûres et prospères, rejoignent l’ÉI. Mettre de côté cet aspect, comme l’a remarqué récemment un journaliste connaisseur de l’Asie, nous empêchera de comprendre la nature de ce que nous affrontons et comment bâtir une sécurité mondiale.

Insurrections victorieuses

– Les résultats d’une insurrection sont décrits dans mon livre “Violent Politics”. J’y ai montré que dans les deux derniers siècles, dans des sociétés très diverses, en plusieurs endroits d’Afrique, d’Asie et d’Europe, les guérillas ont toujours accompli leurs objectifs malgré les mesures les plus draconiennes de contre-insurrection.

Prenons simplement un exemple, l’Afghanistan : les Russes, puis les Américains ont déployé des centaines de milliers de soldats, un grand nombre de mercenaires et de troupes locales et ont utilisé un niveau de force létale sans précédent au cours d’un demi-siècle de guerre.

Si le résultat n’est pas définitif à ce jour, il est toutefois clair que la guérilla n’a pas été vaincue. L’Afghanistan a été surnommé “le tombeau de l’impérialisme.” Son rôle dans la destruction de l’Union Soviétique a été correctement décrit. Ils n’en n’ont pas encore fini avec nous.

Considérons aussi les résultats dans les régions du monde où les hostilités ont relativement décru. Lorsque j’étais un jeune homme, dans les années 40 et 50, je pouvais aller pratiquement n’importe où en Afrique ou en Asie et être reçu cordialement, être nourri et protégé. Aujourd’hui, partout où j’irai, je serai en danger d’être abattu.

Quelles sont nos alternatives dans ce monde de plus en plus dangereux ? Soyons honnêtes et admettons qu’aucune n’est satisfaisante. La colère et la peur en rendent certaines difficiles voire impossibles à mettre en œuvre. Mais je vais toutes les mettre “sur la table” afin de les évaluer en termes de coûts et d’efficacité potentielle.

La première réponse, qui fut annoncée par les présidents François Hollande et Barack Obama quelques heures à peine après les attaques de Paris, est de s’engager dans une guerre totale. L’Armée de l’Air française a immédiatement procédé au bombardement de zones supposées abriter des camps d’entrainement de l’ÉI.

L’étape suivante, sans doute, et bien qu’aucun des deux chefs n’ait été précis sur ce point, inclura sans doute l’envoi de troupes au sol en Syrie et en Irak, en addition de la campagne de bombardement de ces deux pays maintenant rejoints par la Russie. Il s’agit d’une extension et d’une intensification de la politique déjà en œuvre, et, si l’on en juge par le résultat de l’expérience russe en Afghanistan et de la nôtre en Afghanistan et en Irak, les chances de détruire l’ÉI sont faibles. Ces chances diminueront encore si nous tentons un “changement de régime” en Syrie.

Une seconde option, qui je suppose est envisagée à Washington alors que j’écris ces lignes, est de voir Israël envahir la Syrie et l’Irak tout en utilisant sa puissance aérienne pour augmenter ou remplacer celles qui opèrent actuellement. Cette option serait douloureuse pour l’ÉI mais elle collerait parfaitement à sa stratégie à long terme.

De plus, elle démolirait le bloc anti-ÉI qui émerge actuellement, constitué de l’Iran, de la Russie et de la Syrie. Si Israël avançait cette idée, ce qui me semble probable, celle-ci serait rejetée et Israël recevrait en échange une large compensation.

Une troisième option consisterait pour les États-Unis à cesser leur politique anti-Assad et à rejoindre la Russie et l’Iran dans une campagne coordonnée contre l’ÉI. Bien que cette solution soit plus rationnelle que les deux premières, et qu’elle puisse initialement avoir du succès, je ne crois pas qu’à elle seule elle remplisse nos objectifs.

Les drones et les forces spéciales sont déjà utilisés et continueront à l’être, en appui de l’effort principal, quel qu’il soit, mais ils n’ont pas non plus été décisifs là où ils ont été utilisés. A vrai dire, en Afghanistan, ils ont même été contre-productifs.

Comme l’avait prévu “le stratège de l’ÉI”, ces attaques ne feront qu’augmenter l’hostilité des locaux à l’égard des étrangers, tandis que les combattants de l’ÉI, s’ils sont assez astucieux pour cela, disparaîtront simplement pour réapparaître un autre jour. Pire, en “décapitant” une guérilla dispersée, on ouvrira la voie à de nouveaux chefs, plus jeunes, plus agressifs.

Répression intérieure

Simultanément aux trois options précédemment citées, je tiens pour presque certain que les gouvernements des États-Unis et d’Europe vont renforcer leurs programmes de surveillance sur leur territoire. Contrôle des déplacements, expulsions (en particulier en France) de populations étrangères ou quasi-étrangères, raids dans les zones urbaines défavorisées, surveillance et autres activités de ce type vont augmenter.

Ces tactiques sont ce que l’ÉI espérait. Les dépenses de “sécurité” vont augmenter et des populations seront confrontées à des mesures “vexatoires”. Mais ces politiques n’assureront pas la sécurité. Lorsque des terroristes sont prêts, comme ceux de l’attaque de Paris, à se faire sauter ou à se faire tuer, il faut s’attendre à de nouvelles attaques, quelles que soient les mesures de sécurité.

Quelles sont alors les mesures non-policières et non-militaires ? Quelles options doit-on considérer ? Deux combinaisons d’économie et de psychologie apparaissent :

La première est l’amélioration des conditions de vie de la communauté nord-africaine en France. Les bidonvilles qui encerclent Paris sont un terrain de choix pour recruter des agents de l’ÉI. Une amélioration des niveaux de vie peut faire une différence, mais au vu de l’expérience passée en Amérique et même en France, le “renouveau urbain” n’est pas la panacée.

Même si elle l’était, cette politique serait difficile à mettre en œuvre par l’administration française. Elle serait fort coûteuse, alors que le gouvernement français se considère déjà comme surendetté, et que les sentiments antimusulmans en France étaient déjà vifs avant les attentats de Paris. Maintenant, l’opinion publique se détourne de la solution sociale et incline à la répression.

Comme dans d’autres pays européens, la combinaison de la peur du terrorisme et de l’afflux de réfugiés rendra difficile la mise en œuvre d’une politique décrite comme pro-musulmane.

Il existe une autre approche, peut-être encore plus improbable, et que l’ÉI redoute particulièrement à mon sens. Le “stratège de l’ÉI” nous a dit qu’une des ressources majeures du mouvement est la communauté, mais il a reconnu que, malgré les terribles souvenirs laissés par l’impérialisme, le public est resté relativement passif.

Cette attitude pourrait grandement évoluer sous le coup d’une invasion ou d’une intensification des bombardements aériens. L’ÉI en est convaincu, et que cela ferait basculer un grand nombre de civils, actuellement “neutres”, en soutien des djihadistes, voire en djihadistes eux-mêmes.

Clairement, ce serait à l’avantage des autres pays d’empêcher cela d’advenir.

On peut empêcher, peut-être dans une certaine mesure, la violence de l’ÉI, par des mesures de sécurité, mais je suggère qu’un programme multinational orienté vers des questions de protection sociale, psychologiquement satisfaisant, puisse rendre moins virulents les sentiments de haine dont se nourrit l’ÉI.

Par inadvertance, l’ÉI en a identifié pour nous les éléments cruciaux : combler les besoins des communautés, offrir des compensations aux transgressions récentes, et lancer des appels à un nouveau départ. Un tel programme n’aurait pas besoin d’être massif, et pourrait se limiter, par exemple, aux enfants en établissant des mesures de santé publique, en fournissant des améliorations en nourriture et vitamines.

Des organisations existantes (comme Médecins Sans Frontières, la Fondation Rostropovitch, la Croix Rouge et le Croissant Rouge) pourraient mener à bien ce projet, et, en vérité, elles en font déjà beaucoup. L’ajustement serait surtout psychologique – sur la volonté des nations de reconnaître leurs torts – comme nous l’avons vu dans le cas des “excuses” allemandes pour l’holocauste ou l’absence de remords des Japonais pour le sac de Nankin. Cela coûterait peu et ferait beaucoup, mais à l’heure actuelle cela paraît illusoire.

Ainsi donc, malheureusement, je crains que nous nous dirigions vers une nouvelle décennie de peur, de colère, de misère et de perte des libertés fondamentales.

William R. Polk – le 17/11/2015

http://www.blog.sami-aldeeb.com/2016/02/05/dans-le-piege-de-letat-islamique/

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59% des Français accusent les Juifs d'être responsables de l’antisémitisme

Plus de la moitié des Français estiment que les Juifs sont eux-mêmes responsables de l’antisémitisme, du moins en partie, selon le sondage de la Fondation du Judaïsme Français.

3% des personnes interrogées ont déclaré que les Juifs étaient entièrement responsables de l'antisémitisme, 14% pensent qu'ils le sont en partie. La moitié des sondés ont estimé que les Juifs détiennent plus de pouvoir et sont plus riches que le Français moyen.

13% des sondés estiment qu'il y a trop de Juifs en France, alors qu'en réalité la diaspora juive ne représente qu'un peu plus d'un pourcent de la population du pays, rapporte l'Independent.

Près de 1005 personnes ont participé à ce sondage, ils représentent, selon les organisateurs, toutes les couches sociales et toutes les catégories d'âge.

Les juifs de Marseille appelés à enlever la kippa

Lors de ces dernières années, l'antisémitisme est en hausse en France. Le nombre de crimes antisémites a augmenté de manière conséquente, et sont, selon la police, de plus en plus féroces. Durant l'année 2015, près de 8.000 personnes ont quitté la France pour Israël. Ils sont encore plus nombreux à avoir déménagé au Canada et au Royaume-Uni. Les autorités françaises cherchent de leur côté à inverser cette tendance en incitant les Juifs de France à rester dans le pays.


Lire la suite: http://fr.sputniknews.com/france/20160204/1021469815/londres-ong-juifs-france.html#ixzz3zD44KlxW

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Le savant palestinien Samir Saïd : Les juifs ont une nature criminelle, satanique et sont les ennemis de l’Humanité

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Dans une interview du 22 janvier 2016 sur la chaîne Al-Majd, le savant palestinien Samir Saïd parle de la « nature criminelle et satanique » des juifs, qui sont « les ennemis de l’Humanité », et qui « ont tué 70 prophètes en un seul jour ». Saïd est un membre du Comité de Jérusalem de l’Union internationale des savants musulmans (UISM).

Extraits :

Journaliste : Parlons de l’histoire célèbre des crimes des juifs, depuis l’ère des Israélites, et de leurs crimes contre les personnes les plus nobles de cette époque, les prophètes et les messagers, qui furent les cibles de leurs graves crimes, dont des meurtres et des assassinats. Parlons de l’histoire des détentions perpétrées par les juifs.

Samir Saïd : D’abord, soulignons que les juifs sont réellement les ennemis de l’Humanité. Ce sont les ennemis des prophètes et des messagers, selon le Coran. En conséquence, ils ont tué les prophètes, d’après plusieurs versets. Ils ont tué 70 prophètes en un seul jour, et les ont enterrés dans leurs puits, puis ils sont immédiatement partis travailler dans leurs marchés, leur marché de légumes et d’autres marchés.

Les juifs ont une nature criminelle et satanique. Ils ne se soucient pas des autres, mais seulement de leurs intérêts mondiaux. Ils considèrent que toutes les autres nations du monde sont des Gentils, ou en d’autres termes, des ânes à chevaucher.

Journaliste : Tout le monde ?

Samir Saïd : Oui, les musulmans, les chrétiens. Tout le monde. Ils voyaient toute l’Humanité de cette manière. Ils les chevauchent, pour atteindre les objectifs des juifs dans ce monde. Si vous étudiez l’histoire, vous découvrirez qu’ils ont même empoisonné le Prophète Mahomet et qu’ils l’ont tué.

http://www.memri.fr/2016/02/04/le-savant-palestinien-samir-said-les-juifs-ont-une-nature-criminelle-satanique-et-sont-les-ennemis-de-lhumanite/

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Monsieur le Premier Ministre,
Monsieur le Ministre de l’intérieur,
Monsieur le Préfet,Lutter contre la haine et les actes antisémites, nécessite non seulement une lutte implacable envers ceux qui passent à l’acte mais cela nécessite également d’agir fermement pour démanteler l’idéologie antisémite à sa source, dans la presse, les médias et sur internet!Des sites d’une violence antisémite effroyable, comme celle du palestinien PANAMZA ( qui a fait l’objet d’une étude implacable sur France 2 dans l’émission «Envoyé Spécial» du 7 janvier dernier) ou d’EUROPALESTINE ( qui a pour un objet social illicite, celui de boycotter Israël), parmi tant d’autres, sont les véritables vecteurs de cet antisémitisme de France et se traduisent, inéluctablement, par le passage à l’acte et la violence criminelle !Il est du devoir du gouvernement d’y mettre fin sans attendre l’action répressive des associations antiracistes !!!Ces sites déstructurent l’esprit de notre jeunesse, en se drapant dans une apparence de «journalisme objectif», ces sites, et notamment PANAMZA, diffuse l’antisémitisme ancestrale le plus virulent, véhiculent un abominable négationnisme non seulement historique mais surtout contemporain et banalisent le mal en le faisant passer pour le bien !Ce faisant, et dans le contexte actuel de l’État d’Urgence, cette diffusion de la théorie du complot et de la haine antisémite ne peuvent que perturber notre jeunesse et l’amener à la dérive !Le site PANAMZA, comme d’ailleurs quelques autres, cultive la théorie du complot et la haine du juif mais de surcroît il est nuisible à la cohésion nationale car il nuit à l’image du musulman français et à ceux qu’il prétend défendre comme les palestiniens.Contrairement à ce que pense ce monsieur HAMZA, de nombreux palestiniens, dont on ne partage pas toujours l’analyse politique mais qui sont sincères et honnêtes, ne partagent pas l’outrance de ceux qui prétendent les défendre et, de fait, nuisent à leur cause.Monsieur HAMZA sur son site PANAMZA n’assène que certitudes fantasmatiques et haineuses. Il se plait à détruire le cerveau de nos enfants de la même manière que les terroristes se plaisent à prendre la vie de nos adolescents!

Au-delà de l’ignominie de ces propos, dans le contexte actuel, cela devient criminel.

Ce site nuit à l’image des musulmans humanistes et met en danger la vie des français de confession juive.

Les protagonistes de cette haine n’agissent pas, contrairement à ce qu’ils disent, pour changer la vie, défendre les plus démunis ou les laissez-pour-compte de la société. Non, bien sûr que non! Ils le font parce qu’ils sont aigris, parce qu’ils ont échoué à aimer et à être aimé, parce qu’ils ne voient les autres qu’au travers de leur propre vie, celle de la médiocrité et de l’insignifiance.

Puisqu’ils ne savent pas vivre ils veulent empêcher les autres de vivre, ils veulent détruire notre art de vivre et paralyser la vie de ceux qui savent en jouir, de ceux qui savent aimer et partager !

Voilà leur véritable objectif: effacer le ratage de leur vie, contaminer notre jeunesse par la haine et le désespoir !

Voilà , Monsieur le Premier Ministre, Monsieur le Ministre, Monsieur le Préfet, ce qui est véhiculé sur ces sites.

C’est pour toutes ces raisons là qu’il est impératif que vous interdisiez ces sites, et notamment celui de PANAMZA qui ose se targuer de «journalisme responsable»; il est impératif d’empêcher que le venin antisémite, antichambre du terrorisme, ne puisse se répandre impunément.

Enfin, nous demandons la dissolution d’EUROPALESTINE pour la bonne raison indépendamment de ses écrits ou sites antisionistes et antisémites, ils ont modifié l’objet social de leur association en 2005 pour y ajouter un objet illicite celui du boycott d’Israël dans les termes suivants: «agir contre l’importation, contraire à l’ordre international public, vers l’Union Européenne des produits issus des colonies implantées en territoires occupés, et plus généralement, contre toutes actions économiques, politiques ou autres, ayant pour finalité ou pour conséquences de favoriser la colonisation des territoires palestiniens et/ou la spoliation des droits inaliénables du peuple palestinien». Or, le boycott a été déclaré illégal non seulement par le Président de la République, le Premier Ministre, le Ministre de l’Économie, le Ministre de la Justice et le Ministre de l’Intérieur, mais également par notre Cour de Cassation.

Or, nul n’ignore qu’une association ne peut avoir un objet social illicite.

Nous demandons donc, tout simplement, de faire respecter la loi.

Pour tous ces motifs, nous demandons au Premier Ministre et au Ministre de l’Intérieur de mettre en adéquation les actes avec tous les discours, de faire respecter la loi, de lutter contre l’antisémitisme dans les faits et, par conséquent, d’interdire la diffusion des propos haineux et antisémites qui fusent quotidiennement sur les sites de PANAMZA et d’EUROPALESTINE ainsi que de dissoudre EUROPALESTINE dont l’objet social est illicite !

Respectueusement,

SIGNEZ ET FAITES SIGNER LA PÉTITION CI-DESSOUS

http://www.cjfai.com/eventmaster/2016/02/03/signez-la-petition-pour-interdire-le-site-panamza-et-dissoudre-europalestine-3/

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Un journaliste irakien conteste l’idée que l’EI n’aurait rien à voir avec l’islam

Dans un article intitulé « Le terrorisme est-il vraiment sans lien avec la religion ? » publié dans le quotidien irakien pro-iranien Al-Akhbar, le journaliste irakien Fadel Boula s’élève contre l’argument, souvent entendu dans le monde arabe et ailleurs, selon lequel le terrorisme de l’Etat islamique (EI) et des groupes de son acabit n’a rien à voir avec l’islam. Il souligne que ces organisations terroristes sont motivées par une idéologie salafiste extrémiste et affirme que leurs atrocités représentent la volonté et les ordres d’Allah.

Extraits : [1]

[Le terrorisme est-il vraiment sans lien avec la religion ?] Ce slogan est scandé concernant le terrorisme, comme si [le terrorisme] reflétait une image totalement indépendante de l’affiliation religieuse de ses auteurs, et comme s’il n’existait pas d’objectifs ou de valeurs religieuses l’animant, mais uniquement un état de démence qui déchaînerait ceux qui en sont atteints, les rendrait inconscients de ce qu’ils font ou de ce [qu’ils cherchent] à obtenir par leurs actions, [actions] qui dégoûtent non seulement les êtres humains, mais [même] les bêtes de la jungle.

Le terrorisme qui secoue actuellement le monde n’est pas une catastrophe naturelle comme une tornade, une tempête ou un tremblement de terre, et n’est pas perpétré par des tribus sauvages. Il est perpétré par des gens qui s’y engagent [car ils sont] inspirés par une idéologie religieuse. [Ces gens] prônent l’application et la diffusion de cette idéologie, [qui constitue un ensemble de] principes dogmatiques devant être imposés par la force de l’épée, et qui [donnent lieu à] des tueries, des expulsions et des destructions où qu’ils aillent.

Depuis ses débuts, ce mouvement terroriste a épousé une idéologie salafiste qui prône l’extrémisme religieux et a lavé le cerveau de gens de tous âges, ralliés autour de sa bannière, [des gens qui ont été] formés à se suicider et à tuer pour atteindre le martyre.

Les organisations terroristes qui agissent au nom de la religion sont nées lorsque [les moudjahidines] ont proclamé le djihad au nom de l’islam contre les forces soviétiques en Afghanistan. C’était le cheikh saoudien Oussama Ben Laden qui a posé la pierre angulaire de la première cellule [terroriste], qu’il a nommée Al-Qaïda. Plus tard, il a appelé à lancer une guerre au nom de la religion, et de jeunes croyants, influencés par les fatwas de [religieux] extrémistes, notamment saoudiens, ont afflué [en Afghanistan] depuis les pays musulmans.

[Ensuite, Abou Mousab] Al-Zarqawi a créé une branche d’Al-Qaïda en Irak, qui a pris le nom d’ « Etat islamique en Irak », et s’est récemment établie dans la ville de Mossoul, où elle a fusionné avec son homologue syrien. Ainsi, est soudainement apparue une organisation terrifiante [l’EI], qui se présente comme porteuse du message et de la bannière de l’islam. [Imitant les premières] conquêtes musulmanes, cette organisation a envahi l’Irak et la Syrie et nommé un calife pour les musulmans, Abou Bakr Al-Baghdadi, qui s’est installé à Mossoul, et a montré à ses habitants ce que cela signifiait qu’être dirigés par un gouvernement qui [revient] 1 400 ans [en arrière], dans le traitement [qu’il leur inflige] et le pillage de leurs terres. Les envahisseurs ont attaqué la population de Mossoul et de la Syrie orientale, les ont arrêtés par centaines et les ont soumis à leur joug, puis ont isolé les chrétiens parmi eux et leur ont offert deux options : soit se convertir à l’islam, soit payer l’impôt d’allégeance, comme cela était arrivé à leurs ancêtres lorsque les Arabes avaient attaqué leurs pays, à l’époque du calife Omar Al-Khattab [583-644]. Lorsque [les chrétiens] ont refusé cette humiliation, l’EI a confisqué leurs biens, les a chassés de leur foyer ancestral, la province de Ninive, et les a fait errer sous les cieux, démunis, à la recherche de secours et de sécurité.

Quant aux yézidis, leur détresse fut et demeure un désastre historique qui leur a été infligé par le calife craignant Dieu [Al-Baghdadi], lorsqu’il a appliqué les concernant le verset sur les infidèles, à savoir le choix entre deux options : [soit] se convertir à l’islam, soit mourir et voir leurs biens, leurs femmes et leurs enfants capturés. Nous voyons sans cesse des images de gens innocents tués et décapités par ces terroristes, qui massacrent leurs victimes aux cris d’ « au nom d’Allah le miséricordieux » et d’ « Allah Akbar ». Tous ces crimes sont perpétrés [prétendument] avec l’approbation d’Allah, et par ceux qui prient Allah jour et nuit avec ferveur et agissent toujours selon Sa volonté.

Lorsque les terroristes ont fait exploser le World Trade Center et plusieurs avions, faisant des milliers de victimes, Oussama Ben Laden, entouré des siens, a déclaré à la télévision : « Ceci est une victoire d’Allah ». Et à présent, l’EI se vante d’avoir tué des innocents à Paris, affirmant que cela a été « accompli avec l’approbation d’Allah », et menaçant que la prochaine attaque aura lieu aux Etats-Unis, avec l’aide d’Allah. Et [cheikh Youssouf] Al-Qaradhawi et d’autres de son acabit prient et souhaitent que, dans le sillage de cette vague terroriste, le jour viendra où les musulmans inonderont l’Europe et la soumettront à l’islam. Cela ne suffit-il pas pour [nous] convaincre que le terrorisme a [bien] un lien avec la religion ?

Note :
[1] Al-Akhbar (Irak), 18 novembre 2015.

Lien vers l’article an anglais

http://www.memri.fr/2016/02/03/un-journaliste-irakien-conteste-lidee-que-lei-naurait-rien-a-voir-avec-lislam/

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Sous pression, l’UOIF renonce à ses invités les plus extrémistes

C’est une victoire. Suite à l’alerte lancée par Mohamed Louizi sur ce site, de nombreuses voix, à gauche et à droite, se sont fait entendre pour demander qu’on ne laisse pas des prédicateurs connus pour leur apologie du terrorisme faire leur marché en France, à l’invitation (habituelle) de l’UOIF.

Le Rencontre Annuelle des Musulmans du Nord (tendance Frères musulmans) doit se tenir ce week-end à Lille sous la houlette d'Amar Lasfar. Or plusieurs des conférenciers annoncés tiennent des propos des invitant à tuer les Apostats, les Juifs, les Homosexuels ou incitent au Jihad armé. Ce qui ne relève donc pas de la liberté d'expression, mais de l'apologie du terrorisme et de l'incitation à la haine.

Le ministère de l’Intérieur semble avoir examiné tous les recours légaux pour prévenir ce risque. Mais contrairement à ce que l’on peut penser, l’Etat d’urgence ne permet ni d’interdire une réunion ni des mesures si exceptionnelles. Surtout lorsque les intervenants controversés possèdent des visas (notamment suisse) ou un passeport diplomatique, comme le député marocain, pro-Hamas et antisémite, invité à parler.

Refusant de prendre une mesure qui sorte du cadre légal, le ministère de l’Intérieur a choisi une autre option, qui s’est révélée efficace. Bernard Cazeneuve a notamment fait paraître un communiqué mettant en garde les organisateurs : "Tout propos tombant sous le coup de la loi donnera lieu à des poursuites immédiates et fera l'objet des sanctions appropriées."

Sou pression, Amar Lasfar et la Ligue islamique du Nord ont rennoncé à faire venir trois des prêcheurs les plus controversés (Mohamed Rateb Al-Nabulsi, Abouzaïd Al-Mokri et Abdallah Salah Sana’an), non sans avoir tenté d'expliquer qu'il s'agissait de savants reconnus.

Que les partisans de la liberté d’expression au service de la haine (défendre l’apologie du terrorisme mais menacer ceux qui critiquent les islamistes) se rassurent. Les propagandistes intégristes habituels, Frère Tariq Ramadan et frère Nabil Ennasri seront, eux, bien au rendez-vous.

http://www.ikhwan.whoswho/blog/archives/9782

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« Chaque attentat renforce le rejet de l'islam »

Daniel Pipes, 66 ans, titulaire d'un doctorat en islam médiéval de l'université de Harvard, préside le Middle East Forum, basé à Philadelphie. Il appartient au courant néoconservateur américain.

LE FIGARO. - Vous voyez les tensions entre musulmans et chrétiens dans les sociétés occidentales comme un ferment de guerre civile. Pourquoi ?

Daniel PIPES. - Le rejet de l'islam ne cesse de monter en Europe et aux États-Unis. Cela a commencé en 1989 avec l'affaire Salman Rushdie au Royaume- Uni, et avec le débat sur le port du foulard en France. Aujourd'hui, les partis politiques qui prospèrent sur le rejet de l'islam représentent partout de 20 % à 30 % de l'opinion. Un consensus prétend que ça va s'arrêter là, mais je ne le crois pas du tout. Ces mouvements peuvent grandir jusqu'à prendre le pouvoir. À chaque attentat, des citoyens changent d'avis sur l'islam. De leur côté, les musulmans se sentent très forts, et ils vont encore étendre leur influence. La guerre civile, vous l'avez déjà de temps en temps - par exemple, lors des émeutes de 2005 dans les banlieues françaises.

Pensez-vous que l'islam était le principal ressort de ces émeutes ?

Nous étions face à un phénomène culturel, religieux, communautaire. Une colère nourrie à la fois d'un sentiment de supériorité et d'humiliation de la « nation musulmane ». Le fait est que, depuis, le fossé se creuse entre les musulmans et les non-musulmans.

« L'islamisme est la troisième idéologie totalitaire, après le fascisme et le communisme, et il connaîtra le même sort »

Vous êtes à l'origine du concept de « no-go zones » (zones qui seraient interdites aux autorités, à certaines catégories de la population, NDLR), dont l'exploitation par la chaîne Fox News avait choqué en France...

J'ai personnellement visité vingt-huit de ces zones : aux États-Unis, en Australie, en Suède, en Grèce, en Allemagne, en Belgique et particulièrement en France - à Paris, Marseille, Montpellier... Votre gouvernement les appelle « zones urbaines sensibles » et en recense 751. Moi, je dis que ce sont des « no-go zones partielles », des zones d'accès limité : si je m'y rends seul et habillé de façon ordinaire, je n'ai pas de problème ; mais quand je suis allé à La Castellane avec un élu dans une voiture identifiée de la mairie, nous avons reçu une grosse pierre qui a détruit le pare-brise. Nous avons filmé la scène et donné la vidéo aux autorités il y a un an : il ne s'est rien passé.

Que pensez-vous de la suggestion de Donald Trump d'interdire l'entrée des États-Unis aux musulmans ?

C'est absurde et impossible. En revanche, on pourrait et on devrait interdire les islamistes, via un processus d'enquête et d'interrogatoires. Je ne supporte pas M. Trump. Il n'a pas de principes, il insulte tout le monde, c'est un néofasciste qui ne veut que le pouvoir. Il ne comprend pas et n'accepte pas le système américain. À cause de cela, il ne sera pas président des États-Unis.

Vous souhaitez que l'islam produise « une façon constructive d'être musulman au XXIe siècle » : qu'est-ce que cela signifie concrètement ?

Il y a une guerre civile au sein de l'islam pour savoir ce que c'est qu'être musulman. Chaque religion est amenée à décider, à tout moment, ce qu'elle doit garder et rejeter de la tradition. Par exemple l'esclavage. Ou l'homosexualité : ce que dit la Bible est clair, cela n'empêche pas l'Église d'en débattre. Les musulmans anti-islamistes, ou réformateurs, représentent un courant très faible, mais nous devrions les soutenir. Certains commencent à comprendre qu'ils doivent agir, s'organiser, lever de l'argent. Des dirigeants politiques le font déjà, au Pakistan, en Égypte, en Jordanie, au Maroc, mais il faut aussi des leaders religieux.

« Il y a une guerre civile au sein de l'islam pour savoir ce que c'est qu'être musulman. Chaque religion est amenée à décider, à tout moment, ce qu'elle doit garder et rejeter de la tradition. »

En l'absence de véritable hiérarchie religieuse dans l'islam sunnite, qui peut discréditer les islamistes ?

L'islamisme a deux grandes faiblesses : ses divisions internes (les factions n'arrêtent pas de se battre entre elles) et son impopularité (de l'Iran des mollahs à l'Égypte des Frères musulmans). Donc, soit ce courant politique évolue, à la façon du communisme chinois par exemple, soit il finira par disparaître. Cela prendra peut-être un demi-siècle. Mais l'islamisme est la troisième idéologie totalitaire, après le fascisme et le communisme, et il connaîtra le même sort.

La guerre menée en Syrie et en Irak contre l'État islamique est-elle la bonne méthode ?

Daech constitue l'expression la plus extrême qu'on ait vue de l'islamisme. Jusque-là, on croyait que c'était l'Iran, puis les talibans... Le califat, c'est la restauration d'un modèle disparu depuis onze siècles - un peu comme Mussolini croyait réincarner l'empereur romain. Mais quelle puissance représente-til ? Presque rien, surtout face aux plus grandes armées du monde. Je vois des chances raisonnables que l'EI disparaisse cette année - du moins en tant qu'État, même si son influence continue. Objectivement, l'Iran représente à mes yeux une menace bien plus grande, avec son armée, ses ressources et sa quête de la bombe atomique.

Vous étiez partisan de l'invasion de l'Irak en 2003 : quelle leçon en tirez-vous ?

Cela a été mal fait : il fallait juste se débarrasser de Saddam Hussein et quitter le pays. On aurait économisé 5 000 vies américaines et 1 000 milliards de dollars. Et on n'aurait pas vu notre influence diminuer autant.

Avec l'afflux de migrants, c'est l'Europe qui est maintenant en première ligne face au chaos...

Angela Merkel a commis une folie incroyable en invitant tous les Syriens. Son pays et l'Europe vont le payer très cher. Le Liban, la Turquie, la Jordanie sont les terres d'asile naturelles pour les réfugiés. En Europe, c'est de l'immigration illégale.

Par Marie-Laetitia Bonavita et Philippe Gélie
http://fr.danielpipes.org/16483/attentat-rejet-islam

malaassot.com

http://malaassot.over-blog.com/2016/02/chaque-attentat-renforce-le-rejet-de-l-islam.html?utm_source=flux&utm_medium=flux-rss&utm_campaign=politics

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Magnitude de haine sur l’échelle arabo-musulmane

Dans la société arabo-musulmane, existe bel et bien une culture de la haine transmissible de génération en génération, d’un pays musulman à un autre. Abondamment, cette haine se manifeste dans le discours politique, culturel, littéraire, idéologique, religieux, artistique et médiatique. Une haine structurée et graduée.

Une haine qui prend son élan selon le thème traité. Et il y a des sujets récurrents et préférés dans la société arabo-musulmane pour le bon élevage et la bonne conservation de cette culture haineuse et venimeuse.
Dans ce texte, j’essaie d’établir une première liste des sujets où la haine musulmane est hautement célébrée, dans le conscient comme dans l’inconscient, dans la culture savante comme dans la non-savante.
1. La femme, par excellence, est le sujet, l’être, qui est frappé par la haine dans la plus haute magnitude sur l’échelle arabo-musulmane. Haine de toutes les couleurs. De tous les coins. Dans toute notre histoire. Dans tous les langages et les langues. Elle est maudite dans le discours religieux. Elle est abominée dans le discours politique hypocrite. Elle est détestée dans la culture familiale machiste. Elle est le serpent dans la société. Elle est la source de tous les maux qui tombent depuis la nuit des temps. Elle est Satan. Elle est la cause de la souffrance de l’homme depuis son éjection du Paradis dans le texte religieux. Et en somme, c’est à cause de la femme que les musulmans sont sous-développés ! À cause d’elle, ils ont faim, ont soif ! À cause d’elle, ils sont battus dans les guerres ! À cause d’elle, ils sont analphabètes !
2. Le juif : il est le centre d’une haine que les sociétés arabo-musulmanes trainent en elles depuis des siècles. Aucun rapport avec l’État d’Israël colonial. Il est l’avare. Il est infidèle. Il est le malin. Il est l’hypocrite. Il est le colonisateur ou la main de la colonisation. Il est Satan. Il est l’impropre. Il se marie avec sa sœur. Celui qui accapare toutes les richesses arabo-musulmanes. En somme, le juif comme la femme est à l’origine de toutes les décadences arabo-musulmanes, les anciennes et les modernes ! Sans les juifs sur terre la société arabo-musulmane aurait été un paradis sur terre !
3. L’Occident dont l’image est généraliste. Cet Occident est le colonisateur. Le voleur des richesses. Le chrétien. Il est l’athée !! laïc. Il est l’immoraliste. Il est le bras droit du juif. Il est le meneur des droits de la liberté des femmes. Il est la terre de l’homosexualité infecte. Il est la source de toutes les pollutions terrestres. Il est le signe de la fin du monde. En somme, cet Occident est la source de tous les maux et les guerres que subit l’islam !
4. La société arabo-musulmane déteste la laïcité. Le laïc est l’ennemi numéro un de la religion musulmane. Il est le fruit de l’Occident mécréant. Il est l’allié du communiste, son frère de lait. Ils sont sortis du même œuf ! En somme, le laïc est la source de tous les égarés dans la société arabo-musulmane. Donc il faut nettoyer cette société de tous ces vauriens. Le laïc appartient à une race à éliminer.
5. L’athée est un microbe mortel. Un poison. Une fabrication de l’Occident. Une confection juive. D’ailleurs Einstein est un juif ! l’athée est une créature à éliminer.
6. Le communiste est le fruit des juifs. Le communisme est créé par les juifs pour faire face à l’islam. Le communiste se marie avec sa mère et sa sœur ! D’ailleurs Marx est un juif !!!
7. La société arabo-musulmane déteste les droits de l’homme. Il n’y a de droit que les droits d’Allah prescrits dans Son Livre. Ces droits de l’homme sont le fruit de l’Occident athée, l’idée des juifs en partenariat avec les communistes et les femmes nues !! En somme, il faut préserver la société arabo-musulmane de tous les aboyeurs pour les droits de l’homme !!
8. La société arabo-musulmane vomit tout respect à la notion du temps. Même si l’horloge, colportent les conteurs, est une fabrication de l’ère de Haroun Er-Rachid, en ce temps des chrétiens, des juifs, des femmes et de téléphone cellulaire elle est utilisée pour d’autres raisons. Pour d’autres objectifs, pour fixer les heures d’appel à la prière! La société arabo-musulmane n’a aucune estimation, aucune considération pour le temps, parce que le temps est lié au travail, parce que le travail est lié au capital, parce que le capital est l’image du juif et de l’Occident athée. Si la société arabo-musulmane hait la femme, mère, épouse, sœur, aimante, si la société arabo-musulmane abhorre le juif porteur lui aussi d’une religion monothéiste, si la société arabo-musulmane honnit le chrétien porteur d’une autre religion monothéiste, s’il est contre les droits de l’homme, refuse de vivre son temps avec tout ce qu’il y ait de bien et de mal… cette société arabo-musulmane est égarée dans les contrées les plus dévoyées !! Avec cette haine de haute magnitude sur l’échelle arabo-musulmane qui, dans le monde, résistera à ce séisme et préservera l’amitié de l’arabo-musulman ?

A. Z.
aminzaoui@yahoo
.fr

http://www.blog.sami-aldeeb.com/2016/01/31/magnitude-de-haine-sur-lechelle-arabo-musulmane/

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Notre ami le Rabbin Philippe Haddad, dont Yerushalaïm a publié plusieurs études précieuses, a fait paraître l’an dernier un livre, petit par le volume (118 p.), mais d’une remarquable densité et profondeur, sur la vie et l’œuvre du Meiri, rabbin catalan du 13e. siècle. Ce rabbin demeure célèbre pour la tolérance qu’il a manifestée à l’égard des autres confessions monothéistes, Christianisme et Islam, en dépit des péripéties conflictuelles et parfois dramatiques qui ont marqué, comme on le sait, les relations de ceux-ci avec le Judaïsme.

L'auteur a consacré la première partie de son livre à présenter un survol de la vie de la diaspora juive en terre chrétienne (et musulmane) après la destruction du second Temple en 70. Yerushalaïm recommande à ses lecteurs la lecture de ce livre et, pour les y encourager, en présente ci-dessous un condensé succinct composé par Joël Putois

Le Meiri en son temps

Depuis la destruction du premier Temple, la Judée a été constamment occupée (Babyloniens, Perses, Grecs, Romains), par des nations polythéistes. Cela ne signifie pas que l’homme en soit diminué dans sa dignité. Ainsi tout être humain porte l’image divine en lui, le monde repose aussi sur les justes des nations et l’espérance messianique envisage une fraternité universelle. Mais pour l’heure, les nations étaient idolâtres et la mémoire d’Israël était trop marquée par les guerres, l’occupation de sa terre et les exils.

L’essor de l’Eglise et la conversion de Constantin, baptisé en 337, ne feront que renforcer ce sentiment. Pour le Judaïsme, la divinité, voire la messianité de Jésus sont contestées, l’attitude des Pères (mesures discriminatoires) et la naissance d’un antisémitisme théologique (les thèses du Verus Israël ou du déicide) consomment définitivement la rupture. De la part de l’Islam, les Juifs auraient pu espérer un meilleur traitement. Mais les rapports avec Mahomet deviennent tendus et le juif (comme le chrétien) est défini dans le Coran comme dhimmi (protégé). La porte reste ouverte sur l’ambiguïté entre tolérance réelle et vexations, pogroms, expulsions qui, même s’ils furent moins fréquents qu’en terre chrétienne, vont marquer la mémoire juive.

En réaction, le regard porté par le judaïsme rabbinique sur le monde non-juif dans sa globalité restera méfiant. Certes, les juifs sont en exil chez les nations et se doivent de respecter les lois et coutumes des pays d’accueil. Mais au plan confessionnel, la seule théorie positive portée sur le christianisme et l’islam est qu’ils préparent le monde à la reconnaissance du Dieu Un.. Cela n’implique pas qu’ils possédassent une valeur intrinsèque.

Dans ce contexte, la thèse du rabbin Ménahem Haméiri, que l’on peut taxer de libéral (son principal ouvrage est aujourd’hui encore cité en référence dans les académies talmudiques les plus orthodoxes), va constituer une véritable révolution intellectuelle et spirituelle. Alors que ses contemporains utilisent l’immense jurisprudence du Talmud pour étayer leur méfiance à l’égard de la Gentilité, c’est du cœur même de cette casuistique que ce rabbin perpignanais puisera ses propres arguments pour offrir une pensée religieuse philosophique et scientifique ouverte. Il n’est pas exagéré de voir en lui un précurseur des penseurs des Lumières et de la Science du Judaïsme.

En ces prémices du 21e. siècle qui débutent en Occident, et notamment en France, par une effervescence du dialogue inter-religieux, mais aussi où la violence et la passion meurtrière au nom de Dieu (quel Dieu ?) sont malheureusement toujours vivaces à travers la planète, nous pensons qu’un auteur comme Ménahem ben Salomon, dit Le Méiri, de Perpignan, mérite d’être connu pour que le dialogue entre hommes de foi et de bonne foi puisse se poursuivre pour la paix des cœurs.

Le contexte socio-spirituel

Après la destruction du second Temple en 70, les Juifs, suivant les légions romaines s’installent en Gaule du sud puis émigrent au nord et au temps de la première croisade la population juive de l’Europe de l’ouest et du nord est estimée à 20.000 personnes. Les Carolingiens et les Mérovingiens les ont appréciés car ils sont polyglottes, cultivés et possèdent un tissu de relations dans toute l’Europe et au-delà de la Méditerranée. Mais, peu à peu le clergé au début du Xe. siècle est suspicieux à leur égard et cherche à les amoindrir pour avoir refusé la messianité du Christ et avoir commis le déicide. Au départ de la première Croisade les Juifs de Rhénanie sont massacrés en grand nombre. Les papes protestent et la Bulle ‘’Sicut Judeacus’’ du pape Callixte II (vers 1120) garantit la protection des Juifs et demeurera en vigueur durant tout le Moyen Age. Mais le départ des Croisades suivantes de France et d’Angleterre sont l’occasion de nouveaux massacres.

En 1215, au Concile de Latran, des discriminations sont appliquées aux Juifs dans leurs relations avec les Chrétiens. A l’hostilité religieuse s’ajoute une hostilité économique. Les souverains balancent entre le souhait de voir les Juifs stimuler par leur savoir-faire l’économie locale et la tentation de les chasser pour les spolier de leurs biens. Philippe Auguste puis Philippe le Bel auront recours à ces manœuvres.

Dès le 11e. Siècle, dans la France du nord, le judaïsme subit l’influence culturelle du milieu ambiant. Les érudits juifs répandent l’exégèse biblique et talmudique. Le plus célèbre est Salomon Itshaki, dit Rachi (1040 – 1105). Les maîtres abondent en Occitanie (Narbonne-Montpellier). C’est là que dès le XIIe. Siècle s’organise les premiers cénacles kabbalistes.

Globalement, les Juifs vivent en paix dans cette France du sud, bien qu’ils restent toujours dans un statut d’infériorité sur le plan religieux et soumis aux bonnes grâces du prince et de l’Eglise. Persiste donc le risque d’être pris pour bouc-émissaire, jamais à l’abri d’une expulsion ou d’un massacre. Mais comparé au pays du Nord ou à l’Andalousie almohade, il fait bon vivre en terre catalane. C’est là que naît le Méiri en 1249 à Perpignan où il mourra en 1316.

Le Méiri, son rôle dans les péripéties de l’époque

Il reçoit une ample culture générale et biblique et, doté d’un esprit de synthèse, il harmonise les méthodes classiques d’enseignement ashkénase, sépharade, française (Rachi-tossafiste). Habité par deux cultures, comme Maïmonide, il est à l’aise aussi bien dans la jurisprudence rabbinique que dans la pensée aristotélicienne. Ceci le conduit à être un homme de dialogue et d’ouverture d’esprit. Il rejette tout autant l’astrologie divinatoire, les formules magiques tirées des versets bibliques, les amulettes, etc., mais aussi le rationalisme froid et sans ferveur. Il fait partie des sages de la voie moyenne

Il est célèbre par deux ouvrages principaux : « Hibbour Hatéchouva », traité de la Repentance et « Beth Habéhira », commentaires du Talmud. Ses œuvres secondaires sont : « Kyriat Sefer » sur l’écriture du rouleau de la Torah, « Maguen Avoth » coutumes juives occitano-catalanes, « sefer Hamidoth » livre des vertus, et un commentaire de la Haggadah de Pâque, exégèse de la sortie d’Egypte, ainsi que diverses exégèses du Pentateuque, des Psaumes et des Proverbes. A l’instar de Maïmonide, il tente d’accorder certains textes du Midrash avec la Raison, afin d’éviter l’extravagance imaginative.

Il faut savoir que depuis 1150, des querelles s’élèvent entre rabbins partisans ou ennemis de l’étude des sciences profanes et de la philosophie grecque, Jusque là l’Occitanie-Catalogne est un haut lieu d’études rabbiniques axé essentiellement sur les textes traditionnels. A cette date de 1150 arrive d’Andalousie, chassé par les Almohades, l’Andalou Juda Ibn Tibbon disciple de Maïmonide. Délaissant quelque peu la jurisprudence rabbinique, ce Tibbon estime que l’essentiel du Judaïsme passe par la pensée. Il pratique les sciences et la philosophie et décide de traduire un certain nombre d’écrits de la pensée juive hispanique d’expression arabe, rendant accessible ce savoir aux communautés juives d’Occitanie. En 1204 son fils Samuel Ibn Tibbon traduit en hébreu le « Guide des Egarés » que Maïmonide avait publié au Caire en 1185. Cette traduction suscite un vif engouement pour les matières dites profanes, ce qui inquiète les traditionalistes. En France et dans les royaumes hispaniques Maïmonidiens et anti-Maïmonidiens s’accusent mutuellement. Certains font même appel aux Dominicains de l’Inquisition qui ne se font pas prier ! Les maisons juives sont fouillées et des centaines de livres sont brûlés en 1233 à Montpellier.

Ce conflit n’est pas anodin. Il touche à l’essence même de l’identité juive. Celle-ci doit-elle vivre repliée sur elle-même et ne s’attacher qu’aux textes bibliques et à sa tradition orale et ésotérique ? Ou bien doit-elle être constamment ouverte au monde , aux sciences et à la philosophie ? La Bible se suffit-elle à elle-même ou peut-elle participer des questions de sens qui agitent la société à côté d’autres savoirs, d’autres sciences et d’autres fois ? Question toujours d’actualité ! La première option fut celle d’une grande partie de la tradition orthodoxe qui s’appuya sur la négation de la démarche philosophique d’un Maïmonide ou d’un Méiri pour offrir encore plus d’élan à l’option mystique.

Un esprit ouvert aux autres

Christianisme et Islam

C'est son regard sur le Christianisme et l'Islam qui nous intéresse tout particulièrement et qui lui mérite le titre donné par Philippe Haddad de "rabbin de la tolérance".

.Le Méiri n’est pas le premier à avoir émis des idées positives sur les autres religions. Mais ses prédécesseurs sauvaient de façon apologétique le Talmud et la Communauté. Le Méiri a été le premier à élaborer à ce sujet un système cohérent de pensée.

Dans les rapports avec les « nations » les rabbins du Talmud séparaient l’humanité en deux catégories : les 70 nations issues de Babel soumises aux 7 commandements de Noé et les descendants des Patriarches, enfants d’Israël, dotés de 613 commandements. Le premier commandement de Noé vise la reconnaissance de l’ unité divine.

Tant que les nations ou religions n’acceptent pas ce corpus de base, en particulier un monothéisme absolu, elles sont considérées comme idolâtres.et toute une législation doit leur être appliquée comportant notamment des prohibitions de type économique et de type relationnel. De ce point de vue l’Islam ne posait aucun problème, son monothéisme étant sans faille. Le christianisme va rester suspect pour les décisionnaires juifs du Moyen Âge, à cause de sa foi en la Trinité.

Si Israël avait vécu hors de la sphère occidentale, les choses auraient pu en rester là, mais la réalité concrète et quotidienne bousculait la pure rhétorique talmudique. Aussi au Xe. Siècle Gershom de Mayence, dit « Lumière de l’exil » diminua l’intensité de ces prohibitions, prétextant que si les juifs ne commerçaient pas avec les chrétiens au moment de leurs solennités religieuses, les juifs ne pourraient subsister. Ceci s’appuyait sur des fondements talmudiques disant par exemple : « Les non-juifs qui vivent hors de la terre d’Israël ne sont pas de vrais idolâtres, mais ils ne font que perpétuer les conduites de leurs pères ». Gershom en déduisait que les chrétiens étaient donc des idolâtres sans l’être vraiment !

Le regard porté par le Méiri va radicalement trancher avec l’approche classique er même avec celle qui se développera par la suite dans de nombreux milieux piétistes. Pour le Méiri ni le musulman ni le chrétien ne peuvent être taxés d’idolâtres. Ce sont deux branches issues du tronc d’Israël, des nations éduquées par des conduites religieuses. Le Méiri ne justifie pas ses opinions sur des circonstances du moment mais par un regard hautement positif porté sur l’Eglise et la Mosquée. Tout en demeurant dans une démarche talmudique, le Méiri alimente sa réflexion par des considérations d’ordres philosophiques et historicosophiques, ce qui pour un esprit orthodoxe rigide est suspect, car cette approche relativise le caractère absolu de la Révélation et affaiblit la halakha. Le Méiri réalise un mariage : le philosophique alimente le talmudique.

Il est en cela disciple de Maïmonide : Le projet ultime de l’homme est d’atteindre les vérités divines soit par la prophétie soit par l’usage d’une raison épurée (ce fut le cas des grands philosophes, Platon, Aristote, etc.). Pour le monothéisme, s’il y a inspiration prophétique, scientifique ou artistique, elle ne peut provenir que de Dieu seul. D’ailleurs, disait déjà le talmud : « Le sage est supérieur au prophète »

La vraie idolâtrie :

Cet optimisme fondamental découle d’une vision positive de l’homme, de tout homme. Pour le Méiri, il n’existe aucune différence de nature entre le juif et le non-juif. Chaque homme peut parvenir à découvrir les grands principes du monothéisme, à l’instar d’Abraham qui, après avoir adoré le soleil et la lune a « reconnu son Créateur ». La différence entre un croyant de Dieu et un idolâtre n’est pas fondée sur une essence différente, mais sur une conduite différente. Le clivage n’est donc pas essentiel mais contingent.

L’idolâtre est celui qui rend un culte aux armées célestes et nie donc le monothéisme, ce qui exclut le chrétien ou le musulman. Faisant référence au Midrash le Méiri rappel le principe talmudique : ‘’Il n’existe pas de déterminisme astral pour Israël’’. Israël qui a accepté la Torah, a une relation directe avec Dieu. Les 70 nations sont soumises à un déterminisme astrologique (ce sont les princes célestes mentionnés par le Midrash). Pour le Méiri, la spécificité d’Israël à cet égard (relation directe avec Dieu) doit être ouverte aux chrétiens et aux musulmans. En d’autres termes, Israël est un terme générique pour les Juifs, les Chrétiens et les Musulmans.

Dans cette optique évolutionniste du Méiri, le christianisme et l’islam deviennent des partenaires d’Israël dans la révélation du vrai Dieu. L’approche originale du Méiri évite de poser la question de la vérité religieuse. La question de savoir si le Judaïsme est vrai ( au sens de 2 + 2 = 4) ne l’intéresse pas . Toute religion qui éduque l’individu et par conséquent la société, dans le sens de la crainte de Dieu, de la pratique de la justice et de l’amour du prochain, est « vraie » ; sinon elle se fourvoie et devient la caricature d’elle-même. Tous les peuples disciplinés par des conduites religieuses ( sur le plan éthique) et qui servent Dieu (le Créateur), même si leurs rites sont différents de ceux du judaïsme, sont à considérer comme des membres d’Israël.

L’idolâtrie n’éduque pas, elle authentifie l’instinct. La religion au contraire appelle ses fidèles à une discipline permanente en référence au Dieu créateur . C’est pourquoi le christianisme et l’islam sont des religions authentiques et non des idolâtries.

Il s’ensuit dans l’esprit du Méiri un statut nouveau pour l’apostat. Un clivage est introduit entre celui qui abandonne la religion juive et celui qui se convertit au christianisme ou à l’islam. Le Méiri écrit que : « le statut d’apostat (méchoumad) ne s’applique qu’à celui qui tout en gardant le nom d’Israël se libère du joug de la pratique religieuse. C’est pourquoi il encourt un grand châtiment. Mais celui qui a quitté la communauté pour devenir adepte d’une autre religion doit être considéré comme membre de cette religion à tous les égards, sauf en ce qui concerne le mariage ». Ici, le juif sans foi est bien inférieur au croyant d’une autre religion.. Ce commentaire est unique dans les annales rabbiniques.. Il s’oppose à certains discours postérieurs qui parleront de la sainteté intrinsèque à l’identité juive. Le Méiri souligne qu’ainsi, il ne fait que rapporter l’avis des maîtres occitano-catalans et, en particulier son maître Ruben ben Haïm. Une telle conception est là encore révolutionnaire car l’apostat n’est plus celui qui change de religion, mais celui qui rejette la religion quelle qu’elle soit, c’est à dire le « joug de la royauté divine » ou la « crainte de Dieu »

Bien que le Méiri sût que l’invasion de l’Espagne par les Almohades entraîna la fuite de Maïmonide ou des Tibbon loin de Cordoue, bien qu’il fût contemporain de l’expulsion des juifs de France et que les discours anti-judaïques ne lui fussent pas étrangers, il ne revint jamais dans ses écrits sur sa conception universaliste. Il devait sans doute puiser sa foi ( et ainsi mériter notre admiration !) dans les textes prophétiques qui annonçaient qu’un jour l’humanité vivrait en paix, pratiquant une religion débarrassée de tout fanatisme.

Rejoignant une question soulevée par le chercheur contemporain Jacob Katz, on peut dire que le Méiri est un bel exemple montrant que le Maître reste d’abord un homme habité par ses incertitudes et ses convictions. Ainsi, au moment des accalmies devait-il être plein d’enthousiasme et au moment des dangers devait-il ressentir quelques anxiétés face à ses idées , qu’il ne renia pourtant jamais.

Il est bien connu que les grands penseurs viennent toujours trop tôt … le Méiri fut de ceux-là.

Actualité du Méiri

Auteur mal connu en dehors des cercles talmudiques, le Méiri peut être qualifié, comme l’a proposé Patrick Gifreu, de précurseur des Lumières. Dans ce Moyen Age des Croisades, de l’Inquisition, de l’invasion almohade, des conversions forcées et des autodafés, ce rabbin de Perpignan affirme la valeur hautement positive du judaïsme, du christianisme et de l’islam ; tout en soulignant la haute valeur de l’homme cultivé par la philosophie et les sciences, s’isolant tout à coup de la grande majorité des maîtres de sa communauté. Même si durant quelques siècles à Cordoue, les individus éclairés purent se rencontrer et échanger dans la paix, cela ne signifiait pas que du point de vue dogmatique, théologique d’une religion, les autres croyants ne parurent pas quelque peu inférieurs. Le Méiri eut le courage de proclamer que les discours de supériorité, de type « ma religion est meilleure que la tienne » ou « mon Dieu est supérieur au tien » devaient laisser place à l’essence éthique du message spirituel.

En un mot, si les religions ne commencent pas par discipliner les fidèles dans le sens du bien, de la tolérance, du respect et de l’amour de l’autre, en quoi sont-elles encore des religions ? Ne sont-elles pas plutôt des idolâtries travesties ? Le fanatisme, le chauvinisme, le nationalisme n’ont rien à faire avec une spiritualité bien comprise et bien vécue.

Certes, le Méiri reconnaît que la Révélation du Sinaï est un point de départ pour les civilisations ultérieures ; mais il se refuse à faire du peuple juif un peuple élu, « supérieur » dans son droit, telle que la critique antisémite n’a pas manqué de le répéter. S’il y a élection, elle n’est pas de droit, mais de devoir. Et elle ne se limite pas au peuple d’Israël historique sorti d’Egypte, mais à toutes les bonnes volontés qui au nom de ce Dieu , Créateur, Libérateur et Miséricordieux, appelle les fils de l’homme au parachèvement du monde. Ce parachèvement qui est d’abord une fraternité à bâtir. Ainsi l’impératif d’amour de Jésus, le discours de tolérance de Mahomet, font des fidèles de l’Eglise et de la Mosquée des « Israël » en puissance.

Les réticences du judaïsme à convertir les nations trouvent ici une justification supplémentaire : pourquoi vouloir devenir Israël en embrassant les règles contraignantes de la Synagogue, alors que le chrétien ou le musulman peut être Israël dans le respect le plus parfait de sa propre foi ? Certes, une telle approche bouscule ! Elle bouscule l’identité juive dans sa dimension religieuse, mais elle bouscule aussi le chrétien et le musulman dans leur propre conception universelle. Et peut-être que par delà ces monothéismes, interpelle-telle les autres croyances, le bouddhisme en particulier si en vogue aujourd’hui et même les humanismes athées de nos sociétés occidentales.

L’orthodoxie juive face aux autres religions

Ces questions interpellent le judaïsme dans son identité religieuse. Si le judaïsme rabbinique sut maintenir son particularisme volontairement ou en réaction à l’antisémitisme, sa dimension universaliste fut souvent réduite par les conditions difficiles de l’exil. Devant l’Emancipation offerte en 1791, permettant aux juifs de jouer un rôle de citoyen, nombre d’entre eux issus des milieux piétistes durent « s’émanciper » d’un carcan trop lourd pour vivre les paris de l’universel.. Il n’est pas faux de dire qu’à de rares exceptions près, la réaction à la modernité fut la méfiance, quand ce ne fut pas la fermeture.

L’expulsion des juifs d’Espagne fut un véritable traumatisme. Il mit un terme au long travail d’harmonie entre science, philosophie et religion, réalisé par les maîtres catalans et cordouans. Quand des rabbins et penseurs européens voulurent renouveler à partir du XIXe siècle l’aventure intellectuelle de ce noble Moyen Age par la science du judaïsme, ils ne furent pas en odeur de sainteté dans les milieux orthodoxes. qui avaient opté pour « la Torah, rien que la Torah ». Dès lors, la rencontre avec les autres religions fut verrouillée. Et lorsqu’elle intervenait, elle ne pouvait être que joute casuistique pour prouver que l’une était vraie et l’autre fausse.

Or voilà que le XXe. Siècle a été pour le judaïsme, mais pas que pour lui seulement, un siècle décisif, d’abord avec la Shoah, ensuite avec la naissance de l’Etat d’Israël (et le problème israélo-palestinien) ces deux événements ont placé Israël au cœur des nations, au cœur de l’universel. Si Israël a un Etat, il a comme tout Etat quelque chose à apporter au monde du point de vue de sa culture, mais aussi de sa religion. Malheureusement la terrible fracture entre le monde laïc et orthodoxe en Israël ne permet pas pour le moment une telle réalité.

Pourtant il faudra bien que le monde religieux, celui des Textes, de la Mémoire, des académies talmudiques, trouve la force et le courage de sortir de lui-même pour rencontrer les autres religions … Mais cela signifie aussi que le christianisme et l’islam sont tenus de la même exigence morale, car il n’y a de dialogue qu’en réciprocité.

L’utopie de l’éthique

C’est bien la dimension éthique de la Raison qui transforme toute spiritualité idolâtre en authentique religion.. Or, ne sont-ce pas là les composantes du discours des Lumières, dont nous sommes les héritiers ? Fondamentalement, la philosophie des Lumières fut davantage un garde-fou contre le fanatisme religieux ou les déviations de la monarchie de droit divin qu’une lutte contre Dieu.

Est-ce à dire que pour le Méiri les trois « fois » abrahamiques se valent ou que les différences sont ténues ? Certes non … Ce qu’il nous apprend, et il faut du courage pour le dire, comme le soulignait Kant parlant des Lumières, c’est que toute vérité religieuse, aussi absolue soit-elle, demeure ouverte et humble par rapport à l’autre. Or, le principe qui permet simultanément d’affirmer la souveraineté du Je qui parle et du Tu qui reçoit se nomme l’éthique, qui implique le vivre ensemble et le partage…

La grande révolution de Vatican II et du pape Jean Paul II depuis la Shoah est bien l’affirmation du primat de l’éthique, valeur incontournable dans le dialogue judéo-chrétien.

Le travail avec l’islam est plus récent, mais c’est n'est-ce pas sur cette même voie de l’écoute de l’autre qu’il nous faudra cheminer ?

Portrait d’un Rabbin Catalan de la tolérance (1249 – 1316)

Recension d'un livre du rabbin Philippe HADDAD
par Joël PUTOIS
paru dans Yerushalaim n°29

Paris 2001

http://www.chretiens-juifs.org/html/SY951_%20Le%20Meiri%20par%20Ph.Haddad.htm

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Ce que la propagande de Daech doit aux nazis
Ce que la propagande de Daech doit aux nazis
Ce que la propagande de Daech doit aux nazis
Ce que la propagande de Daech doit aux nazis

Édifiant : une exposition organisée à l’Unesco par le Holocaust Memorial Museum revient sur les outils de communication développés par le régime hitlérien.
PAR BAUDOUIN ESCHAPASSE
L’organisation État islamique n’a rien inventé. Les tweets, vidéo-clips et autres publications de propagande de Daech empruntent presque tout aux tracts, films et autres outils de communication développés par Joseph Goebbels pour soutenir l’ascension au pouvoir d’Adolf Hitler. Telle est la conclusion à laquelle aboutissent fatalement les visiteurs de l’exposition organisée, jusqu’au 11 février à l’Unesco, par le Holocaust Memorial Museum des États-Unis.
Intitulée L’État trompeur et sous-titrée Le pouvoir de la propagande nazie, cette exposition est un condensé de celle qui s’est tenue en 2009 à Washington. Elle revient sur vingt années de « communication politique » du Parti national-socialiste (NSDAP): de 1924, qui marque l’arrivée de Goebbels aux côtés de Hitler, à 1945, date de la chute du IIIe Reich.

À travers des reproductions d’affiches, de photos mais aussi des flashs d’actualité, cette riche exposition restitue l’attention particulière que les nazis accordaient à ce qu’ils envisageaient comme une « arme redoutable entre les mains de celui qui sait s’en servir ». Depuis les travaux de Gustave Le Bon et de Gabriel Tarde sur la « psychologie des foules » au XIXe siècle, on prête en effet à la propagande le pouvoir de « convertir les masses comme on séduit les femmes » : par la parole. Cette conviction s’incarne dans les pièces exposées.
Les nazis, et les djihadistes islamiques aujourd’hui, soignent particulièrement leur « com ». Utilisant les médias les plus modernes de l’époque (la radio en lieu et place d’Internet de nos jours), ils pastichent les campagnes publicitaires les plus populaires de l’époque, quitte à « détourner » des slogans ou des logos. Ils s’inspirent des grands artistes du moment, notamment de ceux qui dessinent les affiches de cinéma. Un poster qui présente le visage stylisé de Hitler sur fond noir, comme une vedette du septième art, n’est pas sans évoquer le visuel glorifiant les membres des commandos des attentats de novembre, conçu récemment dans une esthétique rappelant les affiches de blockbusters hollywoodiens.


« Le parti nazi est l’un des premiers à constituer une cellule de communication composée exclusivement de journalistes et de publicitaires non seulement technophiles mais aussi et surtout convaincus que les nouveaux médias de l’époque constituaient une chance pour eux de faire passer leur message », explique Steven Luckert, commissaire de l’exposition. L’historien souligne que cette fascination pour la « technologie » résulte, en grande partie, de la jeunesse des équipes : Goebbels n’a que 27 ans au moment où il rejoint Adolf Hitler, lui-même âgé de 36 ans lorsqu’il prend le contrôle du NSDAP.
Organisé sous forme pyramidale, disposant de plus de 600 relais dans tous les Länder, le département de propagande nazie dispose de moyens importants. L’adoption de la croix gammée comme emblème nazi, en 1920, précède la prise de contrôle du parti par Hitler. Mais celui-ci perçoit très vite la portée symbolique que peut avoir cette hakenkreuz (« croix à crochets », en allemand) qui recycle les trois couleurs de la bannière impériale : blanc, rouge et noir. Le fait que cette bannière comporte une dimension ésotérique n’est pas pour lui déplaire. Le swastika, emprunté à la culture indienne, n’est-il pas signe de chance en Asie du Sud-Est ? Cet emblème « à l’impact visuel fort » deviendra sa marque. Comme le drapeau noir de Daech qui détourne le code couleur du Mahdi (envoyé d’Allah à la fin des temps) et dévoie « le sceau du prophète ». ministère de la Propagande, créé à l’arrivée au pouvoir d’Hitler en 1933, est l’émanation de la « cellule de communication » du Parti national-socialiste.

Pour manipuler l’opinion allemande puis, après 1940, celle des populations des pays occupés, la cellule de com du NSDAP ne lésine sur aucun moyen. Elle distribue des enregistrements audiovisiuels, gravés sur de grands disques « 78 tours » aux faux airs de vinyles, crée une chaîne de télévision en 1935 et une autre de radio. Des médias vite déclinés en douze langues.
Aux côtés de ces supports audiovisuels, le NSDAP s’appuie également sur un journalDer Stürmer, fondé en 1923 par un ancien instituteur. Cet hebdomadaire, qui n’écoule que 14 000 exemplaires en 1927, en vend plus de 500 000 à partir de 1935. Comme l’EI et son magazine Dabiq, qui dissémine son message toxique sur différentes plateformes web, Der Stürmer inonde le pays, distillant quelques vraies infos et beaucoup d’intox dans un cocktail où ne surnage qu’une conviction : celle d’un complot mondial à l’oeuvre contre l’Allemagne.


Nazis comme djihadistes islamistes se retrouvent, de fait, sur un leitmotiv simpliste : leurs problèmes intérieurs résultent de l’influence néfaste d’une coalition hétéroclite d’Anglo-Américains, de Russes et de juifs. Ils sont « victimes » de leurs agressions injustes et ne font que se défendre. Pour ce faire, ils se proposent de réunir tous les Allemands, d’où qu’ils viennent, au sein de la volksgemeinschaft ou « communauté du peuple ». Un concept qui ressemble étonnamment à celui de l’Oummat musulmane que Daech se propose d’unifier pourvu que cette foule de fidèles fasse allégeance à son calife.
Là où Daech use jusqu’à l’écoeurement de « nasheeds » (ces chants islamiques lancinants qui signent la bande-son de ses vidéos), les nazis truffent leurs films de musiques militaires entêtantes. « Des études très sérieuses les avaient convaincus que les gens sont plus réceptifs à un message quand celui-ci est accompagné de mélodies entraînantes », confie Peggy Frankston, correspondante en France du musée de Washington.
Mais, comme l’EI, l’appareil nazi ne pouvait prospérer que sur un terreau fertile. De la même manière qu’il serait illusoire de penser que la propagande seule transforma les Allemands en brutes sanguinaires dans les années 30, il serait dangereux de croire que seul le pouvoir d’Internet convertit des personnes pacifiques en apprentis djihadistes aujourd’hui. « Ces messages ne trouvent écho qu’auprès de populations qui ont été travaillées idéologiquement, en profondeur, depuis plusieurs années par un discours de haine », insiste Peggy Frankston. D’où l’importance de démonter l’argumentation mortifère de ces groupuscules avant qu’elle ne se propage… D’où l’intérêt de cette exposition !
source :
http://www.lepoint.fr/histoire/ce-que-la-propagande-de-daech-doit-aux-nazis-30-01-2016-2014078_1615.php

By liguedefensejuive |

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RIPOSTE SEFARADE

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