RIPOSTE SEFARADE

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Les milices chiites en Irak deviennent aussi dangereuses que le Califat

Les milices khomeinistes se multiplient en Irak et se sont incorporées aux structures du gouvernement de Baghdad, lequel est devenu beaucoup trop dépendent d'elles pour songer à les réprimer. Ensemble, ils ont d'ailleurs commis d'horribles violations aux droits humains.

Ces milices demeurent loyales au Guide suprême de la Révolution islamique, l'Ayatollah Khamenei, et à la doctrine du wilayat-e faqih absolue énoncée par Khomeini qui confère au Guide une autorité politique et religieuse totale. Ces milices en Irak suivent le modèle du Hezbollah au Liban, et elles combattent pour importer en Irak la Révolution islamique iranienne...

Ceci est une adaptation française d'un extrait d'un article de Phillip Smyth, expert en milices chiites, publié dans le magazine Foreign Policy.

(Foreign Policy) Des hommes armés posant avec des têtes coupées, des massacres dans des mosquées durant la prière du vendredi, le recours massif aux jihadistes transnationaux - ce sont là des crimes habituellement associés à l'État islamique de Baghdadi. Cependant, plusieurs milices chiites en Irak commettent aussi de tels crimes.

Les milices chiites se multiplient en Irak et jouent dans la région un rôle toujours plus important dans la lutte contre les jihadistes sunnites. La plupart de ces factions entretiennent des liens idéologiques et organisationnels étroits avec l'Iran, et elles érodent peu à peu ce qui reste de l'autorité du gouvernement de Bagdad.

Plus de 50 milices chiites recrutent et combattent actuellement en Irak. Ces groupes recrutent activement -- privant l'armée et la police irakiennes de recrues potentielles, et endoctrinant ces jeunes dans leurs organisations hyper-idéologiques, anti-américaines, et d'un sectarisme virulent. Plusieurs de ces apprentis ne sont pas uniquement mobilisés pour repousser les jihadistes sunnites; dans de nombreux cas, ils forment aussi une arrière-garde servant à contrôler les districts censés être sous le contrôle du gouvernement de Bagdad.

Les milices chiites ont infiltré les structures du gouvernement irakien, lequel est devenu beaucoup trop dépendant de leur puissance pour songer à les réprimer. Elles ont commis d'horribles violations aux droits humains de concert avec le gouvernement de l'Irak: au début juin, des milices chiites et des forces de sécurité irakiennes ont exécuté environ 255 prisonniers, incluant des enfants. Et selon un rapport d'Amnistie Internationale publié en juin, des milices chiites procèdent régulièrement à des exécutions sommaires extrajudiciaires, et ont massacré des dizaines de prisonniers sunnites dans des édifices gouvernementaux.

L'Iran a ouvert la voie au développement de milices chiites en Irak. Depuis mai 2013, le régime de Khamenei a renforcé son réseau d'anciennes et de nouvelles factions afin de fournir un flux constant de combattants au régime Assad, en Syrie. Certaines de ces forces irakiennes qui avaient combattu pour le régime Assad, se sont redéployées en Irak et forment maintenant le noyau des nouvelles milices qui combattent les ennemis sunnites du gouvernement de Bagdad.

L'expansion de nombreuses milices chiites pro-Khamenei en Irak rend manifestes les objectifs de la République islamique d'Iran pour la domination de l'Irak chiite. Ces groupes bénéficient non seulement du patronage du régime iranien et de ses capacités organisationnelles -- ils ont aussi tous inféodés à l'idéologie khomeiniste. Ces milices demeurent en effet fidèles au Guide suprême, l'Ayatollah Khamenei, et à la doctrine du wilayat-e faqih absolue, énoncée par Khomeini, et qui confère au Leader de la Révolution islamique une autorité politique et religieuse totale. Ces milices suivent en fait le modèle du Hezbollah, une division de l'Iran au Liban, et sont résolues à appliquer en Irak la volonté du Guide suprême, de même qu'à y importer la Révolution islamique.

Les milices chiites soutenues par l'Iran prennent part au processus d'effacement des frontières tracées au Moyen-Orient après la Première Guerre mondiale, à l'instar de l'État islamique. La pollinisation croisée entre les milices chiites syriennes et irakiennes a érodé de facto les frontières nationales, aussi sûrement que la campagne jihadiste sunnite: dès le début de leur implication en Syrie et en Irak, les milices khomeinistes ont fait part de leur volonté de «défendre les sanctuaires» et de «défendre les chiites», peu importe leur localisation géographique.

La montée en puissance de ces milices khomeinistes est un signe que, malgré le retrait de Maliki du poste de Premier ministre, le gouvernement irakien demeure indexé à des forces profondément sectaires. Ces milices ont généralement conservé leur indépendance opérationnelle du gouvernement de Bagdad, malgré qu'elles instrumentalisent le système démocratique naissant de l'Irak afin d'élargir leur soutien populaire grâce à leur domination des organismes officiels du gouvernement qu'elles ont infiltré. Ces milices khomeinistes en Irak ne sont pas simplement une extension de l'État irakien - elles SONT l'État, et elles n'ont pas de comptes à rendre au gouvernement de Bagdad, mais seulement à leurs propres mollahs ou alors à Téhéran.

Ces milices visent ostensiblement à vaincre le Califat de Baghdadi, mais elles promettent aussi d'exercer une énorme influence dans la détermination de l'avenir des chiites d'Irak. Leur idéologie khomeiniste et leurs liens organisationnels avec l'Iran suggèrent qu'elles permettront au régime de Khamenei d'accroitre plus que jamais son influence en Irak. Si Washington ne prend pas des mesures dès maintenant pour restreindre l'expansion de ces milices khomeinistes, les Américains découvriront trop tard qu'ils ont effectivement cédé Bagdad à Téhéran, et ce, irrévocablement.

Source: Iraq's Shiite militias are developing into as great a danger as the Islamic State, par Phillip Smyth, Foreign Policy, 18 septembre 2014. Adaptation française par Poste de veille

http://www.postedeveille.ca/2014/09/montee-en-puissance-des-milices-khomeinistes-en-irak.html

Milice Badr, en irak (source)

Milice Badr, en irak (source)

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Est-ce là le futur drapeau d'un État indépendant ?
Est-ce là le futur drapeau d'un État indépendant ?

Un Kurdistan uni et indépendant est-il une éventualité souhaitable ou une hypothèse dangereuse qui apporterait au Moyen-Orient plus de problèmes que de solutions ?

Philip Jenkins, éminent professeur d'histoire à la Baylor University, considère l'éventualité d'un grand Kurdistan rassemblant les composantes irakienne, syrienne, turque et iranienne, comme « réellement terrifiante ». J'aimerais lui assurer que cette éventualité peut également avoir des conséquences salutaires.

Le professeur Jenkins fait part de ses craintes dans un article intitulé « The Case Against a Unified Kurdistan » [arguments contre un Kurdistan unifié], qui s'avère être une réponse directe à l'un de mes articles récemment publié dans National Review Online, à savoir « Salut au Kurdistan ».

Comme le suggère son titre, Jenkins ne rejette pas toutes les entités politiques kurdes indépendantes. Il admet en effet l'existence d'un « excellent argument » en faveur de l'entité déjà existante en Irak et semble se résigner quant à la mise en place d'une entité semblable en Syrie. Il reconnaît également que « étant donné la situation dans la région, les Kurdes sont sans aucun doute les bonnes personnes qui constituent ce qui pourrait être un État réellement pro-occidental. » Jusque-là, nous sommes d'accord.

Mais il rejette catégoriquement l'idée d'un Kurdistan unifié, « un projet atrocement compliqué » qui pourrait « répandre les massacres et le nettoyage ethnique » dans des endroits encore épargnés. En Iran, il prévoit qu'une sécession kurde engendrera une « guerre civile sanglante » et « une escalade de massacres durant les prochaines décennies ». En Turquie, un mouvement sécessionniste kurde « serait catastrophique » car il « paralyserait l'une des sociétés qui ont le mieux réussi dans la région », sans parler des violences qui éclateraient en Europe entre les communautés turque et kurde.

En guise de réponse je répliquerais que l'Iran actuel constitue un mini-empire archi-agressif dont on ferait mieux de se débarrasser. Si les dirigeants de la république islamique d'Iran aux idées apocalyptiques parviennent à faire main basse sur l'arme nucléaire, ils mettront en danger non seulement le Moyen-Orient mais aussi l'Occident, par la menace d'une impulsion électromagnétique, ou IEM, une perspective terrifiante qui doit être évitée à tout prix. Étant donné l'inefficacité du leadership américain sous « l'Unique » Barack Obama, il se peut que les Kurdes doivent porter eux-mêmes ce lourd fardeau.

L'Iran est effectivement un mini-empire, comme sa démographie le démontre. Ses 81 millions d'habitants, selon le CIA World Factbook, se répartissent entre les ethnies suivantes (en %) : Perses (61), Azéris (16), Kurdes (10), Lors (6), Baloutches (2), Arabes (2), Turkmènes et tribus turciques (2), autres (1). Comme tout empire, le pays dispose d'une ethnie dominante (les Perses) face à des minorités rétives – c'est particulièrement le cas des Azéris – animées d'ardents désirs sécessionnistes.

Tous les empires finissent par disparaître, parfois par des voies pacifiques inattendues – pensons au retrait britannique et à l'implosion de l'Union soviétique. Il est plus probable que l'empire iranien prenne fin dans un râle plutôt que dans les décennies de carnage redoutées par le professeur Jenkins. Nous devrions œuvrer de l'extérieur pour qu'il en soit ainsi, et rapidement, de façon à empêcher le pernicieux guide suprême et sa coterie d'accéder à la puissance nucléaire.

À l'instar de la Turquie, le gouvernement central iranien a abandonné depuis longtemps cette fiction qui consistait à voir dans les Kurdes de simples « Turcs des montagnes ». Désormais il permet aux Kurdes d'afficher leur identité culturelle et s'engage dans des négociations politiques avec le Parti des Travailleurs du Kurdistan, ou PKK (celui-là même qui figure depuis 1997 sur la liste des groupes terroristes dressée par le gouvernement américain). Dans le même temps, les Kurdes de Turquie sont en train de faire entendre leur voix sur le plan politique et de peser de plus en plus dans la vie du pays. Étant donné leur taux de natalité vigoureux face à celui, très faible, des Turcs ethniques – à tel point que les Kurdes pourraient devenir majoritaires d'ici une à deux générations – l'idée d'une séparation séduit de plus en plus les Turcs ethniques.

Pour ma part, je pense qu'un référendum, semblable à celui qui a lieu en Ecosse, sera organisé en Turquie et dans lequel les personnes habitant les régions à majorité kurde devront choisir entre le maintien dans la République turque ou la sécession. Un tel scrutin s'exprimerait sans aucun doute en faveur de la sécession.

L'un des effets secondaires positifs de la sécession kurde serait d'entraver les ambitions du président turc, l'autocratique et fourbe Recep Tayyip Erdoğan. Ce n'est pas rien quand on sait que la Turquie dirigée par Erdoğan représente la menace à long terme la plus importante pour les intérêts occidentaux au Moyen-Orient (par contraste, une fois que les mollahs s'y seront préparés, l'Iran pourrait bien redevenir un allié).

En conclusion, je remercie Philip Jenkins d'avoir exprimé son opinion divergente avec respect (ce qui est rare de nos jours) et tout en reconnaissant le bien-fondé de ses craintes, je peux lui assurer que le scénario « réellement terrifiant » n'est pas un Kurdistan unifié mais bien un Iran doté du nucléaire et une Turquie dominée par Erdoğan. Heureusement, les États occidentaux peuvent empêcher simultanément ces deux catastrophes en aidant les « bonnes personnes » que sont les Kurdes, à bâtir leur État.

par Daniel Pipes
National Review Online
16 septembre
2014

http://fr.danielpipes.org/14942/kurdistan-unifie

Version originale anglaise: The Case for a Unified Kurdistan
Adaptation française: Johan Bourlard

Les forces armées kurdes comptent plus de femmes soldats que la moyenne des pays musulmans du Moyen-Orient.

Les forces armées kurdes comptent plus de femmes soldats que la moyenne des pays musulmans du Moyen-Orient.

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Published by DAVID - - MONDE ARABO MUSULMAN

Le Likoud n’est plus le 1er parti d’Israël annoncent les médias israéliens à la Une. Après la démission surprise du Ministre de l’Intérieur, Gideon Saar, pour des motifs personnels, le parti de Yair Lapid, Yesh Atid devient le premier parti d’Israel avec 19 députés à la Knesset contre 18 pour le Likoud.

Israel en France. L’actualité israélienne a presque disparu des médias français depuis la mobilisation internationale contre l’organisation terroriste Daesh et les multiples rebondissements de la vie politique française. Pourtant l’actualité internationale est souvent à la Une en France, à travers le sort des chrétiens d’Irak, les massacres de l’Etat islamique contre les Irakiens et les otages occidentaux, la lutte contre l’embrigadement de jeunes djihadistes français en Syrie ou le conflit Ukraine / Russie.

Israel relégué aux pages Opinions. L’actualité israélienne n’est traitée cette semaine qu’au travers des pages Opinions (Figaro, la Croix, Libération) souvent très critiques à l’égard du gouvernement israélien et à la médiatisation du nouveau livre de l’ex-ambassadeur d’Israel en France, Elie Barnavi (France info, Europe 1, Le Monde, Figaro). L’auteur développe dix thèses sur la guerre, notamment celle contestable que le conflit israélo-palestinien serait devenue aujourd’hui une guerre de religion entre le judaïsme et l’islam.

"Bras de fer sur le budget israélien de la Défense". Seule Nathalie Hamou des Echos accorde cette semaine un véritable article aux vives discussions qui opposent le 1er ministre Netanyahou et son ministre des Finances, Yair Lapid.

"Il n’y a aucun dirigeant responsable qui face aux menaces autour de nous n’exigerait pas une augmentation significative du Budget de la Défense", a déclaré Benyamin Netanyahou. "Nous avons besoin d’une sécurité économique afin d’investir dans Dôme de fer et pour affronter l’Etat islamique à l’est, le Hezbollah et Al Qaida au nord ainsi que le Hamas au sud » a tenu à souligner le 1er Ministre israélien.

9 milliards de shekels ? "Le désaccord intervient sur fond de polémique autour du coût militaire de l’opération Bordure protectrice qui s’est achevée par le cessez-le-feu du 26 août. Pour le Trésor, en effet, elle n’aurait coûté « que » 6,5 milliards de shekels. Alors que le ministre de la Défense a présenté pour sa part une facture de 9 milliards de shekels."

A Noter. Israel reconnait officiellement la nationalité araméenne (Brève Direct matin). Selon le ministre de l’intérieur démissionnaire Gideon Saar, "les Chrétiens qui le désirent pourront se définir comme araméen et l’inscrire sur leurs documents officiels.

Dossier nucléaire iranien.

Les deux articles relatant le bilan des négociations en cours sur nucléaire iranien légitiment les inquiétudes d’Israel. Les spécialistes doutent d’un accord avant le 24 nov. Car les rendez-vous dit de "transparence " n’ont pas été respectés par l’Iran qui n’a pas fourni à l’AIEA les informations nécessaires (Isabelle Lasserre, le Figaro).

Les Iraniens auraient répondu non à toutes nos propositions, confie au Figaro une source proche du dossier. Car ils se sentent en position de force compte tenu de la situation géopolitique et l’éclosion d’une mobilisation internationale contre l’EI en Irak et en Syrie.

Téhéran n’a toujours pas convaincu l’AIEA de sa volonté d’abandonner l’idée d’acquérir la bombe atomique, en poursuivant notamment ses travaux d’enrichissement à Parchin, confirme Elisabeth Guédel pour l’Opinion.

L’Iran posséderait 19 000 centrifugeuses, mais seulement 10 000 environ en activité, et les occidentaux demanderait à l’Iran d’en garder 4000. Contrairement aux demandes israéliennes, la communauté internationale souhaiterait en effet laisser à l’Iran un nombre de centrifugeuses en activité mais dont le seuil pourrait donner un délai d’un an pour réagir en cas de non-respect par l’Iran.

Si aucun accord n’est trouvé, Obama et Rohani se trouveront affaiblis sur le plan intérieur. Selon l’analyse américain interrogé par l’Opinion, Jon Wolsthal, "le défi ne réside pas dans le choix des termes de l’accord que dans les capacités des différentes parties, les USA et l’Iran notamment, à faire accepter un accord par leur gouvernements et parlements respectifs."

Sans transition.

Lutte contre l’antisémitisme. Portrait du jeune président de l‘UEJF Sacha Reingewirtz, en 4ème de couv de Libération, Cordelia Bonal.

Contexte Proche et Moyen –Orient.

Le Likoud n’est plus le 1er parti d’Israël. Après l’annonce de la démission surprise du Ministre de l’Intérieur, Gideon Saar, pour des motifs personnels, le parti de Yair Lapid, Yesh Atid devient le premier parti d’Israel avec 19 députés à la Knesset contre 18 pour le Likoud.

Fausse alerte dans le Sud d’Israel. Tsahal a indiqué que la sirène code rouge avait retenti jeudi soir et ce matin dans les régions du Sud d’Israël sans que des tirs de roquettes aient été détectés. Il s’agirait selon les médias israéliens, d’une fausse alerte déclenchée par des tirs d’armes à feu à Gaza. Mardi le cessez le feu avait été bel et bien été rompu par le tir d’une roquette d’activistes depuis Gaza. Israel a maintenu malgré tout le cessez le feu.

Dossier nucléaire iranien

Pas d’accord vaut mieux qu’un mauvais accord", a déclaré le Ministre des Affaires stratégiques Y. Steinitz devant la presse à Jérusalem. "Israël est profondément inquiet", a confié le ministre qui a dénoncé à "l’entêtement" des Iraniens qui "ont fait des gestes cosmétiques sur des questions secondaires mais n’ont fait aucune concession significative sur les questions centrales": le renoncement aux centrifugeuses servant à enrichir l’uranium et le réacteur à eau lourde d’Arak.

Agenda diplomatique. Une femme bientôt à la tête de l’ambassade d’Israel en France. Pour la première fois, une femme, Aliza Bin-Noun représentera Israël au poste d’ambassadeur en France. Le mandat de l’actuel ambassadeur Yossi Gal s’achèvera dans le courant de l’année prochaine. Il est à noter que l’ancienne Consul de Marseille, Simona Frankel a été nommé ambassadrice à Bruxelles.

David Banoun – Responsable de l’Analyse des Médias.

Ancienne Consul de Marseille, Simona Frankel a été nommé ambassadrice à Bruxelles.

Ancienne Consul de Marseille, Simona Frankel a été nommé ambassadrice à Bruxelles.

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Published by DAVID - - ISRAEL

Daesh : sa structure et ses ambitions hégémoniques

L’Etat islamique en Irak et au Levant – Daesh – a fait couler beaucoup d’encre. Au départ, les observateurs étaient perplexes et la qualifiaient d’organisation terroriste à l’instar d’Al-Qaïda. Ils décrivaient ses membres sous les traits de « bandits désorganisés qui se déplacent en camionnettes comme les talibans… vêtus de vieux habits ou d’uniformes noirs, portant barbes, turbans ou cagoules, et qui brandissent un drapeau noir frappé d’inscriptions en arabe ».

Certes, il est vrai qu’au départ Daesh n’était qu’une faction extrémiste marginale, mais elle est devenue au fil des ans la milice la plus puissante et la plus redoutée de la région. Elle possède des moyens financiers et des armes pour lui permettre d’atteindre ses desseins religieux et de mener une guerre ethnique en Syrie et en Irak.

En fait, Daesh est bien plus qu’une simple organisation terroriste. Daesh est un Etat terroriste parfaitement structuré avec tous les pouvoirs que cela comporte. Cet Etat repose sur le sens de l’organisation des anciens militaires du régime de Saddam Hussein et surtout sur le fanatisme religieux de son chef, le calife Abou Bakr al-Baghdadi, qui est entouré d’un Conseil de guerre, de ministres et de gouverneurs administrant chaque territoire conquis.

Depuis le début de la guerre civile en Syrie en 2011, Daesh s’est imposé comme une milice puissante et sanguinaire. A l’été 2014, son chef a proclamé l’établissement d’un califat islamique (Al Dawla al Islamiya) pour mieux signifier que ce califat ne se limiterait pas à l’Irak et à la Syrie, mais visait aussi Israël (Palestine), la Jordanie et le Levant.

Cependant, en observant la carte de ce califat, on constate que ses ambitions sont plus larges encore et vont au-delà des frontières du Proche-Orient : Daesh doit comprendre, à l’Ouest, l’Andalousie (Espagne), tous les pays d’Afrique du Nord et de l’Ouest (Maghreb et Nigeria inclus). La Libye et l’Egypte, considérées comme une unité géographique (Ard Al-Kinana ) « absorberont » le Cameroun, les Etats du lac Victoria, l’Ethiopie et la Somalie.

Sur cette carte figurent bien évidemment le Hedjaz (l’Arabie saoudite, les Etats du Golfe et le Yémen) mais aussi les républiques musulmanes d’Asie centrale, dont l’Azerbaïdjan, le Pakistan et la partie sud-ouest de la Chine, celle des musulmans d’origine turque, les Ouïghours. Toujours selon cette carte, l’Etat islamique doit comprendre également l’Iran, la Turquie (Anatolie) et certaines parties d’Europe dont les Balkans. Ainsi, le califat devrait-il être plus ou moins conforme aux frontières de l’Empire ottoman avec ses territoires austro-hongrois.

Pour Daesh, le calife est le seul représentant du prophète Mahomet. Lui seul dirige le califat et détient un pouvoir absolu. Le califat est composé de différents Conseils dont les membres sont tous nommés par le calife :

– Le Conseil de guerre est dirigé par Abou Ahmad al ‘Alawani. Il comprend trois membres dont la tâche est de planifier et de superviser les commandements militaires et les opérations sur le terrain.

– Le Conseil de la Choura est dirigé par Abou Al Arkan Ameri. Composé de 9 à 11 membres, sa mission principale est de superviser les affaires de l’Etat.

– L’Autorité judiciaire est dirigée par Abou Mohammad al-Ani. Elle traite de toutes les questions judiciaires et de la diffusion des messages du calife.

– Le Conseil de Sécurité et du renseignement dirigé par Abu Bakr (alias Abou Ali), un ancien général de l’armée de Saddam Hussein, est responsable de la sécurité personnelle du calife. Il est chargé de mettre en œuvre les ordres, les campagnes, les décisions judiciaires, la collecte et la diffusion du renseignement militaire.

– Le Conseil de propagande et de l’Information, dirigé par Abou Al Athir Omrou al Abbassi, a pour porte-parole Abou Ahmad al ‘Alawani.

Après chaque conquête de territoire, la priorité de Daesh est de mener un « nettoyage ethnique » pour éliminer tous les ennemis potentiels et y faire observer une croyance religieuse totale.

Daesh met ensuite en œuvre la deuxième phase de sa conquête au pouvoir, celle de l’éducation islamique. Tous les directeurs des écoles et les enseignants ne peuvent commencer leur enseignement sans avoir participé au préalable à un séminaire où on leur précisera clairement tous les interdits. Il est absolument interdit d’enseigner l’art, la musique, l’éducation civique, la sociologie, l’histoire, le sport, la philosophie, la psychologie et l’éducation religieuse, musulmane ou chrétienne (Les études religieuses sont effectuées exclusivement dans le cadre de la madrasa – école religieuse.) En mathématiques, aucun exemple ne doit être donnée qui pourrait indiquer un certain calcul d’intérêts, et en sciences naturelles, on ne parlera ni de l’évolution de l’Homme ni de Darwin. Il est aussi interdit de parler d’État-nation, de patrie ou de chanter des hymnes nationaux.

Les dirigeants de Daesh ont réussi à effacer toute trace de la civilisation occidentale, notamment chez les milliers de volontaires étrangers et arabes qui ont rejoint leurs rangs. On estime qu’il existe actuellement plus de 12 000 combattants étrangers. Le dévouement de ces jeunes à Daesh inquiète beaucoup les Occidentaux car ils craignent, avec raison, que leur endoctrinement et leur expérience dans la manipulation des armes et des explosifs ne puissent leur servir à perpétrer des attentats en Europe et partout ailleurs.

L’Etat islamique ne semble pas être un phénomène éphémère. Ses structures sont assez solides et même si ses dirigeants actuels devaient être un jour éliminés, la procédure de succession permettrait à l’Etat de survivre, tout comme al-Qaïda a survécu à la mort d’Oussama Ben Laden.

Pour éliminer Daesh la route sera longue et plus ardue. Sans un détachement complet de la population locale avec Daesh, et sans une solution politique viable qui mettra fin aux rivalités entre sunnites et chiites en Irak et en Syrie, les chances de succès demeureront négligeables.

Jacques Neriah

http://jcpa-lecape.org/daesh-sa-structure-et-ses-ambitions-hegemoniques/

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Une terre juive, deux états !?

La solution à deux Etats semble faire l’unanimité de l’opinion publique en France comme en Israël. Pourtant ce partage est-il fondé sur une situation de fait ou sur une légitimité historique ?

- Une terre juive

La Torah prête à Saül la création du premier Etat juif : le royaume d’Israël. La capitale de ce royaume s’appelait déjà Jérusalem.

Vers 950 ans avant J.-C, Salomon, le 3ème roi d’Israël, y fit construire le « Temple de Jérusalem ». Le royaume est alors à son apogée, ses frontières s’étendent jusqu’en Assyrie.

Plus tard, le royaume se divise en deux, Jérusalem devient la capitale de la Judée (Royaume de Juda). Il s’en suit plusieurs périodes d’instabilité et de dominations étrangères. L’une d’elle va particulièrement affecter les hébreux, au VIème siècle avant J.-C le roi Nabuchodonosor II décide l’exil vers Babylone du peuple d’Israël et fait détruire le temple de Salomon.

Après 70 années de captivité le peuple hébreu retrouve sa terre d’origine et fait reconstruire le temple jusqu’à sa deuxième destruction en 70 après J.-C par les romains.

Trop petite pour devenir une province romaine, la Judée est rattachée à la Syrie. Mais pour punir une communauté israélite jugée belliciste, les romains finissent par renommer le protectorat de la Judée en
« Palestine » afin d’en effacer les origines juives.

Six siècles plus tard, la Palestine est peuplée pour moitié de juifs et de chrétiens. Églises et basiliques jalonnent le parcours supposé du christ entre Bethléem et son lieu de crucifixion.

Un homme, originaire de la Mecque, se rend régulièrement à Jérusalem pour y faire commerce. Plutôt que le profit, il y trouve l’inspiration.

A l’âge de 40 ans, Mahomet renonce à son métier, il se cherche un destin messianique et entame la rédaction du Coran. Le texte reprend la Torah sur le fond et sur la forme, en y mêlant croyances et cultures locales.

En plagiant la liturgie des prophètes, en s’inventant un héritage directe avec Abraham, en prétendant survoler Jérusalem sur un animal magique, Mahomet sait bien que cette terre est juive.

Lorsque les troupes arabes envahissent la Judée et qu’elles font construire une mosquée (Al-aqsa) en lieu et place du temple de Salomon, elles savent bien que cette terre est juive.

Lorsque les croisés chrétiens s’emparent de Jérusalem et en font un lieu de pèlerinage, ils savent très bien que Jésus est juif et que cette terre est juive.

Archéologues et historiens s’accordent à dire que cette terre est juive depuis le premier millénaire avant J.-C.

Alors pourquoi trouve-t-on encore aujourd’hui des personnes pour dire que la terre d’Israël n’est pas juive ?

- Une hostilité irrationnelle

En 1948, la Ligue Arabe (coalition des pays de l’ancien empire ottoman + Egypte + Djihadistes) s’oppose à la création d’Israël arguant que la Palestine doit rester musulmane dans son intégralité.

Il n’est alors pas question de promouvoir la solution à deux Etats préconisée par la Société Des Nations. Il en résulte une guerre d’expansion qui permet à la Jordanie et à l’Egypte de prendre le contrôle de la Cisjordanie et de la bande de Gaza.

Pendant 20 ans, aucun de ces deux pays ne prône la création d’un Etat palestinien. Avant cela, l’empire ottoman ne s’est pas davantage soucié de la souveraineté d’un peuple palestinien. Et pour cause, les velléités identitaires palestiniennes n’existent pas encore.

En 48, les palestiniens eux-mêmes ne se considèrent pas comme palestiniens, ils se disent avant tout « arabo-musulmans » ou « syriens », la Palestine étant restée province syrienne depuis l’époque romaine et Damas n’étant située qu’à quelques 200 km de Jérusalem.

Le mot « palestinien » a même un caractère péjoratif, il désigne les non-musulmans c’est-à-dire principalement les juifs et les chrétiens. Culturellement rien ne sépare donc un syrien d’un palestinien.

De même que rien ne sépare non plus un jordanien d’un palestinien. Tous sont issus des conquêtes arabo-musulmanes.

L’immense richesse culturelle des civilisations perses, assyriennes, babyloniennes, nabatéennes s’est noyée dans une monoculture postislamique décadente (au regard de l’âge d’or islamique).

En outre, durant toute la période ottomane aucune frontière ne séparait ces trois pays. Churchill se vante lui-même d’avoir créé la Jordanie en un coup de crayon sur un coin de table.

Au moment du découpage des frontières, l’identité politique jordanienne et syrienne est si peu affirmée que les britanniques remettent les clés de ces deux pays à des mecquois (les hachemites) pour services rendus à l’empire.

Ce partage a pour effet d’exalter le sentiment nationaliste arabe aux dépends des minorités ethniques locales sauf en Syrie où la France réussit à imposer la création d’un micro-Etat, le Liban, pour protéger les chrétiens-maronites.

Bien que français et britanniques aient restitué aux arabes la quasi intégralité de l’empire ottoman (Irak, Syrie, Jordanie, Arabie), les arabes ont ainsi continué à revendiquer le contrôle d’une terre historiquement juive et dérisoirement petite au regard des Etats musulmans qui l’entourent.

L’échec du mandat britannique soulève différentes questions. Pourquoi cet acharnement alors que la partition de l’Inde et du Pakistan à échelle beaucoup plus vaste et dans des conditions tout aussi douloureuses s’est effectuée finalement plus sereinement ?

Pourquoi cette terre reviendrait-elle à des musulmans alors que juifs et chrétiens y vivaient bien avant leur arrivée ?

Pourquoi ces arabes ne pourraient-ils pas vivre pacifiquement dans un Etat juif alors qu’ils ont vécu pendant des siècles sous domination turc ?

Pourquoi le Liban maronite venu empiété à sa création sur la souveraineté de la Syrie-historique ne provoque-t-il pas l’ire de la Ligue Arabe ? Faut-il y voir une conjuration visant exclusivement le judaïsme ?

Faut-il y voir une forme d’antisémitisme alors que arabes et juifs ont partagé tant de villages dans tout le Moyen-Orient ? Dans cette exaltation de sentiments nationalistes, faut-il voir une forme d’égoïsme panarabique alors que l’islam se veut religion de paix et de tolérance ?

Racisme et égoïsme sont des ressentiments humains qui contribuent effectivement à la difficulté de trouver une solution pacifique mais le véritable enjeu est avant tout religieux. En effet, l’Etat d’Israël s’oppose à trois des fondements de l’islam : le Dhimmi, la Oumma et le Djihâd.

Le Dhimmi est le statut qui régit le citoyen non-musulman en terre musulmane. C’est un pacte de protection en échange d’une dime et d’une promesse d’allégeance. Dans la tradition musulmane, l’étranger en terre d’islam est donc vu comme un « serf » si bien que dans l’inconscient collectif musulman : juifs, chrétiens et impies restent les obligés de l’islam.

La Oumma découle du principe de solidarité entre tous les musulmans. C’est un principe de soutien panislamique. En vertu de ce soutien toutes les communautés musulmanes ont pris fait et cause pour les arabes palestiniens sans pour autant connaitre les aspects historiques ou politiques du problème et en dépit souvent d’une analyse rationnelle.

Le Djihâd est l’action de combattre pour la religion, pour l’affermissement de la foi et la défense des frontières. Tout musulman est tenu, s’il en a la possibilité, de faire le djihâd. Or la construction de la mosquée Al-aqsa devenue le troisième lieu saint de l’islam a fait de la Palestine un enjeu majeur pour tous les musulmans.

Les civilisations judéo-chrétienne et arabo-musulmane doivent tout au judaïsme. Elles reprennent non seulement des textes rédigés par des prophètes juifs (dont l’histoire est enracinée à la terre promise) mais aussi une pensée, une morale, des traditions.

À 70 années de guerre de religion larvée se conjuguent désormais le fanatisme du Hamas et un choc de civilisation Orient-Occident rendant la résolution du conflit presque impossible alors il serait peut-être temps que chrétiens et musulmans, qui dominent près de 80 % de la planète, rendent hommage à l’héritage qu’ils ont reçu et qu’ils cherchent ensemble une solution pacifique à l’une des plus longue injustice de leur histoire commune.

Francis Nguyen
Auteur spécialiste des religions antiques et du judaïsme

http://frblogs.timesofisrael.com/une-terre-juive-deux-etats/

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Le drapeau de l'EIIL/EIIS mentionnant sous la chahada l'inscription « L'État islamique en Irak et au Levant »
Le drapeau de l'EIIL/EIIS mentionnant sous la chahada l'inscription « L'État islamique en Irak et au Levant »

Certains conservateurs voient un problème au fait que le président Barack Obama a coutume de désigner l'organisation qui s'est emparée de la ville irakienne de Mossoul et a proclamé le califat, non pas sous le nom d'État islamique en Irak et en Syrie, ou EIIS (en anglais ISIS), mais sous l'appellation d'État islamique en Irak et au Levant (EIIL, en anglais ISIL). À titre d'exemple, dans son allocution télévisée du 10 septembre consacrée à l'organisation, Obama a utilisé l'acronyme EIIL à vingt reprises.

La controverse terminologique (EIIL ou EIIS) est apparue, aussi loin que je me souvienne, lors de la publication par FoxNews.com, le 24 août, de l'article de Liz Peek du Fiscal Times, intitulé « Obama's Use of ISIL, not ISIS, Tells Another Story ». Selon Peek,

Les deux termes désignent la même organisation meurtrière. La différence réside dans le fait que le Levant renvoie à un territoire bien plus grand que l'Irak et la Syrie et englobe actuellement l'île de Chypre, Israël, la Jordanie, le Liban, la Syrie, la Palestine et une partie de la Turquie méridionale.

En d'autres termes, le mot Levant fait passer les ambitions de l'organisation de deux à un nombre beaucoup plus grand de pays. Certains vont même plus loin. Ainsi Phyllis Chesler tente d'y inclure l'Arabie Saoudite et les émirats du golfe Persique.

Peek voit dans ce choix terminologique d'Obama un habile tour de passe-passe destiné à minimiser ses échecs en Syrie et en Irak. D'autres le soupçonnent d'évacuer sans raison Israël de son schéma. Le site internet Now The End Begins prétend avoir découvert un plan « véritablement funeste et diabolique » :

Quand Barack Obama parle encore et encore de l'État islamique comme de l'EIIL, il envoie aux musulmans de tout le Moyen-Orient le message disant qu'à titre personnel, il ne reconnaît pas Israël comme une nation souveraine mais comme un territoire appartenant à l'État islamique.

Or entre les deux traductions, il n'y a aucune différence significative tant sur le plan géographique que politique.

En arabe, l'organisation (à tout le moins jusqu'à son changement de nom fin juin 2014) a pour nom Al-dawlat al-Islamiya fi'l-cIrâq wa'sh-Shâm (connu en arabe sous l'acronyme Daech). L'ensemble est aisé à traduire, à l'exception du dernier mot : Sham. Généralement traduit par Grande Syrie, il n'a pas d'équivalent exact en anglais [NdT ni en français]. Grande Syrie est une dénomination géographique et culturelle sans contours bien définis à l'instar des expressions Middle West et Moyen-Orient, dépourvues de frontières officielles. Elle englobe toujours les États modernes suivants : Syrie, Liban, Israël, Jordanie ainsi que les Territoires palestiniens. Certains estiment qu'il faut y inclure également des parties de l'Égypte, de l'Irak, de la Turquie voire même la totalité de Chypre.

Dans la mesure où aucun État souverain n'a jamais porté le nom Sham, le débat sur la signification géographique de ce terme demeure théorique. De 1918 à 2000, des hommes politiques (comme le roi Abdallah Ier de Jordanie et le Syrien Hafez Al-Assad) et des mouvements (notamment le Parti national socialiste syrien) ont cherché en vain à créer le Sham et à le dominer (sur ce sujet j'ai écrit un livre, Greater Syria : The History of an Ambition, publié en 1990 à la Oxford University Press).

Du fait que l'expression « Grande Syrie » est un peu lourde, le nom de Daech est simplifié en « Syrie ». Mais ce nom étant facilement confondu avec l'État syrien actuel, apparu en 1946, d'autres choisissent de traduire « Sham » par « Levant ». Même si le terme Levant présente l'avantage d'éviter toute confusion, il s'agit d'un terme archaïque remontant à ce XVe siècle baigné d'agréables connotations exotiques tout à fait inappropriées au sanglant Daech. Ses frontières sont également imprécises et renvoient vaguement aux pays de l'Orient méditerranéen, c'est-à-dire là où le soleil se lève.

Bref, les deux traductions sont correctes et précises, elles désignent l'une et l'autre la même zone et présentent toutes deux des lacunes – l'une se réfère à un État, l'autre à une entité archaïque. Pour des raisons qui m'échappent, le pouvoir exécutif américain a adopté la dénomination EIIL (en anglais ISIL), utilisée habituellement par l'administration même si les membres du Congrès américain, les médias et des spécialistes (moi y compris) préfèrent généralement la dénomination EIIS (en anglais ISIS).

Ne nous inquiétons donc pas de la façon dont on peut traduire Daech et concentrons plutôt nos efforts à débarrasser le monde de cette menace barbare.

par Daniel Pipes
National Review Online
12 septembre
2014

http://fr.danielpipes.org/14936/isis-isil

Version originale anglaise: There's No Difference between ISIS and ISIL
Adaptation française: Johan Bourlard

La Grande Syrie telle qu'elle figure sur une carte de Daech représentant l'umma.

La Grande Syrie telle qu'elle figure sur une carte de Daech représentant l'umma.

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«Ça n’a rien à voir avec l’islam!»

Ils condamnent les barbaries de l’Etat islamiques, mais nous enjoignent : « Ne confondez pas avec l’islam ». Politiciens et médias les félicitent et obtempèrent avec soulagement.
Pressées de toutes parts, les communautés musulmanes d’Europe condamnent avec force l’Etat islamique. Un Appel de Paris émanant du Conseil français du culte musulman a même vu le jour la semaine dernière. Selon ce texte, l’islam n’est pas concerné, il s’agit d’une instrumentalisation de cette religion, les groupes à l’œuvre «ne peuvent se prévaloir de l'islam» et les appels «inconsidérés» au jihad de même que l’endoctrinement des jeunes «ne sont fidèles ni aux enseignements ni aux valeurs de l'islam».

Applaudissements dans les chaumières politiques et médiatiques! Les gouvernements occidentaux aux prises avec un radicalisme croissant, tentent de limiter ses dégâts en prenant grand soin de ne pas remettre en cause les pieuses affirmations de ces communautés.

Condamner c’est bien, expliquer serait mieux!

Le «ça n’a rien à voir avec l’islam» sert depuis des années de formule magique pour indiquer que le sujet ne concerne simplement pas les groupes musulmans. Et de rester bien tranquilles dans leur tanière à approfondir le «Saint Coran». Pas l’ombre d’une allusion au radicalisme, absence du moindre battement de cil dans les mosquées et autres associations.

En 2013 en Allemagne, les autorités conviaient les responsables des communautés musulmanes à leur traditionnelle conférence annuelle. Sujet: quels moyens les religions pourraient-elles mettre en œuvre pour lutter contre l’extrémisme ? Offensés par l’insinuation que l’islam pourrait conduire quiconque à l’extrémisme, les musulmans ont boycotté la conférence.

Nous voici donc face à l’un des plus grands mystères de l’histoire contemporaine: d’innombrables groupes se réclament de l’islam, citent des versets du saint texte, s’en prennent aux autres religions, appellent au «jihad», commettent les mêmes exactions (mutilations, lapidations, égorgements, décapitations, etc.), hurlent en cœur «Allah est grand», mais tout cela n’a rien à voir avec l’islam… ou «le vrai islam».

Comme l’illustre Minona, une commentatrice : «Autant prétendre que les pommes n’ont rien à voir avec les racines du pommier.»

Qui ignore en effet que les textes fondateurs de l’islam recèlent une bonne partie des ingrédients dont usent les barbares ?

Rappelons en (très) bref quelques éléments moteurs de cette religion:

Le Coran. De multiples versets (j’en cite plusieurs dizaines en annexe de Islamophobie… voir ci-contre) appellent à la guerre -le djihad- contre les non-musulmans jusqu’à ce que la planète entière soit acquise à l’islam. Tuer et se faire tuer dans cette guerre pour Allah est la seule circonstance où le paradis est assuré. Tous les non-musulmans sont promis à l’enfer. Le texte prône des châtiments tels que le fouet ou l’amputation des voleurs, stipule l’infériorité des femmes. Bref, lire ce texte en le croyant tout entier sorti de la bouche d’Allah, ce qu’impose la doxa, c’est tout naturellement devenir islamiste.
Les Hadiths (paroles et actes) d’un prophète, considéré comme parfait, accentuent l’intolérance coranique. La Sira, biographie de référence de l’islam, raconte ses dix dernières années à Médine et décrit ses hauts faits: multiples expéditions destinées à amasser du butin, épuration ethnique, exécutions (dont quelque 600 à 900 juifs égorgés, beaucoup de la main même de Mahomet), enlèvements, rançons, assassinats, trafic d’esclaves, etc. Toutes pratiques des mouvements jihadistes actuels.
La charia confirme des châtiments physiques moyenâgeux.
Comment est-il possible qu’on ne puisse pas demander aux responsables musulmans ce qu’ils disent à leurs ouailles de toutes ces violences incluses dans leurs textes?
D’autant que non seulement les groupes jihadistes, mais de nombreux pays appliquent tout ou partie de ces violences. Prenons l’Arabie Saoudite: interdiction de pratiquer la religion chrétienne, discrimination de la minorité chiite, flagellations (un homme vient d’être condamné à 1000 coups de fouet), décapitations, amputations, asservissement des femmes.

Mais peut-être l’Arabie saoudite n’a-t-elle rien à voir avec l’islam ?

Voici un petit échange entre une journaliste et Youssef Ibram qui fut jusqu’à il y a peu l’imam principal de la grande mosquée de Genève:
- Ibram: La loi islamique et sa partie charia concernent uniquement les pays musulmans. Mais même parmi ces pays, tous ne la pratiquent pas! Il n’y a que l’Arabie saoudite qui suit plus ou moins ce code.
- La journaliste: L’Arabie saoudite a-t-elle raison de l’appliquer?
- Ibram: Oui (…) elle s’approche le plus possible du Coran et je défends le Coran. (…) C’est parce que la péninsule arabique n’a jamais été colonisée qu’elle est restée au plus proche de l’islam.(1)
Notons qu’aujourd’hui, l’Occident s’allie avec cette même péninsule pour combattre l’Etat islamique, alors qu’elle finance depuis 40 ans d’innombrables mosquées et groupes radicaux en son sein. Ce que tous nos gouvernements ont laissé faire, Suisse comprise. A Genève, l’Arabie saoudite dirige et finance directement la grande mosquée.
Médias et politiques favorisent le radicalisme
Ce refus de nos élites de poser des questions sur les textes neutralise l’expression de groupes ou de responsables conscients de la nécessité de les revoir. Seuls des individus, par exemple l’auteur syrien Hassan Jamali, immigré au Québec, osent dire indispensable par exemple de désacraliser le texte coranique; de déclarer inopérants les versets violents et caduques les lois de la charia.
L’exercice est d’autant plus difficile que l’attachement à la littéralité des textes, au premier chef le Coran, est extraordinairement répandu. Je ne rappellerai qu’un indice de cet état de fait. Des chercheurs allemands ont questionné les musulmans d’origine marocaine ou turcs de six pays européens. (2) Ils leur ont demandé s’ils étaient d’accord avec ce genre d’affirmations: «Il n’y a qu’une interprétation possible du Coran et tout musulman doit s’y tenir» (soit en réalité pas d’interprétation). Le plus faible score d’adhésion atteint tout de même 57% (Allemagne). Les musulmans français et belges interrogés sont d’accord à plus de 80%.
Difficile encore de mettre en question cet islam alors que nous sommes allés très loin dans l’acceptation de comportements basés sur des préceptes obscurantistes, sexistes et réactionnaires, soit conformes aux textes. Encouragés par nos démissions, de nombreux «croyants» sont même saisis d’une bigoterie galopante, source d’innombrables pressions et revendications.

La gestion des mosquées laissée aux extrémistes

Difficulté enfin due au laxisme qui a conduit à laisser des mouvements extrémistes tels les Frères musulmans, les salafistes, les wahhabites, des mouvements turcs du même acabit, à prendre le contrôle de milliers de mosquées et d’associations en Europe. C’est dans ces lieux que se sont épanouis les adeptes de la violence. Des lieux qu’il est interdit en Suisse de surveiller.

Les rapports des services de renseignement européens ont pourtant mis en garde durant des années sur ce développement du radicalisme et de la violence.(3) Sans le moindre effet. Les alertes de démocrates lucides n’en ont pas eu davantage. Systématiquement taxés d’islamophobes et de racistes, ils sont même traînés plus souvent qu’à leur tour devant les tribunaux.

Quelle surprise donc pour tous ces bienpensants de découvrir que des jeunes élevés en Occident partent par milliers livrer leur guerre sainte en Syrie ou en Irak (notons que 73% des musulmans des Pays-Bas les considéraient en 2013 comme des héros ). Et quelle surprise que l’État islamiste exerce une telle fascination sur un grand nombre d’autres adeptes de Mahomet.

Mais rien n’y fait. L’affirmation selon laquelle «ça n’a rien à voir avec l’islam», aussi surréaliste soit-elle, a encore de beaux jours devant elle.

http://boulevarddelislamisme.blog.tdg.ch/archive/2014/09/15/ca-n-a-rien-a-voir-avec-l-islam-259776.html

«Ça n’a rien à voir avec l’islam!»

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Bruxelles: agression contre des visiteurs du Mémorial des martyrs juifs à Anderlecht Belgique francophone


Ce n'est pas la première fois: Le Mémorial avait été profané en 2006: une urne contenant des cendres humaines ramenées d'Auschwitz-Birkenau avait été vidée, une grille arrachée, des vitrines cassées, des documents détruits et le sol souillé de préservatifs et d'excréments. En 2011, c'était la désolation sauf pour un chat y a élu domicile... Et les dirigeants de la communauté juive belge francophone s'en désintéressent...

En 2014:
Le Soir: Des projectiles ont été jetés dimanche soir en direction d’un groupe de visiteurs qui se trouvaient au Mémorial National aux Martyrs Juifs de Belgique à Anderlecht, à l’occasion de la Journée européenne de la culture juive et de l’inauguration d’une plaque commémorative. Il n’y a pas eu de blessé. La police locale a ouvert une enquête et dressé un procès-verbal. Le conservateur du Mémorial et la Ligue Belge contre l’Antisémitisme (LBCA) comptent porter plainte.

L’incident s’est produit dimanche vers 18h au Mémorial National aux Martyrs Juifs de Belgique à Anderlecht, où sont gravés les noms des 24.000 Juifs résistants déportés depuis la caserne Dossin de Malines vers les camps d’extermination nazis où ils ont été assassinés. Le lieu était exceptionnellement ouvert le dimanche en raison de la Journée européenne de la culture juive.

Charles Helholc, le conservateur du Mémorial, y effectuait une visite en présence d’une vingtaine de personnes. Quand le groupe s’est retrouvé au centre du Mémorial qui est en plein air, plusieurs demi-briques, pierres volumineuses ainsi qu’une bouteille d’alcool vide, ont été jetées dans sa direction, vraisemblablement depuis un terrain de basket jouxtant le jardin qui entoure le Mémorial.
Le conservateur a immédiatement avisé de l’incident les deux policières qui se trouvaient de faction devant le Mémorial. Un homme au visage dissimulé par son t-shirt, est passé à vélo à plusieurs reprises devant le Mémorial et a proféré des propos antisémites avant de prendre la fuite. Il n’a pas pu être intercepté.


Eric Tomas (PS), le bourgmestre d’Anderlecht, a fermement condamné cet incident. La Ligue Belge contre l’Antisémitisme (LBCA) a fait savoir à travers son avocat Christophe Goossens, qu’elle allait porter plainte pour tentative de coups et blessures avec circonstance aggravante de mobile antisémite.

Toujours à Anderlecht:
- Une école juive bruxelloise veut déménager pour des raisons de sécurité
- Prêche antisémite et misogyne dans une mosquée de Bruxelles
- Anderlecht: incendie criminel dans une synagogue - trois personnes intoxiquées

http://philosemitismeblog.blogspot.fr/2014/09/bruxelles-agression-contre-des.html

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Image à la Une : Célébration dans un monastère syriaque orthodoxe, Mossoul, début du XXe siècle. Source inconnue.
Image à la Une : Célébration dans un monastère syriaque orthodoxe, Mossoul, début du XXe siècle. Source inconnue.

Depuis la prise de la ville irakienne de Mossoul par les combattants de l’État islamique en juin, et plus encore depuis l’offensive djihadiste vers les positions kurdes qui s’est traduite début août par la conquête des localités chrétiennes des plaines de Ninive, le christianisme irakien, déjà menacé par le chaos qui prévaut dans le pays depuis 2003, paraît plus que jamais en voie d’extinction. Les chrétiens de Mossoul ont été sommés en juillet par les nouveaux maîtres de cette ville majoritairement arabe et sunnite de quitter leurs foyers sous peine de mort s’ils ne se convertissaient pas à l’islam ou s’ils refusaient d’acquitter un impôt vexatoire. Leur sort a troublé les opinions publiques occidentales ; il a contribué à ramener temporairement les chrétiens irakiens sur le devant de l’actualité internationale. Cependant, bien que louables dans une situation d’urgence, les déclarations formulées notamment par le gouvernement français posent problème. Paris s’est en effet rapidement déclaré prêt à accueillir sur son territoire les réfugiés chrétiens d’Irak qui en feraient la demande. La France a pris des mesures justifiées par une hypothétique solidarité confessionnelle, contribuant à installer l’idée selon laquelle l’existence en Irak d’une population chrétienne constituait une anomalie aux conséquences funestes et que la place de ces populations ne se trouvait pas dans leur pays d’origine mais en Europe ou en Occident, auprès des leurs.

Ces représentations sous-jacentes sont d’autant plus pernicieuses qu’elles entrent paradoxalement en résonance avec les projections des idéologues de l’État islamique. Celui-ci s’emploie à mettre en place dans les régions passés sous son contrôle un ordre totalitaire visant à faire table rase des héritages multiples de la région, à effacer les traces de son histoire complexe pour faire advenir un monde nouveau, expurgé de toute hétérogénéité confessionnelle. Une fois de plus les chrétiens irakiens ont fait les frais de leur association en partie subie à l’Occident. Depuis l’expansion de l’influence européenne dans ce qui était alors l’Empire ottoman, au XIXe siècle, les ancêtres des chrétiens d’Irak, instrumentalisés et plusieurs fois trahis par les puissances coloniales britannique, française et russe ont été enfermés, aux yeux de leurs voisins musulmans et des autorités de la région, dans une position qu’ils n’ont jamais choisie : celle d’une tête de pont de l’Occident, de cinquième colonne suspecte. Alors même que leur histoire, indissociable de celle du Proche-Orient dans sa globalité, a commencé à s’écrire en dehors des sphères d’influence des chrétientés latine ou grecque.

UNE ÉGLISE PARTICULIÈRE

Aux premiers siècles de l’ère chrétienne, les chrétiens d’Assyrie (nord de l’Irak actuel) sont placés sous la domination de la Perse achéménide et s’attachent justement à se distinguer de l’Église d’Antioche, située dans l’aire byzantine, pour être tolérés par le pouvoir. Ils suivront dès lors une trajectoire historique et théologique distincte et parallèle à celle des mondes chrétiens, placée sous l’influence de Rome et de Constantinople. Pour les dénominations chrétiennes qui s’opposent au dogme byzantin — comme l’Église nestorienne —, la Perse zoroastrienne et ses dépendances mésopotamiennes dans ce qui sera bien plus tard l’Irak représentent alors un refuge contre les persécutions dubasileus, empereur de Constantinople.

Ni latines, ni grecques mais de langue syriaque et donc de tradition sémite, les Églises orientales ont leur propre zone de rayonnement. Indépendantes des grands centres chrétiens de l’ancien monde, elles connaissent un développement séparé illustré par l’expansion de l’Église nestorienne qui se coule dans les voies de communication de l’Empire perse pour rayonner jusqu’en Asie centrale, puis aux confins de la Chine et de l’Inde — bien au-delà de l’orbite de Rome et de Constantinople.

La situation des chrétiens du Croissant fertile ne change pas fondamentalement avec la conquête musulmane de la région auVIIe siècle. Les empires arabes du Proche-Orient occupent face à Byzance une position analogue à celle des Perses vaincus. Les relations des chrétiens avec les nouveaux maîtres de la région sont florissantes. Les premiers siècles de la domination islamique coïncident même avec une période d’expansion du christianisme syriaque. De nombreuses églises et monastères sont fondés dans les plaines du nord de la Mésopotamie ; l’élite chrétienne se rapproche du pouvoir musulman dans les capitales dont les chrétiens constituent une part importante de la population, notamment à Bagdad sous le califat abbasside (750-1258) qui marque l’âge d’or de l’islam médiéval.

LE POIDS DES CROISADES

Ce sont en revanche les Croisades, à partir du XI siècle, qui amorcent un basculement dans les relations entre les communautés chrétiennes et les États musulmans au Proche-Orient. La jonction qu’elles impliquent entre l’Occident chrétien et les chrétientés orientales entraîne la confusion funeste de ces dernières avec les intérêts de puissances étrangères, dont les échos n’ont cessé de se faire ressentir par la suite. Bien que, contrairement à d’autres dénominations chrétiennes de la région, les églises de tradition syriaque ne se soient pas rangées du côté des Croisés et qu’à ce titre elles aient été globalement épargnées par la réaction des États musulmans, leurs fidèles ont pâti de la défiance qu’inspireront dès lors les chrétiens en général, dans un contexte de confrontation géopolitique et religieuse. Les Croisades auront ainsi contribué à amorcer la chute d’un monde syriaque qui sera finalement balayé par les invasions mongoles auXIIIe siècle pour ne se maintenir que dans les montagnes du Kurdistan et quelques bastions de l’antique Assyrie, dans l’actuelle province de Mossoul, en Irak.

C’est dans cette région que la chrétienté syriaque va entamer son rapprochement avec la chrétienté européenne. En 1553 est fondée l’Église chaldéenne — unie à Rome — qui devient bientôt majoritaire parmi les chrétiens de Mésopotamie septentrionale. Plus tard, dans l’Empire ottoman, la seconde moitié duXIXe siècle est marquée par des dynamiques concomitantes qui structureront profondément l’avenir de la région. L’Empire continue de perdre ses possessions de peuplement chrétien en Europe balkanique et se recentre sur une identité islamique. Au sein même de ses frontières, les puissances européennes et la Russie cultivent leurs alliances avec les minorités chrétiennes, contestant par là même la souveraineté de Constantinople sur une partie de ses sujets. Au contact de l’Occident — et donc de la « modernité » —, ces communautés découvrent les idées des Lumières et le nationalisme. Si les chrétiens orientaux ne sont pas en première ligne, les Arméniens, qui bénéficient de liens historiques puissants avec l’Europe, les influencent considérablement.

UN GÉNOCIDE OUBLIÉ

Leur renaissance nationale contribue par ricochet à la formation d’un nationalisme chrétien de culture syriaque prétendant transcender les divergences ecclésiastiques pour faire émerger une nouvelle nation assyrienne. Fondée exclusivement sur un critère religieux, elle s’invente un substrat ethnique basé sur l’héritage mythique des grandes civilisations antiques de la Mésopotamie que l’Europe redécouvre au même moment. Cependant, les chrétiens orientaux dans leur ensemble sont de plus en plus associés par les autorités ottomanes aux intérêts de leurs nouveaux protecteurs français, britanniques ou russes. Le déclenchement de la première guerre mondiale, qui oppose la Sublime Porte à ces trois puissances, fait des chrétiens d’Orient de culture syriaque des ennemis de l’intérieur. En 1915, Ils subissent — comme les Arméniens — un véritable génocide dont le nombre de victimes est estimé à 300 000. Perpétré essentiellement sur le territoire de l’actuelle Turquie, ce massacre contraint les survivants à fuir vers l’Irak actuel bientôt occupé par l’armée britannique où ils rejoignent leurs coreligionnaires. Ils sont à nouveau instrumentalisés par le Royaume-Uni qui les utilise, dans le cadre du mandat qu’elle exerce sur l’Irak, pour mater des révoltes kurdes et chiites. En 1933, après l’indépendance du pays, ils sont à nouveau l’objet de massacres, les nouveaux maîtres de l’Irak les considérant comme les collaborateurs d’une puissance occupante qui, après son retrait, les abandonne à leur sort.

La fin de la seconde guerre mondiale inaugure une période plus favorable pour les chrétiens d’Irak. Avec le triomphe du nationalisme arabe, ils ne sont pas inquiétés pour leur appartenance religieuse, mais se trouvent contraints de proclamer leur arabité et de renoncer à leur identité culturelle distincte ainsi qu’à la langue syriaque. Cela n’empêche pas certains d’entre eux d’intégrer les cercles du pouvoir, tel que Tarek Aziz1, cadre important du régime de Saddam Hussein. Tout au long duXXe siècle, les chrétiens syriaques s’établissent en diaspora et leur accès aux pays occidentaux s’en trouve facilité, de même que leur émigration, favorisée par les crises successives que traverse leur pays à partir de la fin des années 1970. À la première vague migratoire liée à la guerre Iran-Irak succède un nouvel exode après la guerre du Golfe de 1991, du fait notamment des sanctions économiques qui frappent l’Irak.

EFFONDREMENT DE L’ORDRE PUBLIC APRÈS 2003

Un coup décisif leur sera cependant porté après l’intervention américaine en Irak en 2003, avec l’arrivée dans le pays de militants islamistes radicaux qui les prennent pour cible, ainsi que leurs lieux de culte, pour des raisons idéologiques. L’effondrement de l’ordre public permet à des groupes mafieux de s’attaquer impunément à une communauté dépourvue de milice d’autodéfense et dont les connexions à l’étranger sont perçues comme autant de garanties de profitables rançons. Bassorah, Bagdad et Mossoul se vident progressivement de leurs chrétiens. Ceux qui n’ont pas la possibilité de s’installer à l’étranger se réfugient au Kurdistan irakien. Là, les autorités garantissent leur sécurité et favorisent leurs conditions d’accueil, permettant à une vie chrétienne de reprendre sur ce territoire ainsi que dans les localités chrétiennes des plaines de Ninive qui, quoique situées aux marges des zones kurdes, bénéficient de la protection militaire des autorités de la région.

Ce statu quo a été renversé par les avancées de l’État islamique en août 2014. L’offensive djihadiste, que les forces kurdes en déroute n’ont pu contenir, a brisé la confiance d’une partie des derniers chrétiens d’Irak envers le gouvernement d’Erbil. L’aide militaire accordée au Kurdistan irakien par les États-Unis et certains États européens a permis aux combattants kurdes de reprendre le dessus et d’écarter l’éventualité d’une conquête des régions kurdes par l’État islamique, mais le territoire du Kurdistan a perdu symboliquement son statut de sanctuaire. C’est donc l’exil définitif et sans retour qui apparaît comme l’unique solution à bien des chrétiens irakiens. Si ceux qui sont installés depuis longtemps dans les villes du Kurdistan ne sont pas nécessairement concernés, les dizaines de milliers de personnes qui ont fui les localités chrétiennes des plaines de Mossoul toujours aux mains des djihadistes n’envisagent que très rarement de pouvoir rentrer un jour dans leurs foyers, désireux qu’ils sont d’oublier cet Irak qui ne veut plus d’eux.

Face à ce phénomène, la réponse la plus claire qu’ont donné les puissances occidentales a été d’encourager cet exil. Les déclarations du gouvernement français allant en ce sens présentent à cet égard plusieurs problèmes. D’abord, elles ont fait naître chez des milliers de personnes des espoirs qui ne pourront pas tous être satisfaits, car l’accueil des chrétiens irakiens en France ne sera pas systématique pour l’instant2. De plus, elles contribuent à renforcer l’idée selon laquelle l’exil serait la seule solution pour les Irakiens chrétiens, évacuant purement et simplement la nécessité de leur permettre de demeurer chez eux. Si elles étaient libérées, les plaines de Ninive pourraient faire l’objet d’une protection internationale garantissant l’autonomie de ce territoire, qu’il s’agirait ensuite doter de ses institutions et de ses forces de sécurité propres.

Les projets de régions autonomes chrétiennes en Irak existent depuis plusieurs années et leur réalisation aujourd’hui semble être le seul moyen d’éviter l’évanouissement définitif des populations chrétiennes d’Irak. Cependant, soutenir cet objectif implique pour les puissances occidentales de sortir d’une vision exclusivement victimaire et de leur donner les moyens de prendre en main leur défense en leur permettant de rester sur ces terres qui sont les leurs.

ALLAN KAVAL

1NDLR. Tarek Aziz est né dans une famille de confession chaldéenne installée dans un village situé au sud-est de Mossoul, essentiellement peuplé à cette époque d’Assyriens chrétiens. Baasiste proche de Saddam Hussein, il a occupé les postes importants de ministre de l’information, de vice-premier ministre et de ministre des affaires étrangères.

2NDLR. Selon l’Association des chrétiens pour l’abolition de la torture (Acat), qui met en garde contre un effet d’annonce gouvernemental, pour le premier semestre 2014, seules 93 demandes d’asile de ressortissants irakiens ont été enregistrées par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA).

Site : Allan Kaval

http://orientxxi.info/magazine/chretiens-d-irak,0669

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imam egyptien
imam egyptien

Dans un discours retransmis la semaine dernière sur la première chaîne de télévision égyptienne, l'imam d'Al-Azhar, le cheikh Ahmed al-Tayeb, a dénoncé un « complot du sionisme mondial pour détruire le Moyen-Orient », faisant allusion aux djihadistes de l'Etat islamique :

« Tous les [groupes terroristes fondamentalistes] sont les nouveaux produits de l'impérialisme, au service du sionisme mondial dans sa nouvelle version, et son complot pour détruire le [Moyen] Orient et diviser la région. Notre preuve pour cela est l'hésitation occidentale américaine et sa réticence à affronter ces organisations terroristes, par rapport à l'assaut de l'Occident sur ​​l'Etat irakien en 2003, par exemple ».

voir la video:

https://www.youtube.com/watch?v=nWqKkCJGYtA

Successeur de l'imam Tantaoui, le cheikh al-Tayeb était considéré, lors de son avènement à la tête de l'université d'Al-Azhar, la plus haute autorité religieuse de l'islam sunnite, comme un libéral et un modéré.

Depuis la grave crise politique qui vit la destitution du président islamiste Mohamed Morsi par l'armée égyptienne en juillet 2013, il est fréquent que partisans du maréchal Al-Sissi et sympathisants des Frères musulmans s'accusent mutuellement de comploter contre l'Egypte pour le compte de l'Etat d'Israël.


Voir aussi :
* Un journal égyptien livre les "preuves" d'un plan occidental secret contre la Syrie et l'Egypte
* Chute de Morsi : un complot ''sioniste'' selon le Hamas

http://www.conspiracywatch.info/Egypte-l-imam-d-Al-Azhar-denonce-un-complot-sioniste-pour-detruire-le-Moyen-Orient_a1286.html

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Published by DAVID - - ISLAM, DESINFORMATION, MONDE ARABO MUSULMAN

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